‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 262 sur 275 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

pier-monnaie. On prohiba Fusage de toutes les pièces d'argenterie dont le poids excédait 10 onces ; des comités se formèrent pour évaluer la fortune de chacun. Au milieu de ces embarras éclata la rupture avec TAngleterre. Plus de 200 vaisseaux suédois (1801) furent retenus dans les ports de cette puissance. Les magasins de fer étaient pleins ; tout le commerce reçut un coup terrible. La Suède se réunit à la Russie et au Danemark pour renouveler la neutralité armée ; mais la flotte anglaise entra dans le Sund. Des négociations ne lardèrent pas à être entamées. Paul étant mort sur ces entrefaites, la paix ne se flt pas attendre. Peu après, les douanes furent cédées à une compagnie pour dix ans moyennant une certaine redevance annuelle. Wismar fut vendu 1,500,000 ibalers.

La reine, qui n'aimait pas la Suède, où elle n'était pas heureuse avec un époux qui la traitait en tyran , désira revoir sa famille , et le roi partit pour Bade. Ce voyage fut la cause première des désastres qui fondirent sur son royaume et ensuite sur sa famille. Il était animé d'une haine profonde contre la France et surtout contre Napoléon; de plus, Il embrassa les idées mystiques qu'il avait puisées dans les ouvrages du célèbre Joung (Stilling). Après un an et demi d'absence, il rentra dans ses Étals.

Il ne pouvait plus contenir son aversion contre Napoléon : il renvoya au roi de Prusse ses décorations de l'Aigle-Noir quand celui-ci eut accepté celle de la Légion d'honneur, et il «^engagea avec empressement dans la coalition formée contre la France. Il reçut de l'argent de l'Angleterre, et conduisit en Poméranie une armée de 12,000 hommes. Mais la prise de Stralsund et la perte de cette province mirent un terme À ses exploits, et lorsque après la paix de TUsitt il ne voulut pas se soumettre au sys-

tème continental, la Russie et bientôt après le Danemark lui déclarèrent la guerre. Il n'avait plus qu'un seul allié, l'Angleterre. Cependant s'il avait été soldat courageux et bon capitaine, il aurait pu encore résister à ses ennemis ; mais il n'avait aucune qualité supérieure. Il ordonna une conscription, qui lui fournit 50,000 hommes ; mais les opérations furent si mal combinées, l'armée finlandaise , qui s'immortalisa par une héroïque résistance, fut si mal soutenue, qu'à la fin de l'année la Finlande était conquise jusqu'à Torneft, et que l'amiral Cronstedt avait trahi sa patrie et livré Suèaborg , Tune des plus fortes citadelles de l'Europe. Tous les hommes sages prévirent la chute de la monarchie suédoise : le partage était déjà convenu à Erfurt. Pour empêcher celle honte , les troupes qui défendaient les fronlières de Norvège se révoltèrent et marchèrent sous les ordres de G. Adlersparre contre la capitale; mais le roi, qui n'avait pas voulu convoquer les états , avait été déjà arrêté, le 13 mars, par le général Adiercreutz, un des chefs les plus célrbres de l'armée finlandaise. La déchéance de la famille royale et son exil à perpétuité furent décrétés le 10 mai. Telle fut l'issue d'un des règnes les plus désastreux qui aient pesé sur la Suède. La Poméranie et la Finlande, le boulevard du royaume, étaient perdues^ cent mille guerriers avaient succombé, dans une courte campagne, sous le fer de l'ennemi ou sous le fléau des maladies. Gustave-Adolphe, privé de courage et d'étendue dans les vues , fut un des princes les plus despotes : aucun conseiller courageux ne se trouva là pour combattre cette malheureuse disposition. Dans un temps de tempête, le règne d'un tel prince ne pouvait manquer de finir par une catastrophe.

FIN DE l'histoire DE SUÈDE.

GÉNÉALOGIE DES ROIS

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