CHAPITRE III
donner le pouvoir. loge répondit quUl ne renoncerait pas à une croyance qu'il regardait comme la meilleure. Alors il se fît un grand tumulte 'j les Suédois lui lancèrent des pierres et le chassèrent du ting. Sven , le beau-frére du roi , Thomme le plus puissant du Suithiod , ne quitta pas rassemblée. Il promit aux Suédois de conserver les sacrifices s'ils voulaient lui confier le gouvernement du royaume. Tous y consentirent , et Sven fut proclamé roi de tout le Suithiod. Un cheval fut amené sur le ting , coupé en morceaux et partagé pour le repas du sacrifice^ on répandit le sang de cet animal sur ridole ^ ensuite tous les Suédois renoncèrent à la doctrine du Christ , recommencèrent des sacrifices et déposèrent le roi Inge , qui se réfugia en Yestrogothie. Blotsven * resta roi de Suède pendant trois hivers. Le roi Inge, accompagné de ses courtisans et d'une troupe X)eu nombreuse de guerriers , s'avança vers Test , du côté du Smâland. Il gagna le Suithiod en traversant TOslrogothie *, il marcha jour et nuit, et un matin il attaqua Sven à rimproviste : il entoura la maison, y mit le feu, et tous ceux qui s'y trouvaient furent dévorés par les flammes. Sven parvint à s'échapper ; mais il fut tué dans sa fuite. Inge reprit le pouvoir, rétablit le christianisme et gouverna jusqu'à sa mort, qu'il attendit dans son lit {sot dod). Stenkil avait un fils nommé Halstan qui régnait en même temps que son frère Inge. » C'est probablement de ce récit que des auteurs modernes ont pris occasion d'attribuer au roi Inge la destruction du temple d'Upsala, quoique les anciens n'en disent rien.
Inge fut en guerre avec le roi de Norvège Magnus Barfot *, qui réclamait le pays entre le fleuve Veoern et le fleuve de Gôta et voulait reculer les frontières de son royaume jusqu'à la mer. Il fut forcé de renoncer à ces prétentions. I^ paix fut conclue à Konghàll , en 1101, dans une entrevue qu'eurent les trois rois du Nord (celui de Danemark; , Erik Éjegod, y assistait'). La reconciliatîoa fut cimentée par l'union de Magnus et de la fille dlnge, Marguerite , qui prit de là lo nom dis Frid--
* BloUven, de lUuta , saorilier.
* Ainsi nommé parce qu*il portait dans ses expéditions guerrières en Ecosse l'habit des montagnards écossais.
* V. la chronologie au 3' vol. des i9aga$ des Rois ^. dç Copenhague.
kuUa (vierge de la paix). Une autre fille d'Inge, Chrislina , fut fiancée au grand duc de Russie '. On ne sait combien de temps vécut le roi Inge '. Il est à croire que la défection des Jemtlandais, qui se soumirent à la Norvège en 1111 , ne serait pas restée impunie si elle eût eu lieu sous son règne. Les Sagas des Rois le nomment un bon et puissant roi, le plus grand et le plus fort parmi les hommes. Les Suédois se révoltèrent contre lui parce que, selon euic , il renversait l'ancienne loi du pays. LesYisigoths, au contraire, dirent qu'il avait gouverné la Suède avec courage et n'avait jamais violé la loi connue dans chaque province * «, ainsi les lé-^ moignages des chrétiens et des idolâtres ne sont nullement d'accord. Son frère Halstan lui succéda et laissa le royaume à ses fils. Il est probable que le fils que quelques chroniqueurs donnent à Inge est mort avant son père.
Les fils de Halstan , Philippe et Inge , gouvernèrent simultanément après leur père et leur oncle ; ils n'ont laissé à la Suède que leurs noms. Le premier mourut en 1118^. La date de la mort du second est incertaine ; mais en 1 129 il avait déjà un successeur. Le genre de sa mort pourrait faire supposer que, sur la fin de sa vie, il fut en butte à des trames secrètes : il fut empoisonné, ou, selon l'expression du temps , assassiné par une matavaise boisson. C'était le dernier rejeton mâle de sa famille, et avec lui s'éteignit la maison deStcnkil, sous la domination de laquelle fleurit la Suède , dit la Loi des Fisigoths.
Celte dynastie avait des représentans du côté des femmes dans la maison royale de Danemark par Marguerite FridkuIIa, fille du roi Inge l'aîné. Après quelque temps de mariage^ elle perdit son époux, le roi de Norvège, qui la laissait sans enfans. Plus tard, elle s'unit au roi de Danemark Nils Svensson , dont elle eut Magnus. Ce prince , par ses possessions héréditaires et par sa naissance, avait acquis en Yestrogothie assez d'influence pour être élu roi après la mort d'Inge^ mais ce choix irrita les Suédois. Saxo, qui écrivait à la fin de ce siècle,
* MsUslav.. Les Sagas des Hois l'appellent Harald^ I^es annales de Russie fixent à l'an 112^ la mort d^ Christina, femme de Molislav.
•Son tombeau est dans Téglise du couvent de Vfauk^u hem f en Yestrogothie.
» Succession des rois dans la Laides Fisigoths^^
*^r«t/Vodecodaî. .
et qui est pour ces temps une autorité respectable, s'exprime ainsi : a Les Goths ■ qui osèrent oiïrir à Magnus Tautorité suprême sans la participation des Suédois, à qui appartenait ce droit , ne cherchaient qu'à étendre leur influence aux dépens de ces derniers. Mais les Suédois , méprisant cette autorité usurpée , ne se laissèrent pas enlever leur droit d'élection par un autre peuple jaloux de leur supériorité. Les yeux fixés sur Tombre de leur ancienne puissance , ils déclarèrent que le titre de roi qu'avait pris l'élu des Golhs était nul, et ils en proclamèrent un autre qui fut à l'instant massacré par les Goths , et qui , par sa mort, laissa la place libre à Magnus. » La Liste des rois nous apprend quel fut celui-ci: c^était Kagwald,nommé Knaphôfde, qui succéda à Inge le jeune. Rempli d'audace et d'orgueil, il osa se présenter au ting des Yisigoths sans avoir reçu des otages et contre les formes prescrites par la loi : ils le tuèrent, pour le punir de l'outrage qu'il leur avait fait. Cet événement se passa en 1129*. 11 était fils d'Olof Nâskonung, qu'on cite au nombre des princes indépendans ^ il aurait aussi dominé sur une partie du royaume, sous le règne de la maison de Stenkil. A peine Magnus était-il monté sur le trône, en 1131, qu'il assassina son cousin Canut (Knul) Lavard , qui fut canonisé \ trois ans après il succomba luimême dans la guerre civile qui ensanglanta le Danemark à la suite de ce meurtre. Mais dès 1133 on procéda à une élection qui porta Sverker sur le trône de Suède.
L'idolâtrie avait perdu son dernier appui par la conversion de la famille de Blolsven au christianisme. Ce contre -roi païen» d'Inge l'aîné avait un fils, Kol, qui malgré les malheurs de son père recouvra bientôt la puissance dans la Suède supérieure ^ car il est cité comme roi , et l'on ajoute que les Suédois le nommaient Erik Àrsàll , voulant indiquer par là l'abondance et le bonheur qui signalèrent son règne. Ce fils de Blotsven, qui se fit chrétien dans sa vieillesse et mourut en Ostrogothie% fut, d'après les traditions les plus proba-