‹ Histoire de Suède, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 34 sur 275 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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gions avaient été légalement reconnues dans une délibération publique dès le temps d'Oiof Sk()lkonung ; eilesjouirent de la même liberté sous ses ûls. Stcnkii confirma aussi cet accord -, la guerre civile rompit cette union ou , pour mieux dire, ce long armistice ; et ce qui nous prouve que Tordre de choses était changé, ce sont les tentatives dlnge Tatné pour abolir les sacrifices, la révolte des Suédois qui en fut la suite et la nomination des contre-rois idolâtres».

Ces mouvemens se communiquèrent à la Gothie et au reste du Nord. Les rois Sigurd de Norvège et Nils de Danemark s'unirent en 1123 pour une croisade contre les idolâtres du Smâland. Cependant la Norvège seule Tenlreprit , et le prince danois Magnus Nilsson , le même qui se fit nommer roi des Goths , tint à honneur d'avoir pillé sur les côtes de Suéde un temple de Thor. C'est pourquoi les Suédois l'abhorraient comme un sacrilège*. Cependant le christianisme se propageait en Suède par le zèle des missionnaires, et presque chaque province de la Suède supérieure a eu son apôtre. Ainsi les habitans du Westmanland invoquaient saint David, les Sudermanlandais saint Botwid et saint iEskill, les Norlandais saint Etienne (Stephan). La plupart étaient Anglais \ tous, excepté le premier , moururent de la mort des martyrs. Peu â peu les sacrifices s'abolirent \ des églises chrétiennes s'élevèrent sur les anciennes places de sacrifices * \ des fêtes chrétiennes furent célébrées à côté de celles des païens, et bientôt elles les remplacèrent^^ lors-

' A ceUe époque , des idolâtres ou des chrétiens mal intenUonnés se répandirent dans tout le Suithiod et soutinrent les sacrifices, parce que plusieurs rois renièrent le christianisme comme Blolsven et Erik ArsÂU. (Heimsitring., Saga de Sigurd Jorsalafarare, c. 27.)

* Saxo, I. XIII.

' U n'était pas dans l'esprit du catholicisme de détruire les anciens temples. Au contraire, Gré^oire-le- Grand prescrivit aux missionnaires qui convertirent l'Angleterre, de ne pas détruire les temples, mais de les bénir et les accommoder au rit chrétien , après en avoir brisé les idoles, (Heur. Huntington. Hist, III.)

* En parlant de Sigurd Torson, un riche Norvégien disait qu'il avait coutume du temps de TidolAlrie de célébrer trois grands sacrifices; un au commencement de l'hiver, l'autre au milieu et le troisième vers l'été. Après avoir embrassé le christianisme , il conserva la coutume des banquets religieux. Dans l'automne il donnait un festin â ses amis, un second leur était offert & laNoél; le troisième avait lieu à PAques. (Ue\msk.,Saga de taint Olof, c. 123.) — Le roi Haquin-le-Bon avait

que enfin les anciens pays du peuple (Folklanden), où le paganisme s'était maintenu plus longtemps , eurent embrassé le christianisme , ce culte hérita des anciens droits, et un roi chrétien fut élu par eux pour tout le royaume. Ainsi il arriva que les Suédois mirent sur lo trône d'Upsala Erik , appelé le saint après sa mort , quoique les Oslrogoths eussent choisi pour roi Charles, fils de Sverker.

Erik eut pour père Jedward , bon et riche paysan^ selon l'expression de l'ancienne Chronique suédoise * ; sa mère Cécile était sœur du roi Erik Àrsâl \ lui-même avait épousé Christina^ fille du roi Inge le cadet ou , selon d'autres, petite-fille du roi Inge l'atné.

Suivant l'ancienne légende, saint Erik entreprit trois choses : bâtir des églises et améliorer l'exercice du culte, gouverner le royaume conformément aux lois et combattre les ennemis du pays et de la foi chrétienne. L'afTermissement de ce culte dans la Suède supérieure fut sans doute son ouvrage. Avant lui il n'y avait à Upsala ni prêtres ni église. Ses premiers soins furent consacrés à l'achèvement de celle qui porte maintenant le nom à* Ancienne Upsala , il institua des clercs pour le service du culte*. Une ancienne liste des rois l'appelle Érik-le-Législateur. La Loi de saint Érikj d'après celle d'Upland, rétablit les droits des femmes suédoises , les replaça au rang qu'elles doivent occuper dans la famille, leur accorda un tiers dans la succession ; elles eurent, en un mot, les clés de la maison et la moitié du lit*. 11 entreprit une croisade contre les Finnois idolâtres, dont les déprédations désolaient les côtes de la Suède, et il fonda, par Fintroduclion du christianisme et probablement aussi par l'établissement des colonies suédoises , l'union qui dura six siècles entre la Suède et la Finlande. Saint Henri, le premier évêque d'Upsala , de qui l'histoire nous apprend le zèle apostolique, accompagnait le roi dans celte expédition. Ce fut

transféré la Noël des idolâtres, de la nu't de la Saint Jean où elle se célébrait autrefois d'abord au mois de février, puis, d'après la Saga n'Uervara, à la Noël des chrétiens. Saga de Hakon-ie-Bon, C. 15.

« Script, rerum svec, 1. 1 , p, 24 G.

» Voyez la biographie de saint Erik , Script, rerum suecicarum, t. 2, p. 273. Il paraît, d'après le récit de sa mort, qu'il a fait élever aussi l'église de l'IJpsala actuelle.

*Till hcdcrs och husfrudômc, till l&s och nycklar, till halfra s&ng och laga treding i boet.

IIISTOIRIC DE SUÈDE.

le premier ap6lre finnois, et il mourut martyr. Le roi Erik futaltaquéà Timprovistedans Upsala pendant le service divin par le prince danois Magnus Henriksson. I^ roi entendit la messe jusqu'à la fin , puis il marcha contre Tennemi et tomba percé de coups après une courte mais courageuse résistance , è Ôstra-Aros , sur remplacement de TUpsala actuelle , le 18 mai 1160. Ses vertus et ses mœurs austères le firent regarder après sa mort comme un saint. Il fut vénéré comme le patron de la Suède ; on portait son étendard dans les guerres contreles ennemis de TÉtat, et Fanniversaire de sa mort fut célébré par tout le royaume. La ville de Stockholm a son image dans ses armes, et ses reliques ont été déposées à TégUse d'Upsala. Il n'a pas été canonisé par TÉglise , bien qu'un siècle après sa mort , quand on a su de quelle vénération le peuple continuait à entourer sa mémoire, on ait encouragé des pèlerinages à son tombeau ; il en venait même de Rome. De son vivant, il n'était pas en grande faveur auprès du saint-siége ; dans une lettre datée de 1208, le pape parlait de lui et de sa famille comme d'usurpateurs du royaume sur la maison légitime de Sverker. Il régna dix ans, suivant les anciens récits. Ainsi il monta sur le trône en 1150, cinq ans après la mort de Sverker, et son autorité ne s'étendit pas au delà de la Suède proprement dite {Svea rike). Il ne fut reconnu par les Goths que momentanément -, car Charles, fils de Sverker, fut proclamé roi par eux, et il exerça le pouvoir deux ans avant la mort de saint Erik*, à laquelle on l'accusa d'avoir contribué.

Le prince danois Magnus Ilenrikson descendait par sa mère, petite fille du roi Inge Fatné, de la maison de Stenkil, et par là il avait des droits sur les terres héréditaires de Yeslrogothie , qui tombaient en partage à la maison régnante de Danemark. Ces réclamations furent, selon Saxo, l'occasion de troubles sérieux. Il est dit expressément que Magnus Henriksson, lors du partage de la succession de sa mère, éleva des prétentions sur le royaume, et qu'il avait un puissant parti en Suède. Si l'on considère que , d'un côté sa naissance lui assurait l'afTeclion et l'amour des Yisigoths, et d'un autre, que ce peuple avait appelé, dans un cas semblable, un prince da-

■ Chronica Erlci Olai.

nois au trône, on verra dans cette tentative les derniers efforts pour porter au pouvoir une dynastie visigolhe. Magnus Henriksson, accusé de l'assassinat du vieux Sverker*, fut proclamé roi, et il est compté dans la liste des rois de la Loi de f^estrogothie^fComme le quatorzième des rois chrétiens de Suède. Il ne se maintint pas longtemps dans sa nouvelle dignité. Le peuple se révolta contre lui, et il eut à soutenir l'attaque de Charles Sverkersson. Magnus fut vaincu et tué en 1161. Canut, fils de saint Erik, se retira en Norvège, où se marièrent depuis deux de ses sœurs *. Ce Canut eut aussi un frère , Philippe *, qui n'est connu que de nom.

Cari Sverkersson est le premier qu'on trouve désigné sous le titre de roi des Suédois et des Goths. Il est aussi , autant qu'on peut s'en assurer, le premier du nom de Charles. C'est la nomenclature des rois fabuleux fabriqués en partie par Johannes Magnus, qui a fait de Charles Sverkersson le septième de nom parmi les rois de Suède , et l'usage a consacré cette erreur. C'est sous le règne de ce roi Charles que la Suède eut un archevêque particulier à Upsala en 1163. Les évêques de Skara, de Linkôping, de Stregnfts, du Yesterfts , et bientôt ceux de Yexiô et d'Àbo, lui étaient subordonnés : lui-même relevait de l'archevêque de Lund , qui portait le titre de Primas Stteciœ, Cette suprèmalie fut contestée plus tard, et à la fin abolie. Des lettres du pape aux archevêques et aux évêques commencent à jeter du jour sur l'état de l'Eglise. On se plaint que souvent des laïques , suivant leur bon plaisir ou moyennant rétribution et sans l'assentiment des autorités spirituelles, confèrent les ordres à des moines fugitifs, à des assassins et à d'autres criminels ; que pendant lés vacances, ils s'approprient les revenus de l'Église^ qu'ils enfoncent et pillent les temples^ qu'ils traduisent les clercs devant les tribunaux séculiers , et les y soumettent aux épreuves du combat en champ clos, du fer rouge ou de l'eau bouillante *, qu enfin, lorsque les inculpés n'obéissent pas à leurs citations, leurs maisons sont incendiées. Des exhortations réitérées prouvent que les causes de ces désordres se perpétuèrent longtemps, et que les teslamens

• Saxo. 1. XIV.

*L'une,Marguerile, épousa le roi de Norvège Sverre, en nSG.

> Liljcgren, Diplomatariumt p. 05.

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