LIVRE I
La naissance et l'éducation de Théodose. Changements arrivés dans l'empire. Élection de Valentinien. Association de Valens a. l'empire. État de l'empire. État de la religion. L'Angleterre est ravagée par les barhares. Théodose le père y est envoyé, y mène son fils, défait les ennemis. Théodose le fils se signale en cette guerre. Théodose le père découvre une conjuration. Révolte de Firme dans l'Afrique. Théodose le père est envoyé en Afrique avec son fils contre les rebelles. Il défait les rebelles en deux batailles. 11 fait un traité avec Firme. Il rétablit la ville de Césarée. 11 fait punir les déserteurs. 11 se trouve engagé dans les montagnes. Il se tire heureusement du danger où il était. Théodose le fils est envoyé à la cour. Valentinien associe son fils Gratien à l'empire. Expédition de Valentinien contre les Allemands. Théodose le fils a ordre de le suivre. Irruption des Quades , et le sujet. Théodose le fils est fait gouverneur de Mœsie. Théodose le père poursuit Firme. 11 déclare la guerre aux Isafliens. Igmazen , leur roi , demande la paix à Théodose. Prison de Firme , sa mort : fin des guerres d'Afrique. Théodose fait la paix avec les Isafliens. Expédition de l'empereur Valentinien contre les Quades. Mort de Valentinien. La part qu'eut Valentinien à l'élection de saint Ambroise. Valentinien le jeune est fait empereur. Cause de la disgrâce de Théodose. Entreprise contre l'empereur Valens. Théodose est arrêté et condamné à mort. Valens fait mourir plusieurs personnes dont le nom commence par Théod. Sujet de jalousie contre Théodose le père. Il est condamné à mort. Kxil de Théodose le fils. Retraite de Théodose en Espagne. Origine, progrès, division et religion des Goths. Irruption des Huns. Goths chassés par les Huns. Les Goths demandent retraite dans la Thrace; ils sont reçus par Lupicien ; ils se révoltent et vainquent Lnpicien. Siéged'Andrinople. \ alens persécute les catholiques. Guerre des Sarrasins contre les Homains. Les Perses déclarent la guerre. \ alens demande du secours à Gratien, et conclut la paix avec les Sarrasins et les Pênes. Nouvelle du combat et de la retraite de Trajan
et de Ricomer. Gratien marche au secours de son oncle. Célèbre victoire de Gratien sur les Allemands. Généreuse réponse de Trajan. Valens arrive à Constantinople; on murmure contre lui; il part. Prudence de Fritigerne, roi des Goths. Valens marche à l'ennemi; Fritigerne fait de nouvelles propositions. Le combat s'engage ; déroute de l'aile droite des Romains. L'aile gauche se défend vaillamment. Entière défaite des Romains. YaleDS se sauve; il est blessé et brûlé vif dans une maison. Grande perte des Romains; Gratien s'arrête dans Sirmium. Réflexion de Gratien. Rétablissement des évêques exilés. Gratien rappelle Théodose. Occupations de Tbéodose durant son exil. Goths battus par les Sarrasins devant Constantinople. Saint Ascole défend Thessalonique par ses prières. Horrible massacre des Goths en Orient. Théodose arrive ù Sirmium; il défait les Goths. Songe de Théodose. Gratien est résolu h choisir un collègue. Théodose destiné à l'empire. Ausone est fuit consul. Victoire de Théodose reconnue.
L'empire commençait à déchoir de cet état de grandeur et de puissance où Constantin l'avait mis par sa piété et ses armes victorieuses. Constantius et Constans, deux de ses fils, gouvernaient, l'un l'Orient, l'autre l'Occident; mais comme ils n'avaient pas les grandes qualités de leur père , ils n'étaient ni aimés de leurs sujets, ni craints de leurs ennemis comme lui, et ils avaient peine à soutenir une partie du fardeau qu'il avait porté lui seul avec tant de gloire.
Ce fut vers la neuvième année de leur règne que naquit Théodose à Italique, petite ville d'Espagne, sur les bords du fleuve Bétis. Il était d'une maison trèsnoble, et descendait de la race de Trajan, à qui il fut toujours bien aise de ressembler. Son père se nommait Théodose, et sa mère Tcrmancie, doués l'un et l'autre de toutes les vertus qui convenaient à leur sexe. Il fit d'abord paraître un beau naturel, et il fut élevé avec beaucoup de soin. On lui donna pour précepteur Anatole, homme savant, qui méprisait les richesses, mais qui n'oubliait rien pour s'avancer dans les honneurs.
Ce philosophe lui enseigna les premiers principes des sciences humaines ; et prévoyant qu'on lui enlèverait
bientôt son disciple pour le mener à la guerre, il se hâta de lui former l'esprit, et le rendit en peu de temps capable de juger du mérite et des ouvrages des gens de lettres. Il s'appliqua surtout à lui inspirer des sei !; ments honnêtes et généreux , en lui marquant dans l'histoire les exemples qu'il devait suivre, et lui donna ces premières impressions d'honneur et de probité qui réglèrent depuis toutes les actions de sa vie. A peine Théodose fut-il sorti de l'enfance, que son père, qui , par sa valeur et par sa prudence , était parvenu aux principaux emplois de la guerre, résolut de l'emmener avec lui à la première expédition qu'on entreprendrait contre les barbares.
Cependant l'empire en peu de temps avait changé plusieurs fois de face. Constans avait péri misérablement par la trahison du tyran Magnence. Constantius son frère était mort dans la Cilicie, ennuyé du mauvais succès des guerres qu'il avait mal soutenues contre les Perses. Julien son successeur, s'étant engagé inconsidérément à la conquête de la Perse, y avait été tué dans un combat; et Jovien, prince vaillant et religieux, après avoir régné huit mois , venait de mourir subitement dans son lit, étouffé par la vapeur du charbon qu'on avait allumé dans sa chambre pour la sécher.
Les troupes qui étaient alors dans la Bithynie s'a cèrent jusqu'à iSicée; et, sans donner le loisir aux prétendants de faire leurs brigues, Tannée s'assembla pour élire un nouvel empereur. Valenlinien fut proposé; et, quoiqu'il fût absent, et qu'on eût sujet de craindre s u humeur austère et inflexible, il fut élu tout d'une \oix. Il était né à Cibale en Pannonie. Gralien, son père,
i ait élevé par sa vertu au-dessus de sa naissance, et de simple soldat était devenu général des années romaines. On raconte qu'il était si fort, que cinq lionin ne lui pouvaient arracher de ne corde qu'il
tenait serrée, el que c< ir là qu'il se fil connaître
aux empereurs. Quoi qu'il en soit, il tomba aussi promptement qu'il s'était élevé ; et le même Gonstantius qui l'avait comblé de biens et d'honneurs, l'en dépouilla, irrité de ce qu'il avait reçu dans sa maison le tyran Magnence.
Valentinien, ayant trouvé la fortune de son père ruinée, fut obligé de travailler lui-même à la sienne. Il passa par tous les degrés de la milice , et s'acquitta des emplois qu'il eut avec tant de cœur et tant de sagesse, que les gens de guerre le voyaient prospérer sans envie, et avaient accoutumé de dire de lui qu'il méritait beaucoup plus qu'on ne lui donnait. Jovien l'avait fait capitaine de la seconde compagnie de ses gardes , et l'avait laissé à Ancyre, capitale de la Galatie, pour y commander.
Ce fut là qu'on lui députa , pour lui donner avis de son élection. Il partit incontinent, et se rendit à l'armée le vingt- quatre février. Il ne voulut point paraître le lendemain, parce que c'était le jour du bissexte, qu'une ancienne superstition faisait passer pour malheureux parmi les Romains. Le jour d'après , l'armée s'étant assemblée dès le matin, il vint dans le camp, et fut conduit en cérémonie au tribunal qu'on lui avait dressé. On lui donna la pourpre et la couronne , et on le proclama empereur dans les formes accoutumées. Après qu'il eut joui quelque temps du plaisir des acclamations militaires, il voulut haranguer l'armée; mais à peine eut-il ouvert la bouche, qu'il s'éleva un grand bruit parmi les troupes. Soit que ce fût une cabale de quelques officiers mécontents, soit que ce ne fût qu'un caprice des soldats , on criait de toutes parts qu'il fallait lui nommer un collègue. Il semblait qu'on se repentît du choix qu'on venait de faire, ou qu'on voulût imposer des lois à celui qu'on venait de choisir pour maître.
Valentinien entendit ce tumulte sans s'émouvoir ; et regardant d'un côté et d'autre, avec un air sévère et
menaçant, il fit signe de la main qu'il voulait parler. Dès qu'on eut fait silence , il se tourna vers ceux qui lui avaient paru les plus échauffés ; et, après les avoir traités de mutins et de séditieux : « Compagnons, leur dit-il, « il dépendait de vous de me donner l'empire; mais « depuis que je l'ai reçu, c'est à moi de juger des be- « soins de l'État: et c'est vous à m' obéir. » Il prononça ces paroles avec tant d'assurance, que tout le monde se tut et demeura dans le respect. Alors, se radoucissant un peu , il remercia l'armée de l'honneur qu'elle lui avait fait; et l'assura qu'il se choisirait un collègue quand il en serait temps; mais qu'il ne voulait rien précipiter dans une affaire de cette importance. Il descendit de son tribunal entouré d'aigles et de drapeaux , et traversa le camp, marchant fièrement au milieu d'une troupe d'officiers qui se rangeaient autour de lui pour lui faire leur cour.
Quelques jours après, soit qu'il s'accommodât à la nécessité des affaires , ou qu'il eût résolu de satisfaire les troupes, soit qu'il voulût adroitement faire agréer le dessein qu'il avait d'associer son frère Valens à l'empire, il assembla les chefs de l'armée, et leur demanda conseil sur le choix qu'il avait à faire. Degalaïfe, général de la cavalerie, lui répondit avec liberté : « Si vous n'aimez « que votre famille , Seigneur, vous avez un frère ; si « vous aimez l'État, choisissez quelqu'un qui soit ca- « pable de le gouverner avec vous. » L'empereur fut piqué de cette réponse; mais il dissimula son déplaisir, et résolut de faire lui-même par autorité ce que les gens de guerre auraient eu peine de faire par complaisance.
Il partit donc de Nicée en diligence , et se rendit le premier jour de Mars à Nicomédie, où il fit Valens grand écuyer et général des armées de l'empire. Il relevait à ces dignités, afin de le disposer insensiblement à monter à une plus grande. Mais étant arrivé à Constantinople, il ne garda plus aucune mesure. Il mena son
frère dans un faubourg de la ville; et, sans se mettre en peine ni du consentement de l'armée, ni des formes de l'élection, il le fit proclamer Auguste sans l'avoir auparavant déclaré César, ce qui ne s'était pas encore pratiqué. Il lui mit le diadème sur le front, et le revêtit des habits impériaux; et , pour achever la cérémonie , il le ramena avec lui dans un même char. Valens n'avait aucune qualité qui pût lui attirer l'estime ou l'amitié des peuples. Car outre qu'il avait le teint noir, les yeux égarés, et quelque chose de rustique et de rebutant en toute sa personne, c'était un esprit déréglé, qui joignait à une grande présomption une extrême ignorance. Aussi son élection ne fut approuvée que parce qu'on n'osait s'y opposer. Valentinien lui-même ne lui dissimulait pas ses défauts, et le tenait dans une si grande dépendance, qu'on eût dit qu'il l'avait fait son lieutenant, et non pas son collègue.
L'empire était alors dans un état déplorable : il semblait que toutes les nations barbares s'étaient liguées ensemble pour ravager en même temps toutes les provinces de leur voisinage. Les Allemands faisaient du dégât dans les Gaules. Les Sarmates et les Quades étaient entrés dans la Pannonie. Les Pietés et les Saxons troublaient le repos de l'Angleterre. Les Maures faisaient des courses dans l'Afrique. Des Goths venaient piller la Thrace jusqu'aux environs de Constantinople. Le roi de Perse renouvelait ses anciennes prétentions sur l'Arménie , et menaçait de rompre la paix qu'il venait de conclure avec les Romains. Il était à craindre que ces désordres ne continuassent sous deux empereurs, dont l'un n'avait pas assez de douceur pour gagner les peuples, l'autre n'avait ni assez d'habileté, ni assez de résolution pour venir à bout de ses ennemis.
Les affaires de la religion étaient aussi embrouillées que celles de l'empire. Le règne de Constantius avait été un temps de persécution continuelle contre l'Église. Ce
prince n'avait rien épargné pour abolir la foi du concile de Nicée, et pour établir l'hérésie d'Arius. Julien ne s'était pas contenté de persécuter l'Église , il avait fait tous ses efforts pour la détruire; et après avoir solennellement abjuré la foi de Jésus-Christ, dans laquelle il avait vécu près de vingt ans, il avait entrepris de relever les faux dieux, et de renouveler les superstitions païennes. Jovien , son successeur, voulant remédier à tous ces désordres, protesta aux gens deguerrequiTélisaient empereur, qu'il ne pouvait accepter l'empire qu'à condition qu'ils seraient tous chrétiens comme lui ; et ils s'écrièrent tout d'une voix qu'ils l'étaient, ou qu'ils avaient dessein de l'être. Peu de temps après il rappela les évêques exilés, et favorisa les catholiques, blâmant les autres et les remettant pourtant au jugement de leur conscience, sans vouloir entrer dans le fond des différends ecclésiastiques.
On croyait que Valentinien porterait sa piété plus loin, tant parce qu'il était naturellement ardent, et qu'il allait à ses fins sans beaucoup de ménagement , qu'à cause qu'il avait autrefois confessé la foi de Jésus-Christ avec beaucoup de zèle. La chose était arrivée ainsi. Julien, après son apostasie, allait un jour au tempie de la Fortune pour y offrir des sacrifices à son ordinaire. 11 était accompagné d'une foule de courtisans, dont la plupart s'accommodaient par politique à la religion du prince. Valentinien marchait derrière lui en qualité de capitaine de ses gardes. Comme ils furent à l'entrée du temple , un des ministres du sacrifice , qui les y attendait, comme pour les purifier, leur jeta de l'eau qui était consacrée aux idoles. L'empereur et ceux de sa suite reçurent avec respect cette cérémonie; mais Valentinien, ayant senti quelques gouttes de cette eau sur sa main gauche et s'apercevant qu'il en était tombé sur ses habits, frappa rudement, en présence de l'empereur, celui qui venail il*' la lui jeter, puis ii
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secoua sa main , et déchira la pièce de son manteau qui avait été mouillée. Julien, offensé de l'injure faite à ses dieux et à lui, le chassa de sa cour, et le relégua à Mélitène en Arménie. Son frère Valens l'y suivit, aimant mieux être dégradé des armes et renoncer à sa fortune, que de rien faire qui fût contraire à la foi.
Le souvenir de cette confession si hardie avait fait espérer à plusieurs que les deux frères allaient rétablir hautement la religion. Mais on y fut trompé ; car Valentinien fut plus relâché là-dessus qu'on n'avait pensé, et protégea les catholiques sans inquiéter les ariens. Valens, au contraire, s'abandonna tellement aux ariens qu'il opprima les catholiques.
Telle était la disposition de l'empire lorsque les deux empereurs se le partagèrent. Valentinien choisit pour lui les provinces de l'Occident avec toute l'Illyrie, et laissa celles de l'Orient à son frère. Ils vinrent ensemble jusqu'à Naïsse, où ils firent le partage des armées et des principaux officiers qui les commandaient, et se séparèrent enfin à Sirmium , l'un pour se rendre à Milan , l'autre pour retourner à Gonstantinople.
Valentinien s'appliqua d'abord à reconnaître l'état des provinces les plus exposées à l'insulte des nations barbares. Il passa dans les Gaules et combattit les Allemands, qui s'y étaient jetés avec une grande armée. Après les avoir défaits , il partit d'Amiens pour aller à Trêves. Là il espérait jouir en repos du fruit de sa dernière victoire , lorsqu'il eut avis de divers endroits que toute l'Angleterre était en proie aux ennemis ; que les Français et les Saxons y étaient entrés du côté des Gaules; que les Pietés et les Écossais faisaient le dégât jusque dans le cœur du pays; qu'on avait tué le gouverneur, surpris le général de l'armée; et que, si l'on n'y mettait ordre promptement, l'empire allait perdre une de ses plus belles provinces.
Cette nouvelle étonna l'empereur et lui donna de
grandes inquiétudes. Il commanda à Théodose, père de celui dont nous écrivons l'histoire, de passer dans cette île, avec les troupes qui s'étaient avancées de ce côté-là , le jugeant seul capable de remettre en meilleur état une affaire qui paraissait désespérée. Théodose partit en diligence et mena son fils avec lui, pour lui apprendre le métier de la guerre. Il assembla à Bou • logne l'armée qu'on lui avait destinée ; et passant la mer avec une confiance qui semblait répondre de l'événement, il s'avança vers Londres, et chercha les ennemis pour les combattre. Il défit plusieurs de leurs partis, qu'il trouva errants dans la campagne. Il leur enleva les hommes, le bétail, et tout le reste du butin qu'ils entraînaient, et fit publier, dans tous les lieux d'alentour, que chacun vînt reconnaître et reprendre ce qui lui appartenait, ne réservant qu'une petite partie du butin pour les soldats qui avaient eu le plus de fatigue. Son principal soin fut toujours de soulager le peuple ; et les premières instructions qu'il donna à son fils furent des exemples d'humanité et de justice, vertus nécessaires, mais presque inconnues aux gens de guerre. Après ces premiers succès, il entra dans Londres, et rassura cette ville , qui le reconnaissait déjà pour son libérateur.
Théodose se montra digne fils de ce grand capitaine, et donna dans ces premières occasions des marques de ce qu'il devait être un jour. Maxime, Anglais de nation, qui se vantait d'être descendu de la race de Constantin, servait en même temps dans la même armée. Ces deux jeunes hommes, qui devaient un jour disputer entre eux l'empire du monde , se connurent et se signalèrent à l'envi l'un de l'autre durant cette expédition. Ils étaient presque de même âge , ils avaient également de l'esprit, du courage, et une grande passion de s'avancer par la voie des armes; mais ils étaient bien différents de mœurs. Théodore, était franc, honnête, généreux;
Maxime était artificieux, brutal, jaloux du mérite et de la réputation d'autrui. L'un était brave par vertu, l'autre Tétait par férocité; l'un ne prétendait qu'à la gloire de servir les empereurs , l'autre aurait bien voulu se mettre en leur place.
Théodose retourna à la cour de Valentinien, et lui présenta son fils , qui avait été le compagnon de ses travaux. Ce fut là que ce jeune seigneur se fit connaître au prince Gratien, qui, tout enfant qu'il était, avait déjà beaucoup d'inclination pour la vertu et pour le mérite.
La joie qu'on avait de l'heureux succès des affaires d'Angleterre fut bientôt troublée par la nouvelle qu'on reçut du soulèvement d'une partie de l'Afrique. Firme, un des principaux seigneurs du pays , était le chef de la révolte. On l'accusait d'avoir fait assassiner un de ses frères. Romain, gouverneur de la province, avait entrepris de le perdre ; lui se soutenait par ses amis et par son crédit. Ils écrivirent à la cour, l'un ses .accusations et ses plaintes, l'autre ses justifications. Firme apprit qu'on avait supprimé ses lettres à la cour; qu'on avait fait valoir celles de son ennemi ; que les ministres étaient gagnés et que le prince était prévenu. Gomme il se vit sur le point d'être opprimé , il eut recours aux armes. Il souleva les peuples lassés des violences et des voleries de leur gouverneur, prit le diadème et se fit proclamer roi. Il se mit d'abord en campagne, ravageant tout ce qui lui résistait, surprit la ville de Césarée, qu'il abandonna à ses troupes pour la mettre à feu et à sang , et grossit son armée d'un grand nombre de Maures, qui vinrent en foule se ranger auprès de lui. Théodose eut ordre de partir incontinent avec son fils, et d'aller s'opposer à ces rebelles. Il s'embarqua avec les troupes qu'on lui avait données, et descendit sur la côte d'Afrique. Là, ayant rencontré le gouverneur de la province , il apprit de lui l'état des affaires ; et , après lui avoir doucement reproché les troubles qu'il avait eau-
ses, il l'envoya pour mettre ordre à la sûreté des places, et pour visiter les garnisons. Cependant il s'avança jusqu'à la ville de Sitifi, d'où il mauda à Firme qu'il eût à poser les armes , et à se remettre à son devoir, et qu'il choisît ou de la paix ou de la guerre. Attendant sa résolution, il pensait aux moyens de ménager ses troupes, qui n'étaient pas accoutumées aux chaleurs de ces climats, et de prévenir le tyran, oui n'était pas moins à craindre par ses artifices que par ses forces. ■^ Firme fut d'abord incertain du parti qu'il avait à prendre. Peu de temps après , il envoya des députés à Théodose, pour lui représenter qu'il avait pris les armes par nécessité , et non pas par ambition; qu'il n'en voulait point à l'empire , mais à un ennemi particulier qui abusait de l'autorité de l'empereur; qu'il n'avait pas prétendu se révolter, mais se défendre, qu'on lui fît justice, et qu'on lui sauvât au moins la vie, et qu'il abandonnait ses ressentiments et congédiait son armée. Théodose promit de lui faire grâce, s'il revenait de bonne foi, et lui ordonna d'envoyer des otages. Cependant il visita la côte, fit assembler ses légions, y joignit quelques troupes du pays, et commanda à tous les officiers de faire observer une exacte discipline, disant que les soldats romains ne devaient vivre qu'aux dépens de leurs ennemis , et qu'ils ne valaient pas mieux que des rebelles quand ils incommodaient les citoyens; ce qui lui attira l'amitié des peuples. Firme était d'une famille nombreuse et puissante par les terres qu'elle possédait, et par l'alliance qu'elle avait avec les principaux seigneurs d'entre les Maures. MascizeletMazuca, ses frères, marchaient avec deux grands corps d'armée; et Cyria, sa sœur, dame de grand courage , les assistait d'nommes et d'argent, et soulevait par des intrigues toute la Mauritanie.
Théodose, prévoyant qu'il serait difficile de résister à tant de forces s'il leur donnait le temps de se joindre.
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s'avança à grandes journées vers Mascizel, et lui présenta la bataille. Les Maures l'acceptèrent et soutinrent d'abord vigoureusement la première charge des légions; mais enfin ils furent rompus : l'avant-garde fut taillée en pièces, et le reste se sauva en désordre. Théodose se rendit maître de la campagne, et prit quelques places importantes pour sa sûreté , où il fit faire de grandes provisions de vivres; et comme il allait entrer plus avant dans le pays, il eut avis que Mascizel revenait sur ses pas avec les Maures qu'il avait ralliés, et des troupes fraîches qu'il avait reçues. 11 le joignit en peu de temps, le combattit, mit toute son armée en déroute et le pressa si vivement , qu'à peine lui laissat-il le temps de se sauver lui-même.
Les rebelles furent étonnés de la perte de ces deux batailles ; et Firme, ne sachant à qui s'adresser, eut recours à quelques évêques, qu'il supplia d'aller voir Théodose, et d'obtenir de lui le pardon de sa révolte à quelque condition que ce fût. Ces députés furent reçus avec honneur; et sur la réponse favorable qu'ils rapportèrent, Firme partit lui-même avec peu d'escorte, et se rendit au camp de Théodose, où ce général l'attendait hors de sa tente.
Firme descenditde cheval dès qu'il aperçut Théodose; et, s'approchant de lui avec un profond respect, se prosterna à ses pieds jusqu'à terre , et lui demanda pardon de son crime, les larmes aux yeux , accusant tantôt sa témérité , tantôt son malheur, avec toutes les marques d'un véritable repentir. Théodose reçut froidement ses soumissions , et, après une longue conférence qu'ils eurent ensemble, l'accommodement fut conclu. Les conditions furent que Firme fournirait des vivres pour l'armée ; qu'il laisserait quelques-uns de ses parents pour otages ;qu'ilremettraitenlibertétousles prisonniers qu'il avait faits depuis les troubles ; qu'il renverrait dans la ville d'ïcosium les enseignes romaines, et tout ce qu'il
avait pris sur les sujets de l'empire ; qu'après cela il licencierait ses troupes et rentrerait en grâce auprès de l'empereur.
Firme s'en retourna fort satisfait , et accomplit on moins de deux jours la plus grande partie du traité. Théodose , voyant de si belles dispositions à la paix , marcha du côté de Césarée pour réparer les ruines de cette ville, qui avait été brûlée dès le commencement des guerres. Il reçut en chemin une députation des Maziques, peuple africain, qui s'étaient ligués mal à propos avec les rebelles, et qui demandaient pardon de leur trahison; mais il ne leur répondit autre chose, sinon qu'il savait pardonner à des ennemis , mais qu'il ne pouvait souffrir des traîtres ; et les renvoya, en les menaçant qu'il irait bien'ôt à eux pour les châtier. Il venait de sortir de Césarée, où il avait laissé la première et la seconde légion pour travailler aux fortifications de la place, lorsqu'on vint l'avertir que Firme n'avait fait que cacher sa perfidie sous des apparences de paix et de soumission; qu'il débauchait par promesses et par argent les troupes mêmes de l'empire ; qu'un escadron d'archers s'était jeté dans son parti, et qu'un tribun avait eu l'insolence de mettre son collier en forme de diadème sur la tête de ce rebelle.
Théodose résolut d'user de toutes les rigueurs de la guerre contre les traîtres. Il marcha avec une diligence incroyable vers Tagavie, où il surprit une partie des archers révoltés, qu'il livra à la vengeance des soldats, afin de leur apprendre à craindre eux-mêmes la justice qu'il leur ferait exercer contre les coupables. On fit mourir le tribun, après lui avoir fait couper le poing; les autres officiers furent décapités , et tout le reste fut puni comme il le méritait. Ce général irrité assiégea, peu de jours après, une forteresse où les Maures lés plus séditieux s'étaient retirés. II la prit d'assaut, passa toute la garnison au fil de Fépée, et fit raser les murailles jus-
qu'aux fondements. Il tourna promptement du coté de Tanger, où les Maziques s'étaient assemblés; et après les avoir vaincus plusieurs fois, il leur accorda le pardon qu'il leur avait autrefois refusé.
Enfin, l'ardeur de la guerre l'ayant engagé dans le pays ennemi plus avant qu'il ne pensait, Cyria, sœur de Firme, souleva tout d'un coup toute la province. Tous les peuples se mirent en campagne , comme si le signal eût été donné, et marchèrent contre les Romains. Théodose, qui n'avait alors que peu d'infanterie, avec un corps de trois mille cinq cents chevaux, et qui voyait cette multitude innombrable d'ennemis, fut quelque temps en suspens s'il hasarderait un combat, ou s'il se retirerait. La honte de céder à des ennemis tant de fois vaincus, et la crainte de décréditer les armes de l'empire , le déterminaient à combattre. Mais, après avoir considéré l'état des affaires, il jugea qu'il valait mieux manquer à gagner une bataille , que de perdre le fruit de tant d'autres qu'il avait gagnées. Il se retira, prenant toujours des postes avantageux, de peur de surprise, mais les ennemis le poursuivirent opiniâtrement , lui coupèrent tous les passages , et le réduisirent à la nécessité de s'exposer à un combat inégal pour se sauver.
Le hasard le tira de ce danger ; car les Maziques, qu'il venait de vaincre, s'étaient obligés à lui fournir des troupes, et ils les lui envoyaient. Quelques escadrons romains allaient devant eux pour les conduire vers Théodose, sans savoir l'état où il se trouvait alors. Des coureurs maures aperçurent de loin ce secours , et vinrent à toute bride donner l'alarue à leur camp, comme si des armées entières fussent accourues pour dégager ce général. Ceux qui gardaient les passages les abandonnèrent, et Théodose profila du moment, et, gagnant les défilés, alla camper sous la ville de Taves, où il mit son armée à couvert au commencement du mois de février; de là il observa les ennemis et travailla à les désunir*
par des négociations secrètes jusqu'à ce qu'il pût les réduire par la force.
Cependant il dépêcha son fils à l'empereur Valentinien, pour lui rendre compte de l'état des troubles de l'Afrique, et pour lui demander de nouvelles troupes, afin de ruiner entièrement le parti des rebelles. Le jeune Théodose fut reçu à la cour avec toute la considération que méritaient les services de son père et les siens. Gratien eut beaucoup de joie de le revoir, et, dès ce temps-là , il conçut pour lui une estime qui fut depuis connue de tout le monde.
v C'était un prince qui entrait à peine dans la treizième année de son âge, qui avait déjà beaucoup de discernement et qui faisait de grands progrès dans l'étude des belles-lettres sous Ausone, son précepteur, un des plus beaux esprits de son siècle. Il gagnait l'amitié des peuples par son naturel doux et obligeant; l'on jugeait dès lors qu'il aurait les bonnes qualités de son père , sans en avoir les défauts. Il avait été déclaré Auguste depuis peu de temps dans une conjoncture assez pressante.
Valentinien était tombé dans une maladie dont on n'espérait pas qu'il dût relever. Chacun lui destinait un successeur selon son caprice, comme si l'empire eût été vacant. L'empereur, étant guéri contre toute apparence, reconnut le danger qu'il avait couru, et résolut, pour rompre toutes ces cabales, d'associer son fils à l'empire. Il sonda les es; rils des gens de guerre; et, comme il fut assuré de leurs intentions, il fit assembler l'armée dans une grande plaine où il se rendit avec toute sa cour. Il monta sur son tribunal, menant par la main son fils, qu'il avait fait venir exprès; et après qu'il l'eut fait voir aux troupes , il les pria d'agréer la résolution qu'il avait prise de partager l'empire avec lui.
Les soldnts, transportés de joie, à l'envi les uns des autres, proclamèrent Gratien Auguste, au bruit des
armes et au son des trompettes. L'empereur, animé par ces acclamations, revêtit son fils des habits impériaux, puis il le baisa , et avec une gravité mêlée de joie et de tendresse : « Vous voilà , mon fils , lui dit-il, re- « vêtu de la pourpre des empereurs. J'ai bien voulu « vous faire cette grâce , et nos compagnons que vous « voyez ici présents y ont consenti. Rendez-vous ca- « pable de soulager votre père et votre oncle, dont vous « êtes maintenant le collègue; donnez, s'il le faut, « votre sang et votre vie pour les peuples que vous gou- « vernerez : ne croyez rien au-dessous de vous de tout (( ce qui regarde le salut et la gloire de l'empire. Ce* « sont les principaux avis que je puis vous donner ici. « La plus grande occupation de mon règne sera de vous « apprendre à régner. » Après cela se tournant du côté des troupes : « Pour vous, dit- il, soutenez l'honneur « de l'empire par vos armes, continuez à nous assister « dans nos guerres ; et conservez à ce jeune empereur « que je remets à vos soins et à votre affection une fidé- « lité inviolable. »
L'armée renouvela ses acclamations , et chacun se pressa pour voir de près cet enfant auguste dont les yeux vifs et brillants, le visage agréable, l'air doux et noble, attiraient l'amitié et l'admiration de tous ceux qui le regardaient. Ce prince, depuis ce temps-là, était les délices des peuples , et ses ^vertus croissaient avec l'âge.
Valentinien était alors sur le point d'entrer dans l'Allemagne avec une puissante armée pour dompter cette nation farouche et inquiète, qui tenait toujours les frontières de l'empire en alarme. Il prit son fils avec lui, et le mena au delà du Rhin dans le pays ennemi, pour l'accoutumer de bonne heure aux fatigues et aux périls même de la guerre. 11 ordonna au jeune Théodose de le suivre , et reconnut en lui tant de valeur et de prudence dans les divers événemenls de cette guerre, qu'il
de theoousi: il
le jugea capable de commander en chef les armées , et résolut de l'employer. L'irruption soudaine des Quades lui en fournit bientôt l'occasion, au grand contentement de Gratien, qui s'intéressait déjà beaucoup à la fortune de Théodose.
Les Quades uvaient alors paisiblement sous leur roi dans la Moravie; et comme ils n'avaient aucun dessein d'usurper les terres de leurs voisins, ils croyaient n'a- \oir pas besoin de garder les leurs. C'avait été autrefois un peuple puissant et aguerri ; mais il avait dégénéré de sa première valeur, et languissait depuis quelque temps dans une oisiveté qui le rendait presque méprisable. Équitius, chargé de les contenir, s'étant mis en état d'exécuter les ordres de l'empereur, les Quades lui remontrèrent doucement le tort qu'on leur faisait, et envoyèrent des députés à la cour pour s'en plaindre. Équitius , attendant la réponse qu'on rendrait aux députés, fit cesser des travaux commencés sur leur territoire, de peur d'exciter des troubles : mais Maximin, homme cruel et remuant , l'accusa de négligence et de lâcheté, et se chargea de la commission. Il alla sur les lieux, et se mit à faire construire les forts qu'on avait commencés , sans demander aux barbares leur consentement, qu'ils eussent sans doute donné, plutôt que de s'attirer la guerre.Gabinius leur roi l'alla trouver, et lui représenta modestement que c'était une insulte qu'on leur faisait sans raison; qu'il était juste de laisser vivre en repos des gens paisibles, qui ne troublaient pas celui des autres.
Maximin fit semblant d'être touché des raisons de ce prince , et , pour marque d'amitié, le convia avec quelques-uns de sa suite à un grand festin, où il le fit assassiner inhumainement. Ces peuples , après avoir pleuré quelque temps la mort de leur roi , prirent les armes pour la venger. Le désespoir leur donna du courage; el les Sarmates s'étant joints à eux, ils passèrent ensemble
le Danube, et se répandirent dans la campagne, brûlant les villages et ravageant tout ce qu'ils rencontraient en leur chemin. La princesse Constantie, file de l'empereur Constantius, qui avait été accordée à Gratien, venait alors de la cour d'Orient à celle d'Occident, et prenait un peu de repos dans une maison de campagne. Son train fut pillé , quelques-uns de ses gens furent pris-, elle allait tomber elle-même entre les mains de ces barbares , si Messala, qui avait été envoyé pour la recevoir, ne l'eût mise promptement dans un chariot de rencontre , et ne l'eût menée à toute bride dans Sirmium. Probe, préfet du prétoire, homme timide et peu accoutumé à la guerre, était dans la ville, et faisait préparer ses chevaux pour s'enfuir pendant la nuit. On tâcha de lui faire entendre que le danger n'était pas si grand qu'il pensait; que sa fuite abattrait le courage des citoyens, et qu'il répondrait de tous les accidents qui pouvaient arriver â la princesse. Enfin il se remit un peu de sa frayeur et donna ordre qu'on réparât promptement les fortifications, et qu'on fît venir quelques compagnies d'archers des garnisons voisines , pour défendre la place en cas de siège.
Les ennemis se contentèrent de tenir la campagne. On envoya contra eux deux des meilleures légions de l'empire, qui les auraient sans doute défaits ; mais elles se brouillèrent sur des prétentions et des disputes de préséance ; et les Sarmates les ayant forcées séparément dans leurs quartiers, les taillèrent en pièces l'une après l'autre. Le jeune Théodose fut envoyé pour arrêter le cours de ces désordres ; et, afin qu'il pût agir avec plus d'autorité, on lui donna le gouvernement de la Mœsie, et le commandement des troupes de cette province.
Il partit incontinent; et, après avoir reconnu l'état des affaires, il assembla un corps d'armée considérable. Sa première occupation fut d'établir dans les troupes une exacte discipline, et de chasser de tout le pays un reste
de barbares errants et débandés, qui le pillaient impunément. 11 en fit mourir plusieurs, et se contenta d'avoir poussé les autres hors des limites de l'empire. Après quoi , ayant appris que les Sarmates paraissaient sur la frontière, et que leur armée était grossie d'une foule dépeuples ligués avec eux, il résolut non-seulement de s'opposer à leur passage , mais encore de les attirer au combat. Les ennemis, qui se confiaient en leur nombre, se divisèrent en plusieurs corps pour faire des irruptions par divers endroits; mais Théodose les battit en toute rencontre; et, après les avoir obligés à se réunir, il alla les attaquer jusque dans leur camp. Quelque résistance qu'ils fissent d'abord, il les força, et en fit un si grand carnage, qu'ils lui demandèrent la paix à telle condition qu'il voudrait, et n'osèrent la rompre tant qu'il demeura dans cette province.
Pendant que Théodose le fils servait si utilement l'empire dans la Mœsie , le père était occupé à réduire les Maures révoltés en Afrique. Il en avait déjà détaché un grand nombre des intérêts de Firme , les uns par menaces , les autres par promesses et par argent. Firme, craignant d'être abandonné, et s'ennuyant d'entretenir tant de troupes à ses dépens, sortit de son camp la nuit et se sauva dans les montagnes. Aussitôt que Théodose eut avis que cette armée sans chef se divisait et se retirait en désordre, il se mit en campagne, en défit une partie , et obligea le reste à quitter les armes. Cette multitude d'ennemis étant ainsi dissipée, il mit dans les places des gouverneurs d'une fidélité reconnue, et poursuivit Firme dans les montagnes.
Mais à peine y fut-il entré, qu'il apprit que le chef des rebelles s'était réfugié chez les Isafliens, qu'il s'était assuré de leur protection. Théodose se tourna de ce côtélà, après avoir donné quelque relâche à ses troupes, et fit sommer ces peuples de lui livrer Firme, Mazuca : frère et les principaux officiers qui raccompagnaient.