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TÉLÉGRAPHE

Timbres-télégraphe.

Une loi du 13 juin 1866 créa, pour le service de la télégraphie, des timbres mobiles à l'aide desquels le public pouvait affranchir les dépêches à expédier, ce qui permettait de déposer ces dépê-

Fig. 48. — Timbre-télégraphe, Empira

Fig. 49. — Timbre-télégraphe .

ches à la boîte et dispensait d'une opération de guichet pour la perception du droit. L'emploi de ces timbres fut rendu obligatoire à partir du

Histoire du timbre-poste français i65 I*''' janvier 1868, dans les bureaux desservis par des agents de l'État. Quatre sortes de timbrestélégraphe furent employés : à 25 centimes rose; à 50 centimes vert; à i franc jaune et à 2 francs violet; ils représentent un aigle couronné; le format est sensiblement plus grand que celui des timbres-poste. Deux séries, l'une non pointillée, l'autre pointillée.

L'affranchissement des dépêches au moyen de ces timbres fut suspendu d'urgence au début de la guerre de 1870 par une mesure administrative confirmée par un arrêté présidentiel du 4 avril 187J. Depuis, les taxes des télégrammes sont, de même qu'antérieurement à 1868, acquittées exclusivement en numéraire, aux guichets des bureaux.

Cartes et lettres pneumatiques.

Décret du 25 janvier 1879 : à partir du i'^" mai de la même année, la taxe des dépêches télégraphiques circulant dans la limite de l'ancien octroi de Paris est indépendante du nombre de mots. Ces dépêches sont transportées par tubes pneumatiques. Cette innovation a abouti, la première

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année, à une augmentation de trafic de 80 0/0 (nombre élevé, d'une année à l'autre, de 411 991 à 743 565).

Les modifications de taxes et l'extension de ce service se résument par le relevé suivant des diverses formules successivement employées :

le"" mai 1879. — Groupe allégorique. 5o centimes, carte ouverte; timbre rose sur papier-carte chamois.

icr mai 1879. — Groupe allégorique. 75 centimes, lettre fermée; timbre noir sur papier bleu.

i" mai 1879. — Déesse assise. 5o centimes, carte ouverte; timbre rose sur papier-carte chamois.

i" mai 1879. — Déesse assise. 75 centimes, lettre fermée; timbre noir sur papier bleu.

i^' juin 1880. — Déesse assise. 5o centimes, carte ouverte; timbre rose sur papier-carte chamois avec la surcharge : « Taxe réduite à 3o centimes ».

i" juin 1880. — Déesse assise, yb centimes, lettre fermée; timbre noir sur papier bleu avec la surcharge : « Taxe réduite à 5o centimes ».

i^' juin 1880. — Déesse assise. 3o centimes, carte ouverte; timbre rose sur papier-carte chamois.

!«'' juin 1880. — Déesse assise. 5o centimes, lettre fermée; timbre noir sur papier bleu.

i'^''juin 1880. — Déesse assise. 3o centimes -f 3o centimes, carte avec réponse payée; timbre rose sur papiercarte chamois.

i«f février 1882. — Déesse assise. 3o centimes, carte ouverte ; timbre noir sur papier-carte chamois et plan de Paris en trois couleurs, la partie rose foncé indiquant le réseau ouvert de la porte de Versailles à la porte des Ternes.

jcr février 1882. — Déesse assise. 5o centimes, lettre fermée; timbre noir sur papier bleu et plan de Paris en trois couleurs, la partie rose foncé indiquant le réseau ouvert de la porte de Versailles à la porte des Ternes.

j*'' avril i883. — Déesse assise. 3o centimes, carte ouverte, même genre; la partie teintée en rose foncé indiquant le réseau ouvert de la porte de Versailles à la porte Chaumont. Timbre noir sur papier-carte chamois.

I®'' avril i883. — Déesse assise. 5o centimes, lettre fermée, même genre; la partie teintée en rose foncé indiquant le réseau ouvert de la porte de Versailles à la porte Chaumont. Timbre noir sur papier bl-eu.

i*^'' février 1884. — Déesse assise. 3o centimes, carte ouverte, même genre; la partie hachée en bleu clair sur le pian de Paris, indiquant la seule partie du réseau non encore ouverte au service. Timbre noir sur papier-carte chamois.

jer février 1884. — Déesse assise. 5o centimes, lettre fermée, même genre; la partie tracée en bleu clair sur le plan de Paris, indiquant la seule partie du réseau non encore ouverte au service. Timbre noir sur papier bleu.

i" décembre 1884. — Déesse assise. 3o centimes; mêmes carte et lettre avec plan de Paris et la surcharge rouge : « Valable pour tout Paris ».

!«■■ décembre 1884. — Déesse assise. 5o centimes; mêmes carte et lettre avec plan de Paris et la surcharge rouge : « Valable pour tout Paris ».

i*"" décembre 1884. ~ Déesse assise. 3o centimes + 3o centimes, carte ouverte avec réponse payée; timbre rouge sur papier-carte chamois avec la surcharge en noir : « Valable pour tout Paris ».

i" avril i885. — Déesse assise. 3o centimes, carte ouverte; timbre noir sur papier-carte chamois.

ler avril i885. ~ Déesse assise. 5o centimes, lettre fermée; timbre noir sur papier bleu.

icr avril i885. — Déesse assise. 3o centimes -\- 3o centimes, carte ouverte avec réponse payée; timbre noir sur papier-carte chamois.

[er septembre 1887. — Déesse assise. 3o centimes-}- 3o centimes, carte ouverte avec réponse payée spéciale aux demandes, par tubes, de remboursements de la caisse d'épargne. Texte imprimé à cet effet. Timbre noir sur papier-carte chamois.

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Enveloppes-dépêches à i franc comprenant un bon de réponse payée.

i5 décembre 1884. — Déesse assise. Timbre noir sur papier rose.

Enveloppes pour tubes pneumatiques.

i5 janvier i885. — Déesse assise. yS centimes; timbre noir sur papier violet, petit format.

i^r janvier 1887. — Déesse assise. 75 centimes; même enveloppe avec la surcharge noire : « Taxe réduite à 60 centimes ».

i^r septembre i88g. — Déesse assise. 60 centimes; timbre rose sur papier violet.

Tickets téléphoniques.

Le public a été admis à correspondre par le téléphone, avec les abonnés, au moyen de cabines publiques.

Les taxes sont acquittées au moyen de tickets oblongs spéciaux, déesse assise et texte : à 25 centimes imprimés en bleu sur fond chamois, à 30 centimes violet foncé sur lilas clair, à 50 centimes rouge rose sur rose pâle; à i franc rouge rose sur bleuté; à 3 francs noir sur vert. Deux séries, l'une portant en tête « Postes et Télégraphes », pour les tickets de 30 centimes, 50 centimes, I franc et 3 francs; l'autre « Ministère des

Postes et Télégraphes », pour les tickets à 25 centimes, 50 centimes, i franc et 3 francs.

Pour tous, la suite de nos timbres-poste résume succinctement l'histoire contemporaine : la figurine Tête de la Liberté et le timbre Présidence rappellent la deuxième République; l'effigie de Napoléon III j non laurée, les premières années du gouvernement impérial; puis laurée, les campagnes heureuses suivies, hélas! des deuils de la patrie, de l'année terrible, figurés par les timbres de la fabrication de Bordeaux; les lettres par ballons, les cartes-correspondance, marquent les épisodes du siège de Paris; le retour au timbre-poste primitif célèbre le rétablissement de la RépubUque, suivi de l'adoption du type actuel le Commerce et la Paix, correspondant à l'ère de reconstitution nationale.

Pour l'agent des postes, disons le mot familier (il vient si naturellement sous notre plume), pour le vieux postier, que de réminiscences intimes s'ajoutent parallèlement à ces souvenirs histori-

ques! J'en appelle à ce vénérable chef de service dont le timbre -poste a vu blanchir la tête. Dans ses débuts administratifs, il a appHqué la taxe proportionnelle à la distance, non sans maugréer contre la lenteur forcée de cette besogne; c''était le surnumérariat, presque encore l'enfance, l'insouciance, l'effervescence de la jeunesse. Peu après, il a vu la naissance du timbre-poste qu'il a oblitéré du timbre à losanges, empreinte chère aux collectionneurs, et successivement les figurines Tête de la Liberté^ Présidence, Empire non lauré; il parcourt les classes du grade de commis; il se pose et se marie. Vient l'effigie laurée; lui aussi prend des lauriers, il arrive aux emplois supérieurs. Voici la guerre et de nouveaux timbres; l'employé est devenu chef de service ; il s'est vaillamment conduit devant l'ennemi et la croix d'honneur a récompensé son patriotisme. Pour nous, qui avons quinze ans de moins, les timbres de Bordeaux, ceux du siège, c'est le drapeau, le bataillon spécial fourni à la Défense par la poste de Paris, le 1 1 1"'% sous les ordres d'un sous-chef de bureau, M. Loiseau, improvisé commandant; ce sont les grand'gardes tenues aux Moulineaux, à Arcueil-

Cachan; c'est Montretout... Le retour au type primitif marque de nouveaux pas dans la carrière pour notre vieux postier qui va se voir « fendre l'oreille » sous la longue durée — longue jusqu'à la monotonie — du type actuel le Commerce et la Paix régnant sur le Monde. Ce n'est plus l'homme enjoué des premières années; son caractère jadis exultant est devenu grave jusqu'à la sévérité, quelque peu grognon,... disent ses sous-ordres. N'est-ce pas excusable, après quarante-deux ans de fonctions administratives... et trente ans de

mariage ?

Donnons tous nos respects à ce doyen administratif dont les débuts remontent aux temps pittoresques où les malles-postes faisaient à grand fracas leur entrée sur le pavé de la rue Jean-Jacques Rousseau, tout en elles chantant bruyamment la joie de l'arrivée : les ferrures des voitures enlevées dans le galop effréné du dernier coup de collier; les hennissements des chevaux à l'approche de l'écurie; la musique argentine de leurs grelots; la fanfare éclatante du postillon en livrée, alternant avec les claquements savants et sonores de son fouet. Saluons, en terminant ce livre, le Vieux

Postier qui a inauguré notre figurine d'affranchissement et qui, à plus de quarante années d'intervalle, est encore sur la brèche, après avoir vécu les sept premières générations de notre timbre-poste français.

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