Voir Chalaiide. Me'm. Acad. des Sciences, 1918, 25 avril
2. A l'endroit où, près de la demeure du porcher, on éleva (xiV s.) la Chapelle Redonde, où la confrérie des Pêcheurs se réunissait (caserne de la Mission actuelle) .
ribaudes. Un certain Jehan Olivier, notaire, louait une maison, place Mage, « pour trois ou quatre paillardes », un vrai « bourdeau public à tous venans », et semble s'être enrichi à ce singulier commerce. lycs capitouls, depuis longtemps, avaient réglementé la prostitution. Sous Charles VI, il existait une maison municipale, payant des redevances à la Maison commune, la Grande Abbaye. En 1424, cette maison s'établit hors la porte des Croses, entre celle-ci et la porte du Bazacle ; on l'appelait la Maison du public. En 1527, les capitouls la transférèrent au Pré-Montardy (^). C'était alors le Château Verd. On en a publié les comptes {^). Dès le début du siècle suivant, les ravages des affections vénériennes sont assez marqués pour que les capitouls transforment le couvent de Sainte-Catherine, du faubourg Saint-Michel, en hôpital pour les « roignous de la roigne de Naples » p) et commettent deux chirurgiens, aux appointements de 224 livres l'an, pour aller à domicile soigner les malades. L,es femmes de vertu facile, le jeu, le cabaret, les violences et les rixes, les blasphèmes et l'affaiblissement du sentiment religieux, voilà ce qu'on reproche à Toulouse à l'aurore du xvi^ siècle.
Dès la fin du xv^ siècle, le cordelier Olivier Maillard, con- Réaction, fesseur de Charles VIII, émut la ville par ses fougueuses prédications contre la licence des mœurs et l'oubli des devoirs chrétiens; on sait qu'il fut enterré aux Récollets. « ly'abbé » ou tenancier de la maison municipale constate le ralentissement de ses bénéfices pendant la semaine sainte, premier
1. Filles de joie. — I,a maison des filles de joie était appelée Grande Abbaye, dans une ordonnance de Charles VI (1389); plus tard, on la dénomma Château Verd. Les revenus de ces maisons étaient considérables. Devant leurs portes devait être placée, comme enseigne, une grande lampe ou un pot à feu. I,es filles de joie étaient tenues de porter d'abord des perruques blondes, puis un certain chaperon et des cordons blancs. Potu les rendre odieuses, on les appela louves et leur demeure lupanaria. Ces obligations disparurent peu à peu. C'est au xvi^ siècle que les capitouls établirent le Château Verd pour y loger les prostituées, sur l'emplacement actuel du cinéma Paramomit, en dehors des remparts. I^e Château Verd, avant d'être la Grande Abbaye, s'appelait l'Ostal del public, la Maison publique. On donnait le nom d'abbés ou d'abbesses aux tenanciers de ces maisons closes. l,es redevances étaient affectées originairement aux robes et manteaux des capitouls; plus tard, elles fruent remises aux hôpitaux pour y soigner les malades atteints spécialement du mal de Naples. — Sabatier, avocat. Les femmes publiques et les lieux de débauche, 1828.
2. Chalande. La maison publique municipale à Toulouse, xv'^-xvi^ siècles (Mém. Acad. des Sciences, 1919).