Les chanoinesses de Saint-Sernin (V. ci-dessus
3. Celui de la porte Matabiau, daté de 1519, existe au Musée, galerie du Petit- Cloître. I<e monogramme est XR (Christus Rex) ou IHS (Jésus), avec AM (Ave Maria) dans bien des cas.
Monogrammes du Christ. — I,es monogrammes du Christ apparaissent d£^s les catacombes et furent très multipliés à l'époque romane sur les portails des églises et sur les tombeaux. A Toulouse, ces monogrammes prirent im plus grand développement à partir de 1500. Ils sont sculptés siu: la porte de la maison de Pierre del Fau, mardiand et capitoul, rue de la Bourse, n° 20; à la clef de voûte de la vis de la maison n° 20 de la rue ûlage; sur les deux portes de la maison de M. de Saint- Germain, trésorier général en 1590, rue des Changes, n° 19; petite rue Sainte- Ursule, dont le cartouche est supporté par deux anges inutiles.
l,e plus grand nombre des monogrammes qui nous restent datent du xvn^ siècle, tel celui de la rue fort courte du Fourbastard, de la rue de l'Homme- Armé (161 1), hôtel Bemuy. On voyait aussi un monogramme du IHS et de I'AjM (de la Vierge) entouré de la couronne d'épines et accosté de deux têtes d'anges, daté de 1607, au-dessus de la porte de l'ancien hôtel de l'Ecu, rue du Poids-de-l'Huile, aujourd'hui démoli, et où, dit-on, Molière avait donné des représentations avec sa troupe (De Lahondès. Bull. Soc. Arch., 1903, p. 23).
CAPITULE. — Façade de la Cour Henri-IV Portail de Nicolas Bachelier
d'ap. Lahondès, AtonumenU de Toulouse, Privât, édit.
ANCIEN CAPITULE. — Porte de la Commutation de Jean Aleman (lô/ô) Réédifiée au Jardin des Plantes en 1886
ANCIEN CAPITOLE. Portail de l'Arsenal (XVII« siècle) Démoli en i885
Nous avons peu de renseignements sur la vie intellectuelle Vie iutellectuelli
aux XI v^ et xv^ siècles. Elle semble assez pauvre. Non, sans doute, qu'il n'y ait eu à Toulouse un goût aussi marqué qu'aux temps plus anciens pour les choses de l'esprit. C'est un fait remarquable que l'imprimerie se soit introduite chez nous de très bonne heure, avant 1475 (^), par des ouvriers allemands (Paris, l'associé d'Henri Tornier, Mayer, Clébat) auxquels nous devons quelques magnifiques incunables, comme le missel de l'église Saint-Etienne {^) et dont quelquesuns se sont fixés et ont fait souche à Toulouse {^). I^e commerce des livres, dès le début du xvi^ siècle, prend une importance considérable, surtout avec Lyon, dont les libraires afïiuent dans notre ville et pour qui nos imprimeurs travaillent. Mais c'est un autre fait que Toulouse, dans cette période, ne peut citer aucun écrivain, aucun poète dont le nom mérite d'être retenu.
Parmi les raisons de cette indigence littéraire, on doit dire que le roman occitan, tout en demeurant l'idiome usuel, s'était affaibli peu à peu comme langue de culture, sans que le français se soit encore définitivement imposé. La dernière chronique des Annales écrite en roman est de 1439; la première pièce de vers français couronnée aux Jeux floraux est de 1471. Dès 1512, une chronique des Annales paraît en français; mais, à peu près à la même date, Bertrandi écrit encore en latin ses Gesta Tholosanonim. Cette incertitude ne prendra fin qu'au xw^ siècle; le français, désormais seule langue littéraire, reléguera le latin dans les écoles; quant au roman.
Imprimerie, librairie
Décadence
la langue d'oc.
1. Voir Macary. Etude sur l'origine et la propagation de l'imprimerie à Toulouse, au XV^ siècle (d'après les Archives notariales).