I. lyocal de l'ancienne Faculté des lettres
Quartier
des
parlementaires
Le quartier
des
affaires.
La Maison commune.
la place du Salin, la rue des Régans et l'impasse de la Trésorerie; on l'appelait aussi Maison du Roi. La tour de la Trésorerie avait 20 mètres de hauteur et ses murs i m. 20 d'épaisseur. Le bâtiment existait déjà le 13 mars 1300 (^).
Mais la Monnaie, toute proche, a disparu avec l'îlot des maisons qui séparait jadis la place du Palais de celle du Salin et qu'on appelait moulon de la Monnaie.
Tout autour de ces bâtiments officiels, dans les rues adjacentes, les officiers ro3^aux et les membres du Parlement tendent à se grouper, et chassent peu à peu, de ces voies jadis uniquement commerçantes, les artisans qui les occupaient. L'évolution aura son terme au xvii^ siècle, mais elle commence dès la fin du xv^. C'est ainsi que des Carmes et de Saint- Etienne jusqu'au Salin, dans les rues Pharaon et des Filatiers, de la Fonderie et de la Dalbade, du Vieux-Raisin, de Nazareth et Perchepinte, et dans celles qui les réunissent, se constituait, au xvi^ siècle, le quartier des parlementaires.
Le centre de la ville, depuis les Carmes jusqu'à l'église Saint-Quentin, et de Saint-Etienne jusqu'à la Daurade, demeure le foyer du négoce et du travail. Là foisonnent les marchands et les artisans. La répartition des hôtels de riches bourgeois, actuellement subsistant, circonscrit assez exactement, au XV® siècle et au siècle suivant, l'aire de la Toulouse des affaires autour de la Bourse actuelle : rue des Changes, rue Peyras, rue Temponières, rue des Filatiers, rue Saint- Rome, rue de la Pomme, rue Gambetta, rue Pe3'rolières. Comme partout, les métiers ont adopté, à Toulouse, une ou deux rues auxquelles ils ont attaché leur nom.
C'est à l'extrémité de la cité de l'industrie et du commerce que se trouve la Maison commune. Nous n'avons sur ses bâtiments, aux xiv® et xv® siècles, presque aucun renseignement. Nous savons qu'ils s'élevaient, sans plan d'ensemble, de la place actuelle du Capitole jusqu'à la rue d'Alsace, séparés par des cours et des jardins, flanqués de masures et de maisons particulières; au travers de ce fouillis incohérent, courait la ruelle des Carces, de la rue Villeneuve (La Fayette) à la façade que longeaient les prisons municipales et un îlot
I. Chalande. La Trésorerie du roi (Journal de Toulouse, février 1925).
de maisons particulières. La partie la plus monumentale paraît avoir été le Grand-Consistoire (sur l'emplacement du bureau de police d'aujourd'hui), saUe assez vaste serv^ant aux réceptions et aux plaids de justice, et le Petit-Consistoire, proche de la tour des Archives (le Donjon actuel), où les capitouls s'assemblaient : une chapelle les séparait. Nous savons que le peintre-verrier Antoine de L,ouly orna de vitraux la saUe du Petit-Consistoire en 1459, qu'après l'incendie de 1463 on reconstruisit les fenêtres (1488) et qu'on mit une porte de fer à la chambre des Archives. Du côté de la rue du Poids-de-l' Huile, se trouvait «l'Hostal de l'artilleriade la Maison cominale de la ville de Tolose »; ce sont les premiers bâtiments de l'Arsenal, réparés en 1381, en attendant qu'on transportât ailleurs les armes et munitions municipales. Enfin, le Poids-du-Blé fut installé dans les masures qui bordaient l'Hôtel de viUe, du côté de Saint-Martial, à côté du Poids-de-l' Huile. On parvenait à la Maison commune par des ruelles qui, de la Porterie ou de la rue Saint-Martial (^), atteignaient l'entrée {^) à travers des îlots de maisons populaires, qui occupaient toute la place du Capitole d'aujourd'hui. La vieille tour romaine, nommée tour Charlemagne, non loin du donjon actuel, dominait cet Hôtel de viUe disparate et médiocre, indigne de la seconde ville de France.
Telle était Toulouse lorsque s'ouvre le siècle de la Renaissance et de la Réforme. Ces deux mouvements allaient y avoir un retentissement profond. La Renaissance transformera la ville matériellement, pour la première fois, depuis le haut moyen âge. La Réforme ébranlera les âmes et sera dans notre cité, aussi pour la première fois depuis l'Albigéisme, pour la dernière fois avant la Révolution, le signal d'événements dramatiques.
1. Longeait la place du Capitole, à l'est, jusqu'à la rue Saint-Rome.