‹ Histoire de ToulouseChapitre 131 sur 317 · I. VrVITUR INGENIO: C3ETERA MORTIS ERUNT · texte numérisé non relu

I. VrVITUR INGENIO: C3ETERA MORTIS ERUNT

corps principal par une tourelle pentagonale; deux fenêtres encadrées de sculptures s'ouvrirent dans chacune de ces deux ailes. A l'intérieur, dans la salle à manger, fut construite une cheminée monumentale. Après la mort de Béringuier-Maynier (1527), sa veuve et son fils Gabriel vendirent l'immeuble (1547) au greffier civil du Parlement Jean Burnet, époux de Marguerite de Rivière (^). Celui-ci prolongea les deux

Hôtel du T leux-Raioin Béringuier-M.a ynier et Burnet

ailes jusqu'à la rue du Vieux-Raisin. Trois fenêtres nouvelles s'ouvrirent dans l'aile nord, quatre dans l'aile sud, avec leurs belles cariatides. La galerie avec terrasse, au milieu de laquelle s'ouvre la porte d'entrée, entre deux pavillons aux belles lignes, est aussi l'œuvre de Jean Burnet. Celui-ci fit également sculpter la partie supérieure de la cheminée, avec

I. Fille du propriétaire de l'hôtel de la rue Pierre-Brunières.

les armoiries. Dans ce logis si remarquable, les deux Renaissances, celle de François I®'", celle d'Henri II, s'unissent sans se nuire. Les fenêtres de Béringuier, les deux montants de la cheminée témoignent d'un goût ornemental exquis, avec leurs enroulements de feuillages; les cariatides et statues de la façade Jean Burnet, parmi la décoration un peu efflorescente des fenêtres, sont d'un ciseau hardi et sûr, d'un réalisme vigoureux, d'un talent dru et fort. Ce sont des morceaux de beau style, dont, malheureusement, l'auteur nous est inconnu (*).

Le logis qui porte le nom de Simon Buet, conseiller au Parlement, époux de Marguerite de Bernuy, petite-fille de Jean (5, rue de la Pomme), fut en réalité partiellement reconstruit par le riche marchand Bernuy, avant 1539, échangé par lui contre la demeure que son fils Guillaume, greffier des présentations au Parlement, possédait rue Tolosane, 7, et achevé très probablement par Nicolas Bachelier en 1540 et 1544. Derrière la façade moderne, il en subsiste la première cour, de style Renaissance, en partie mutilée, avec ses fenêtres à croisillons et à meneaux et son double étage de colonnettes et corniches sous lesquelles

s'alignent des masques et des figures tirant la langue ; une porte monumentale avec de fins bas-reliefs aux écoinçons, surmontée d'une fenêtre à fronton courbe, le tout encadré de colonnes jumelées et cannelées, doriques en bas, corinthiennes en haut, livre accès à la deuxième cour; sous l'accoudoir se voit encore

IlàUl Buet (rue de la Pomme, n° 5)

Hôtel Buet.

I . Sur deux montants de la première fenêtre, rue Ozenne, les initiales B. M. sont les seuls indices qui restent.

le blason des Bernuy, martelé en 1793. Mais l'intérieur a été très remanié; une cheminée monumentale est coupée par un plancher et masquée par une cloison. La vis à repos a disparu.

Hôtel de Pins. L'hôtel de Jean de Pins, que construisit l'évêque de Rieux vers 1528 (46, rue de Languedoc) (i), fit en son temps l'admiration des humanistes par son aspect italien. Jean Voulté le comparait, en ses vers, à l'Olympe. De la double galerie de la cour, élevée pour le côté sud par Jean de Pins, évêque de Rieux, ambassadeur de François i^r à Rome et à Venise, et pour le côté ouest par Jean Nolet, marchand, qui acheta l'immeuble le 7 juillet 1542, il ne reste que quelques arcades qu'on a reconstruites, avec leurs médaillons, au-devant de la façade intérieure, les autres ayant été utilisées dans une cour de la rue Saint-Etienne, n» 10 (^). Les gargouilles et les fenêtres bâtardes sur le côté sud, ainsi que trois arceaux et les ouvertures du premier étage, sont l'œuvre de Nicolas Bachelier. Il est assez facile de restituer, par l'imagination, l'aspect de cette cour toute en lignes élégantes d'arceaux de plein cintre, où le fameux prélat pouvait retrouver l'atmosphère du palazzi de Rome, qui lui plaisait tant.

ôteld'Aldéguier L'hôtel d'Aldéguier, avec ses arcades en anse de panier surmontées d'une galerie avec tête imitée de l'antique et sa grille en fer forgé du début du xvii*' siècle, est plus connu sous le nom d'hôtel de Massas, conseiller au Parlement, et appartient actuellement au fils aîné de l'éminent et regretté bâtonnier de l'Ordre des avocats Paul Désarnauts (rue de la Dalbade, n» 29).

Hôtel Rue de la Dalbade, 31, sur une cour étroite, construite au

le La Mamye. début du xvi^ siècle, s'élève une tour hexagonale avec faux mâchicoulis et gargouilles. Du côté nord, la cour est bornée par une haute muraille à faux mâchicoulis et à tourelle ronde percée de baies gothiques; c'est le reste d'un ancien logis; sur le côté sud se superposent trois galeries en pierre à arceaux de plein cintre, accostés de colonnes aux trois ordres classiques superposés; le côté nord était le logis du premier

Actuellement hôtel de M. Antonin.

Hôtel de M. Thomas.

La Mamye, licencié en droit (1519) ; le côté sud fut édifié par son fils Guillaume, conseiller au Parlement (1528-1563).

De cet ensemble s'est inspiré le logis du premier président Hôtel Mansenca] de Mansencal (i, rue Espinasse). Sur la rue se dresse une haute tour quadrangulaire de 32 mètres de hauteur; elle contient une vis d'escalier terminée par un chapiteau corinthien soutenant une voûte cylindrique; les fenêtres, en plein

IJû/cl .llanôcncat. Rue Ej-pina^\)e, l

cintre, s'accostent de fausses colonnettes de style antique. Cette tour altière est reliée à l'aile droite du bâtiment par une coursière sur arc en anse de panier, qui évoque celle de l'hôtel d'Assézat, mais sans la valeur d'art de ce dernier ensemble. Par ces deux derniers logis s'annonce déjà le style du chefd'œuvre de la Renaissance toulousaine. Dans une dépendance de cet hôtel fut élevée, durant une partie de sa jeu-

Eôtel de Bagis îôtel de Pierre).

nesse, l'impératrice Eugénie de Montijo, qui épousa Napoléon III en 1853.

L'hôtel de Bagis, avec l'hôtel Molinier et l'hôtel d'Assézat, demeure un des joyaux de cette belle époque. Au n° 25 de

L'Hôtel Je Pierre (Basis)

la rue de la Dalbade (Hôtel de Pierre) se trouvaient, au XV® siècle, cinq immeubles, dont deux appartenaient à Ramond de Saint-Félix, conseiller au Parlement en 1478. En 1535, toutes ces maisons furent acquises par Jean de Bagis, conseiller

au Parlement de Bordeaux, puis au Grand conseil, président aux Requêtes, à Toulouse (1544), mort en 1558, après avoir épousé, en premières noces, la sœur d'Albert de Gondi, duc de Retz, maréchal de France; sa fille Marguerite eut pour mari Jean de Paulo, premier président au Parlement (1569, 1588). Ce personnage, considérable et riche, voulut élever, entre la Garonne et la rue de la Dalbade, pour en tirer profit, quatre corps de logis, chacun de deux étages, sauf le dernier, qui en devait avoir quatre pour racheter la différence de niveau. Il confia la construction à Nicolas Bachelier par un bail du i^^ mars 1537. Le grand artiste eut comme collabo-

Hôlel de Pierre (Bagis) - Cour intérieure

Plioto Latoucbe

rateurs Antoine Lescalle et Jean Albert, prieur de la Réole. Jean de Bagis s'installa en 1542, mais la construction ne fut terminée qu'en 1545. De cet ensemble, seule, subsiste la cour intérieure, une des plus belles de Toulouse. L'encadrement des fenêtres avec leurs colonnes et leurs pilastres, la porte d'entrée surtout avec ses cariatides d'une puissance michelangesque, peuvent être, avec quelque certitude, attribués à Bachelier. On peut aussi lui attribuer la partie inférieure de la cheminée monumentale, avec son linteau finement ouvragé de feuillages enroulés et ses harmonieuses colonnes doriques à cannelures. Enfin, signalons l'escalier, qui est à rampe droite, comme à l'hôtel Ulmo.

hôtel Molinier. Le logis qui donne rue de la Dalbade, 22, par une étroite îaçade et un magnifique portail d'ornementation un peu surchargée, mais d'admirable exécution, fut construit, en 1556,

HôUL Jlolinicr (de Felzins)

PIiolo I.abouche

sur l'emplacement de deux immeubles, par Raimond Bossac et Jean Molière, pour Gaspard Molinier, ex-juge d'Albigeois, conseiller du Parlement en 1537, époux de Jeanne de Boyssonné, sœur de l'humaniste. A l'intérieur, une première cour.

étroite, offre deux arceaux sommés d'un bandeau à cabochons de marbre et une tour d'escalier d'une construction remarquable; une seconde cour, plus large, a conservé encore une fenêtre style Henri II, avec ses colonnettes superposées et son fronton ouvragé (^) et, surtout, une tourelle en encorbellement dont le cul-de-lampe est un chef-d'œuvre de sculpture ornementale, avec ses trois amours joufflus soutenant une guirlande. Dans une salle du rez-de-chaussée subsiste une belle cheminée à bas-relief, représentant l'Hercule gaulois, avec deux inscriptions (-) et deux têtes d'empereurs romains dans deux médaillons P).

Iv'hôtel d'Assézat dépasse en beauté les autres logis toulou- Hôtel d'Assézat sains, auxquels, cependant, il se rattache par tant d'éléments.

Pkofo Laboucie

Hôtel à'Aôdc^al (cour intérieure

Pierre Assézat, après son mariage avec Peyrone de Cheverry, fille de Jean Cheverry, capitoul en 1535-1536, acheta, en septembre 1551, un immeuble en face du puits de la Trilhe, au coin de la rue des Giponiers ou des Ysalguier, avec issue dans la grande rue Malcousinat, ainsi qu'une petite maison sur l'emplacement du portail actuel. Le 26 mars 1555, il trai-

1. I^es meneaux ont été enlevés. De Felzins, propriétaire moderne.

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