LA RÉFORME ET LES GUERRES DE RELIGION
Dès le début du xvi^ siècle, la Réforme religieuse s'intro- Désorganisation duit à Toulouse. Ici, comme partout, ce mouvement fut ^^ l'Eglise, causé par la désorganisation du clergé catholique, dont souffraient les âmes pieuses, déjà depuis les grand conciles du XV® siècle, mais dont le spectacle devient à cette époque encore plus affligeant. L'exemple donné par les papes politiques tels qu'Alexandre VI Borgia, Jules II, Léon X est suivi par le reste de l'Eglise. Les réguliers n'observent plus guère les vœux et échappent aux disciplines conventuelles. Les chanoines se sécularisent : c'est le cas de ceux de Saint- Sernin (1526) et de Saint-Etienne (1510). Les séculiers, bien plus mêlés à la société laïque, assujettis par le concordat de 1516 à l'autorité du roi, qui était maître désormais de la nomination aux bénéfices, subordonnent le spirituel au temporel. Beaucoup d'évêques ne résident pas, songent seulement à s'enrichir en cumulant évêchés et abbayes ou à servir le roi comme diplomates ou ministres. Jean d'Orléans est archevêque de Toulouse à onze ans; son successeur, Gabriel de Gramont (1533-1534), passe presque toute son existence dans les ambassades; il mourut onze jours après son entrée au château de Bal ma. Odet de Châtillon, qui le remplace, est né en 151 7; il lui faut une dispense pour recevoir les ordres; fils de Louise de Montmorency, frère de l'amiral Gaspard de Coligny, ce grand seigneur, cardinal-diacre à seize ans, col-
Influence
de la
Renaissance.
lectionne les bénéfices. En 1550, il échange l'archevêché de Toulouse pour l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Iyoire, que lui cède Antoine Sanguin, cardinal de Meudon. Celui-ci étant mort en 1559, il reprend Toulouse, qu'il cède à nouveau, en 1562, à Georges d'Armagnac, moyennant les abbayes de Couches et de Belleperche. De tels négoces, l'abus des commendes, la négligence de ces prélats nobles et courtisans à remplir leurs devoirs pastoraux, l'oubli de la règle du célibat, leur amour des richesses ou même — c'est le cas d'Odet de Châtillon — leur goût pour les doctrines nouvelles, tels sont les scandales qui démoralisent les croyants et frayent la voie à la Réforme.
Les dogmes même du catholicisme, peu à peu formés par l'interprétation des lyivres saints, parles décisions des conciles et des papes, s'étaient figés en des formules scolastiques
AfaiiWn du \i L^ <)icclc, place ^aml-i^crnui
dérivées pour la plupart de saint Thomas d'Aquin, le vrai père de la théologie catholique au moyen âge. Ce qu'ils gagnaient en rigueur et en force juridique, ils le perdaient en signification profonde, en force vivante, en s' éloignant tous les jours davantage des textes des Evangiles. Beaucoup de fidèles, dont l'esprit s'ouvrait aux lumières de la Renaissance, au désir de chercher et de savoir, souhaitaient confronter
leurs croyances avec les textes saints désormais publiés, dans leur teneur latine, grecque ou hébraïque, dans leurs traductions en langue vulgaire. Rares étaient ceux qui trouvaient dans ce retour à l'Evangile des raisons de doute ou de scepticisme; l'immense majorité y puisait, au contraire, une foi plus vive. lycs premiers réformateurs furent des humanistes : tels Lefèvre d'Etaples, le traducteur français des Testaments, le commentateur des Epîtres de Saint-Paul; ses disciples, Budé et Vatable; sa protectrice, Marguerite d'Angoulême, sœur de François 1^^. A Toulouse, le juriste et humaniste Jean de Bo^'ssonné reste le meilleur représentant de ces idées nouvelles; encore fidèle au catholicisme, il s'éloigne cependant de la théologie universitaire; pour lui, comme pour le groupe de Meaux (^), les œuvres comptent peu auprès de la foi, les rites extérieurs et officiels auprès de la pure doctrine du Christ et des apôtres. Ces premiers réformateurs humilient l'homme devant Dieu, cherchent le salut dans son seul appui, c'est-à-dire dans sa grâce, réservée aux élus. C'est déjà l'esprit du calvinisme. Aussi, les doctrines de Luther et de Zwingle, puis de Calvin, répandues en France de 1521 à I535> trouvèrent-elles dans les milieux intellectuels et bourgeois un terrain déjà préparé et favorable.
Une première réaction contre les mœurs qui déconsidé- Essai de réiorm
raient le clergé est marquée par la réforme de certains ordres ^^^. .
,.. ^ ., , , -1 . ordres religieux
religieux. Comme toujours, c est dans le monde des moines
que commence l'épuration, par un retour à la rigueur des règles primitives trop souvent violées. A Toulouse, la réforme des Carmes est de 151 7; celle des Augustins, de 15 19; celle des Cordeliers, de 1522. Celle-ci ne se fit pas sans résistance; les religieux de Saint-François ne se soumirent que lorsqu'on eut braqué un canon sur la porte de leur couvent qu'ils avaient barricadée; mais une scission se produisit : les Cordeliers de la Grande-Observance continuèrent à occuper le couvent et l'église de la rue du Collège-de-Foix, tandis que les religieux de la Petite-Observance allèrent se fixer au monastère de Saint- Roch, plus tard appelé des Récollets. Dans le monde des réguliers, la fermentation demeure assez
I . C'est celui qui s'est formé autour de Briçonnet, évêque de Meaux, de I,efèvre d'Etaples et ses disciples
Les forces
de résistance.
Université.
Parlement.
vive pour que la Réforme luthérienne ou calviniste y recrute de bonne heure de nombreux adeptes. Luther lui-même est moine augustin; parmi les premiers martyrs languedociens du protestantisme, les moines figurent en bonne place.
L'Université demeure un des centres de résistance à la diffusion des nouvelles doctrines. La vigoureuse épuration qu'elle opère dans son sein, entre 1530 et 1535, aboutit à l'expulsion des humanistes suspects de professer les doctrines de Luther ou, tout au moins, celles du groupe de Meaux. En 1530, Bunel est chassé de Toulouse; les professeurs Othon et Mathieu Pac s'exilent en 1532; Jean de Boyssonné abjure ses erreurs et quitte bientôt Toulouse pour Chambéry. Etienne Dolet est emprisonné pour avoir parlé des « cérémonies grotesques et des superstitions » du catholicisme. Cependant, le rôle de l'Université de Toulouse demeure bien moins marqué que celui de la Sorbonne; il s'efface surtout derrière celui du Parlement, que la culture de ses membres n'empêche pas de rester, dans l'ensemble, le vigilant défenseur de l'orthodoxie. Cette cour est chargée de tenir la main à l'observation des édits ro3'aux, à partir de 1534, date à laquelle François I^^", d'abord curieux et sympathique à l'égard des idées nouvelles, se décide à sévir contre leurs propagateurs. L'ordonnance de 1540 remettant aux officiers royaux la poursuite de l'hérésie, complétée par celle de 1543, qui en partageait la connaissance entre les juridictions royale et ecclésiastique, donnait au Parlement de Toulouse un rôle de premier plan : il veillait au commerce des livres par lesquels se répandait la Réforme; les « cas privilégiés » ou hérésie avec scandale public, prêches, célébration du culte réformé, relevèrent exclusivement de sa juridiction à dater de Henri II (ordonnance de 1549; ^^^'^ ^^ Châteaubriant, 1551). François 1^^, à la fin de son règne ; Henri II, pendant tout le sien, ne cessent de stimuler son zèle, au service duquel le terrible édit de Compiègne (1557) met la peine de mort, unique punition des sectateurs de la Réforme. En 1541, en 1548, le Parlement envoie des commissaires à Nîmes, à Fleurance, dans le Velay, le Gévaudan et le Vivarais, pour 3^ juger et punir les nouveaux hérétiques. Bien plus qu'à l'Eglise, c'est à lui qu'incombe la défense du catholicisme menacé.
Dès 151 1, un docteur en médecine, Gondy Salvi de Molina, I^es persécutions, est brûlé à Toulouse comme hérétique et apostat; en 1520, un autre hérétique est condamné au feu. A partir de cette date, les doctrines luthériennes se répandent en France, La Réforme est prêchée à Castres, en 1527, par un cordelier; à Annonay, en 1528, par deux moines du même ordre : .le premier est incarcéré à Toulouse et empoisonné ; les deux autres, brûlés vifs. En 1531, l'évêque d'Oléron est condamné à la prison perpétuelle pour avoir adopté et tenté de répandre le luthéranisme à Carcassonne. En 1532, le 31 mars, trente-deux hérétiques sont condamnés à mort par contumace; parmi eux, deux cordeliers, dont l'un, de Nupces, se réfugie chez la reine de Navarre. Cette même année vit l'exil des humanistes et l'abjuration de Jean de Boyssonné. I^e 10 septembre 1538, c'est l'inquisiteur de la « Foi » lui-même, le jacobin Louis Rochette, qu'on étrangle et qu'on brûle comme protestant. En 1543, un autre moine, le cordelier de Marsis, apôtre de la Réforme à Castres, subit le même supplice; en 1546, un jacobin a le même sort. La Réforme menaçait d'envahir l'Eglise; l'archevêque de Toulouse ne cachait pas ses sympathies pour elle; il devait se faire protestant en 1561. L'évêque d'Uzès, Jean de Saint-Gelais, se convertit au protestantisme avec quelques chanoines. Un peu plus tard, c'est l'évêque de Montauban qui se marie et qui renonce à ses fonctions. Les réformés cessent d'attendre passivement les persécutions; ils s'enhardissent, troublent les offices comme, en 1547, à Saint-Pierre de Cuisines, interrompent les prêches de moines franciscains (1548) ; les étudiants fournissent à la secte de nombreux adhérents, quatre mille, dit-on, vers le milieu du siècle.
En 1548, les capitotds font saisir les livres suspects et défendent les assemblées. Au Parlement de Toulouse, comme à celui de Paris, Henri II forme une Chambre ardente spécialement destinée à la poursuite de l'hérésie et composée d'un président et de douze conseillers. Mais, dans le Parlement même, le calvinisme a fait des prosél5^es; les conseillers Antoine de Lautrec, Saint-Germier et Jean de Coras, ce dernier une des lumières du droit à Toulouse, ont adopté la doctrine de Genève; les deux premiers se réfugièrent auprès
L'Eglise protestante à Toulouse.
\lctoire des protestants.
L'Edit de janvier 1562.
de Calvin en 1554 et furent brûlés en effigie à Toulouse. De 1548 à 1559, la persécution redouble et, avec elle, se multiplient les réformés et s'accroît leur audace. Lueurs livres saisis sont livrés aux flammes et le libraire qui les débitait condamné sévèrement {1552) ; sept réformés périssent sur le bûcher; d'autres sont condamnés à la prison perpétuelle. IvCS persécutés ripostent en renversant les croix; en 1555, ils arrachent et jettent dans un puits les statues de saints de la façade de Saint-Etienne. Dans cette église, le jeudi de l'octave du jour du sacre, un cri de «au luthérien! » ayant été poussé, une sédition éclata avec morts et blessés. Déjà s'annoncent les violences de la période qui s'ouvre avec la mort de Henri II.
I,e nombre des calvinistes est déjà assez grand à Toulouse pour que se constitue la première communauté des fidèles, en 1558. Elle fut organisée par Jean le Masson, dit Vignault; Nicolas Folcon, dit la Vallée, ancien carme, et Molineau. Peu après, on la voit dirigée par Barelles, cordelier défroqué. Cette Eglise naissante fut mère de celle de Montauban, qui devait se développer avec tant de vigueur et de rapidité ; elle députe au Synode de mai 1559, tenu à Paris, qui dota la France protestante de sa première organisation religieuse. Bien que nous n'ayons aucune précision sur l'effectif de ses fidèles, nous savons cependant que les adeptes ou les sympathisants sont puissants et nombreux : le viguier Jean Portai, les capitouls de 1561-1562, Hunauld, baron de Lanta, Assézat, MandineUi, Ducèdre, Dareau, GaneUon, Pastoureau, Vignes, une vingtaine de parlementaires, près du tiers de la Cour, comptent parmi ceux qui réclament le libre exercice du culte pour la nouvelle religion, s'ils ne la pratiquent pas eux-mêmes. A Toulouse, en 1562, des témoignages suspects d'exagération portaient à vingt-cinq miUe le nombre des protestants agglomérés dans la ville; mais un autre texte, mentionnant quatre mille réformés en 1561, paraît répondre davantage à la réalité historique.
lya mort de Henri II et l'avènement de son fils François II (1559), en donnant le pouvoir aux Guises, oncles de la reine et catholiques fanatiques, ne fit qu'accentuer les progrès des réformés. I^a conjuration d'Amboise, organisée pour enlever
le roi et se défaire des ministres, comprenait en majorité des protestants et était secrètement dirigée par le prince de Condé, ardent réformé, frère du roi de Navarre, Antoine de Bourbon, premier prince du sang. Condé fut arrêté à Orléans et ne fut sauvé que par la mort de François II (5 décembre 1560). L'avènement du jeune Charles IX, encore mineur, donna la régence et la direction des afïaires à Catherine de Médicis, sa mère, et au premier ministre, le chancelier Michel de l'Hospital, ancien étudiant de notre Université. Partout, déjà depuis 1560, se déchaînaient les passions religieuses, éclataient troubles et séditions. A Toulouse, en mars 1560, on chanta à la Dalbade, pendant le sermon, des psaumes de Marot. En mai, en pleine église Saint-Sernin, tm marchand interpelle le prédicateur, lui crie qu'il ment : on le tue sur place. Autour de la ville, partout des prêches en armes; à Montauban, la messe est abolie, les prêtres incarcérés. En mars 1561, un prêche protestant a lieu au collège de l'Esquile, un autre en public, qui est signalé par des désordres. Tout autour de Toulouse (septembre-octobre 1561), les huguenots s'emparent de Lavaur, Rabastens, Réalmont, Revel, Castres, Castelnaudary, GaiUac, Villefranche-de-Lauraguais. Les religieuses de Lespinasse se convertissent et se marient à des protestants montalbanais. Partout, les réformés réclament le libre exercice de leur culte. L'édit de juillet 1561 n'accorde que la liberté du culte privé, à huis clos, et interdit encore les conventicules. Mais Michel de l'Hospital et Catherine de Médicis, pour des raisons politiques, évoluaient vers la tolérance. Après le colloque de Poissy (octobre 1561) (^), le Chancelier fit droit aux vœux des réformés par l'édit du 17 janvier 1562, qui accordait aux protestants la liberté du culte hors les murs et des conventicules dans les maisons privées intra niuros.
Alors s'élève le premier temple protestant à Toulouse, Prêches publics hors la porte Villeneuve, simple hangar en planches. Le ^ Toulouse. 7 février 1562, cinq mille personnes assistèrent au premier prône public, sous la protection de la garde des capitouls, cent soldats que nos magistrats avaient obtenus pour leur
I. Réunion d'évêques et de ministres protestants, convoquée par la reine mère pour tenter de concilier les deux confessions.
sûreté. Cet événement si nonvean et l'attrait de la parole du ministre Abel de Nort avaient, sans donte, rassemblé autant de curieux que de fidèles. Les catholiques s'indignaient d'une si grave concession aux calvinistes. Le 19 février, un gentilhomme protestant ayant été tué d'un coup d'arquebuse tiré imprudemment par un soldat, son cadavre fut porté par ses coreligionnaires à la Maison commune; on craignit une émeute; les catholiques se retranchèrent dans leurs maisons. Tout est prêt pour une guerre civile, dont les prodromes s'aperçoivent partout et qu'allait déchaîner le massacre des protestants à Wassy {i*^^ mars 1562), massacre ordonné par le duc de Guise et sa suite.
La première
guerre religieuse
Les journées
de mai à Toulouse.
A cette sanglante exécution répondit la prise d'armes de Condé, chef des calvinistes, qui s'empare d'Orléans (2 avril). Tandis que les catholiques se groupent autour du triumvirat François de Guise, Montmorency et Saint- André, Condé adresse un appel à toutes les églises réformées de France. Ces événements allaient avoir à Toulouse de graves répercussions.
Depuis que le roi avait autorisé les prêches protestants, la ville se trouvait en effervescence. l,e 2 avril, l'enterrement « à la huguenote » d'une femme du peuple, au faubourg Saint- Michel, déchaîne une véritable émeute catholique qui éclate avec le tocsin, soulevée par les excitations des prêtres. Les capitouls arrêtèrent une cinquantaine de séditieux. Le président Mansencal convoqua, aux Augustins, une assemblée des principaux de la ville; cet homme de cœur fit décider qu'on garantirait aux réformés l'observation de l'édit de janvier, tout en leur défendant d'escorter leurs ministres se rendant aux prêches et en interdisant aux prêtres de sonner le tocsin. Les séditieux furent déférés au sénéchal et aux capitouls. Mansencal exhorta tout le monde à la tolérance et à la modération, reprenant à son compte les belles paroles de l'Hospital aux Etats d'Orléans (^). Mais les catholiques
I. « Otons ces mots diaboliques de papistes, huguenots; ne changeons le nom de chrétiens. »
ne suivaient guère ces nobles conseils; ils suspectaient à bon droit les capitouls, presque tous gagnés à la nouvelle secte, le sénéchal Bernard de Vabres, baron de Castelnau-d'Estrétefonds, catholique fort tiède; le viguier Jean Portai, huguenot notoire; le Parlement, dont vingt-cinq membres étaient acquis ou sympathiques à la Réforme; le premier président lui-même, dont la hauteur d'âme dominait la mêlée mais leur paraissait une vraie trahison.
Ils songèrent à se protéger eux-mêmes; les communautés religieuses, les chapitres Saint-Etienne et Saint-Sernin, alarmés par les nouvelles venues de tous les environs, prirent à leur service des soldats pour les garder ; quelques parlementaires firent de même. Les capitouls se plaignirent qu'on levât des troupes sans leur aveu et ordonnèrent l'expulsion de ces troupes, que le Parlement arrêta. Il est vrai qu'euxmêmes avaient porté de cent à cinq cents hommes la garde que le lieutenant gouverneur, deCrussol, leur avait accordée, et qu'ils laissèrent ou firent entrer cinq cents soldats protestants fournis par les communes entourant Toulouse. Toute la question était de savoir lesquels seraient maîtres de la ville, des religionnaires ou des catholiques.
Ce furent les calvinistes qui prirent l'initiative. En avril, le capitoul Hunauld, baron de Lanta, fut envoyé à Condé pour lui proposer de lui livrer Toulouse (^), à la condition qu'il détachât, pour l'occuper, les levées que faisait le vicomte d'Arpajon dans les Cévennes. Montluc, gouverneur de la Guyenne, averti de cette démarche, informa Mansencal (9 mai), tandis qu'une lettre d'Hunauld était interceptée à la porte vSaint-Etienne. Armé de ces preuves, le premier président réunit le Parlement, constitua une commission de huit conseillers, fit comparaître les capitouls, qui jurèrent que le baron de Lanta se trouvait à Bordeaux. Les ayant convaincus
Protestants
et catholiques
s'arment.
Ive complot protestant.
I. IyCS protestants avaient formé le dessein de se rendre maîtres de la ville afin de favoriser le prince de Condé; il venait de prendre les armes par les ordres de la reine régente pour délivrer le roi de la tyrannie du triumvirat qui s'était renelu maître de sa personne et l'avait emmené de force à Paris. L'entreprise des Réformés était donc légitime et la révolte n'était pas de leur côté. Si la reine était réunie avec le prince de Condé, il est évielent que le parti fidèle était celui des protestants et que les catholiques étaient les rebelles {Pièces historiques relatives aux guerres de religion à Toulouse, 1862).
de mensonge, Mensencal se saisit du gouvernement de la ville, adjoignant aux capitouls douze bons citoyens et déléguant la président du Faur et cinq conseillers à la direction du conseil de ville; en même temps, le Parlement décréta d'arrestation Hunauld, qui se réfugia dans ses terres, demanda du secours à Montluc et au vicomte de Joyeuse (^) et ordonna des levées de soldats.
Prise Ivcs protestants résolurent de prévenir les catholiques. I^es
de l'Hôtel de ville principaux d'entre eux, dont le ministre Barelles, partisans
de l'action, tinrent conseil chez le viguier Jean Portai. Dans
la nuit du II au 12, le capitaine Saux et le capitoul Ducèdre
par les protestants.