‹ Histoire de ToulouseChapitre 134 sur 317 · I. A 2 kilomètres de Montastruc (Haute-Garonne · texte numérisé non relu

I. A 2 kilomètres de Montastruc (Haute-Garonne

l'un est moderne, l'autre, devant servir vraisemblablement à perpétuer la mémoire d'un ordonnateur du château, est surmonté d'un heaume avec le chef chargé de trois soleils et portant un aigle éplo3'é dans le cœur. Une réelle richesse de luxe a été déployée dans la décoration intérieure (i).

Cbâleau de Cadcclardlt

Conclusion

sur laRenaissance

monumentale.

ly' aspect de Toulouse sous la Renaissance devait, sans aucun doute, évoquer celui d'une ville italienne, avec ses nombreuses et magnifiques demeures. Il justifia l'admiration que lui ont, à cette époque, témoignée les étrangers. Scaliger (Joseph Juste) (^) l'a célébrée en latin et en français. v^Tholosa hahet palatia multa — est pulchrior Lutetia. » Et ailleurs : « Tholose est une plaisante ville; c'est la plus belle de France; ce sont des palais que ses maisons. »

La sculpture.

Etroitement associée à l'architecture, la sculpture du XVI® siècle n'est guère représentée à Toulouse que par les ornements des logis. Nous ne possédons, au musée des Augus-

1. M. Pierre Ducis est propriétaire de ce château de Casselardit depuis de longues années.

2. Fils de Jules lycsa Scaliger, né à Agen en 1540, mort en 1609, érudit et humaniste.

tins, que quelques fragments de rétables, entre autres une tête probable de saint Jean provenant du rétable de l'Assomption, à Saint-Etienne, œuvre vraisemblablement de Nicolas Bachelier. Mais les cariatides de l'hôtel de Bagis, les statues de l'hôtel de Jean Burnet, les angelots de la tourelle de l'hôtel de Gaspard Molinier, œuvres dont nous ne connaissons pas les auteurs, témoignent de l'existence, à Toulouse, au XVI® siècle, d'une école de sculpture vivante, formée par l'étude des modèles antiques et surtout italiens, nourrie par une sève locale drue, vigoureuse, dans laquelle se sont peutêtre infusés des apports étrangers, en l'espèce bourguignons, lycs caractères de cette école semblent être : le goût très vif de la nature, une imagination très éveillée et souvent fantaisiste, une virtuosité technique indéniable, le goût des belles formes, pleines et abondantes, voisinant avec une délicatesse charmante de ciseau dans l'ornement, mais aussi avec une tendance à la surcharge et à l'amplification exubérante.

S'il reste peu de spécimens de l'architecture du bois, il Le bois,

n'est pas douteux que des colonnettes et même des figures ^^ mobiher. de bois sculpté ornaient jadis beaucoup de fenêtres de logis (^). Il existait, à Toulouse, des ateliers prospères de sculpteurs sur bois, qui reproduisaient les motifs des principaux hôtels ou qui les imitaient. Telles sont les boiseries du château de Pibrac, qui ornent encore ce qui fut le cabinet de travail du chancelier Guy du Faur de Pibrac, avec leurs cariatides, leurs mascarons, leurs griffons, leurs sirènes et leurs vases, dans des enroulements de feuillages. Les beaux meubles, fouillés en plein bois, décorés de hauts reliefs ou de motifs ornementaux, abondaient assurément dans ces opulents logis. Le buffet du cabinet de du Mège, aujourd'hui au musée Saint-Raymond, en est un bel exemplaire ; par malheur, les collections particulières, qui nous en avaient conservé d'assez nombreux spécimens, ont été dispersées ou achetées par des musées étrangers (^), sans que les nôtres aient été autorisés ou mis en mesure de les acquérir.

1. Il en reste encore au coin de la rue Malcousinat et rue Saint- Jean, derrière la Dalbade. Deux figures de bois sont au Musée.

2. I^a collection Soulage est au Kensington Muséum, à I^ondres.,

Ferronnerie. Le heurtoir de l'hôtel d'Assézat, la belle serrure de l'archi-

vaire du moulin du Bazacle, aujourd'hui au musée Saint- Raymond, sont parmi les rares vestiges de l'art de nos ferronniers et de nos ciseleurs, aussi réputés que Tes ouvriers du bois.

La peinture. Pour la peinture, à Tou-

louse, la Renaissance est une époque d'évolution décisive, lycs miniatures des Annales deviennent alors de véritables tableaux d'histoire, et les portraits qui y figurent sont non seulement des documents importants, mais souvent des œuvres de talent.

Plus heureux que pour les sculpteurs, nous avons conservé les noms de ces peintres. Le frontispice du second volume, qui est de Charles Pingault, est d'une manière déjà différente de celle des enlumineurs du siècle précédent et s'inspire de la décoration italo-antique. Antoine Durand et, surtout, Serves Cornoailles et Jacques Bol-

vène, tout en collaborant à l'histoire de Toulouse, ont orné de tableaux les murs du Consistoire. De Jacques Bolvène, le Musée conserve une toile sur les devoirs des magistrats, peinte en 1595, tout imprégnée des procédés italiens. Si ces artistes ne sont pas de tout premier ordre, ils s'intègrent dans un mouvement général d'art, dont peu de villes en France peuvent s'enorgueillir.

Heurtoir, porte 0e l'Hôlel d'Aidézat

BIBIvIOGRAPHiE

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