‹ Histoire de ToulouseChapitre 173 sur 317 · I. Ou Mathali · texte numérisé non relu

I. Ou Mathali

joueurs d'instruments, tant hauts que bas, dans tout le royaume de France « (lettres patentes d'Henri IV, 22 septembre 1608). Cette nomination suscita l'hostilité des « sonneurs d'instruments » de Toulouse, qui l'attaquèrent. Mais le Parlement donna raison à « Mathali », que lyouis XIII confirma en ses honneurs en le nommant « roi des violons de France ».

Avec le compositeur Jean Gilles (1669-1700), dont une messe de Requiem établit en son temps la célébrité, c'est ce qu'a produit à Toulouse l'art de la musique, si florissant alors à Paris.

La ville Toulouse, au xvii® siècle, garde son aspect général du

au xviie siècle, xvi^ siècle; aucune transformation d'ensemble n'est envisagée par le Consistoire, qui s'est contenté d'aménagements de détails. Dans son enceinte de murs et de tours, désormais inutile et telle que nous la restituent les plans de 163 1 et de 1677 (plan de Jou\an de Rochefort), elle n'apparaît guère différente de ce qu'elle était au moyen âge. Cependant, il apparaît, par une ordonnance sur la voirie de l'année 1688 (^), que les « quartiers » tendent à remplacer dans la pratique les anciens capitoulats, avec lesquels ils ne coïncident plus, généralement.

Le Pont-Neuf ^ côté du Pont-Couvert, abîmé par l'inondation de 1637-

le pont de Clary 1638, et dont la démolition, ordonnée en 1639, se finit en 1658 par la destruction du pilier incliné et, en 1686, de la tour d'entrée de Loys Privât, le Pont-Neuf s'achève avec une sage lenteur. La huitième pile est terminée en 1609 par Souffron; on ménagea provisoirement un passage en charpente, rompu en 1607, 1608 et 1609, détruit entièrement par l'inondation du 14 mai 1613. On construisit alors, en face de la Dalbade, un pont de bois, dit pont de Clary, du nom du président qui en avait eu l'idée Ce pont dura jusqu'à l'inondation du 1**^ juin 1636, qui l'emporta. En 1614, Jac-

I. Règlement pour le nettéiement des rues, etc.. fait par nous, les Capitouls de l'année 1 688, cité in extenso dans Ariste et Braud. Exemple : I,e premier quartier comprend tout le faubourg Saint-Cyprien.

et la place du Pont.

ques Ivemercier, architecte du roi, prit la direction des travaux du Pont-Neuf. En 1627, la dernière arche était terminée; en 1632, la chaussée était pavée et le pont livré à la circulation, quoique tout ne fût pas fini. Large et robuste, il a résisté depuis à tous les assauts du fleuve. En 1637 fut tracée l'avenue du côté de Saint-Cyprien ; en même temps s'élevait (1643) l'arc de triomphe qui formait l'entrée du pont sur la rive gauche. Le sculpteur Affre y disposa, regardant la ville, la statue équestre de Louis XIII et, regardant le faubourg, deux statues soutenant la couronne de France. Sur la rive droite s'éleva peu après, avec une extrême lenteur, la place du Pont, aux maisons d'un style uniforme, s'étendant de la rue Descente-de-la-HaUe au couvent de la Daurade et de la berge du fleuve aux rues du Pont- Vieux et Lanternière, sur le sol des vieilles habitations et des anciens jardins; les démolitions commencèrent (n 1603; les dernières maisons s'élevèrent en 1688. Cette place constituait un beau décor et une entrée digne de la cité; de nombreuses statues ornaient, à l'extérieur, les édifices; d'Antoine Guépin, on remarquait les figures de femmes dans des niches et, à l'angle de la maison côté nord, un Christ, copie du Michel- Ange de la Minerve (1682) ; la même maison présentait un buste de Louis XIV (1663), avec armoiries, trophées, captifs et huit blasons capitulaires, de Jean Ayries et Nicolas Duchesne. Du côté sud, la maison d'angle reçut un buste d'Henri IV orné de victoires, de Pierre Soufïron, enlevé de la Halle, ainsi que la Vierge foulant aux pieds V hérésie, de Gervais Drouet (1662). Cet ensemble décoratif était à peine ébauché lorsque Louis XIV (14 octobre 1659) ^^ son entrée à Toulouse par l'arc de triomphe.

Tout à côté, en 1609, fut réédifié le logis de la Halle aux poissons, qu'un pont de bois, le pont de la Halle, rebâti après l'inondation de 1608, reliait à la pointe nord de l'île de Tounis; mais, en 1651, le mur du logis s'écroula; on démolit, au reste, une partie de la Poissonnerie pour élever les maisons de la place du Pont; la reconstruction n'en était pas encore achevée en 1680.

Les capitouls ont continué, au xvii^ siècle, la reconstruction de la Maison commune, sans plan d'ensemble, édifiant de nouveaux bâtiments, dont le style ne correspondait pas

La halle aux poissons.

Les travaux

de

l'Hôtel de ville.

aux anciens. Par chance, la cour Henri-IV nous reste encore, témoignage charmant d'un art très français d'inspiration, indéniable réussite qui contraste avec les banalités pompeuses de l'entourage. Commencée en 1601, sur les plans de Soulïron, par la galerie nord, continuée en 1608 par la galerie sud, elle fut complétée par la transformation du portail du corps de garde (1607-1609), avec sa fenêtre à deux pilastres et ses statues de sainte Luce et de sainte Catherine dessinées par Chalette, et par la surcharge du portail de Bachelier, qu'on surmonta d'une niche d'azur à lis d'or et d'une coquille d'argent encadrant la statue d'Henri IV, de Thomas Artamat ou Harfanat. En 1626, sur la façade ouest, au bout de la galerie sud, fut aménagée la salle des Jeux Floraux, décorée par Jean Chalette, devenue, en 1684, le local de l'Académie. Le grand escalier menant aux galeries fut bâti, en 1608, en face de la porte du Grand- Consistoire ; il fut reconstruit par Jean Ayries, en 1674, lorsqu'on aménagea la salle des Illustres, avec deux salles voisines de celle des Jeux-Floraux, dont il fallut mettre les planchers de niveau avec ceux des galeries; c'est là que devaient figurer les effigies des célébrités toulousaines, légendaires ou authentiques. Au-dessus des arcades nord, en haut de l'escalier, un portique monumental d'Antoine Guépin ouvrit sur la salle des Pas-Perdus, couverte d'un plafond à poutrelles, orné d'une image de Clémence Isaure par Rival z et de quarante portraits capitulaires. En face, la galerie sud, terminée en 1617, devint un dépôt d'armes, puis, en 1626, l'atelier du peintre Jean Chalette et, finalement, en 1681, la salle de peinture ou de perspective (^) dont les capitouls prétendirent faire un musée de l'histoire toulousaine, racontée par les tableaux de Rivalz, de Bon Boulogne, de Jouvenet et de Coypel i^). Enfin, la porte "du second vestibule donnant sur la cour de l'Horloge fut ornée de deux Renommées par Antoine Guépin (1684).

Le nouvel De 1613 à 1620, l'Arsenal se transforma et s'agrandit

arsenal. jusqu'à la rue Villeneuve (Lafayette). Son entrée sur la troi-

sième cour fut ornée, par Pierre Levés ville, d'une porte

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