Du nom d'un tableau de Rivalz, perdu
2. Trois de ces tableaux sont au Musée, notamment la Fondation d'Ancyre, par Rivalz.
accostée de deux canons et de deux barils de poudre en guise de colonnes et de chapiteaux, et surmontée d'une statue de lyouis XIII, de Legoust, dans une niche. Sur la rue Villeneuve, dans le mur de style sévère, avec meurtrières et mâchicoulis, s'ouvrit une porte très simple encadrée de deux tourelles en encorbellement; sur la cour intérieure, un portail très orné se sommait de la statue équestre de lyOuis XIII foulant aux pieds l'hérésie, d'Arthur Legoust; ce dernier portail fut transporté, en 1671, à l'entrée principale de l'Hôtel de ville, rue Neuve, et l'on encadra l'effigie du roi de deux bronzes représentant la Force et la Justice (^) ; on remplaça le portail par la porte de Jean Aleman, qui devint, ainsi, l'entrée intérieure de l'Arsenal (1676). Quant à l'Arsenal lui-même, il devint la Commutation (1686) quand Louis XIV eut enlevé à la ville tout le matériel de guerre. En 1621, le local de l'Ausidou fut transformé en corps de garde pour les archers du guet. A l'angle de la rue Porte-Neuve, des immeubles furent achetés sous lyOuis XIV à des particuliers et, en 1689, on y édifia la construction connue sous le nom de Petit- Versailles, avec une tourelle en encorbellement, à l'angle de la rue ; cette construction servit à loger les officiers municipaux. Au total, rien d'essentiel n'est changé à l'aspect général de l'Hôtel de ville, avec ses bâtiments incohérents séparés par des cours et des jardins. La création d'une grande place devant sa façade ouest, envisagée en 1676, resta plus de trois quarts de siècle à l'état de projet.
Dans les dépendances du vieux logis de l'Ecu s'installa Le Théâtre, le théâtre, à la même place qu'il occupe aujourd'hui; ce fut d'abord une salle de spectacle très simple, où les acteurs jouaient sur des tréteaux. Molière s'y produisit avec sa troupe en 1645. Des aménagements et embellissements successifs (1671-1701) en firent la Comédie, d'aspect très convenable. Au début du xviii^ siècle, rue Pré-Montardy, se bâtit une salle d'opéra, avec une scène plus grande et une machinerie compliquée. Toulouse avait ses théâtres, comme Paris, avec un retard d'un quart de siècle sur la capitale.
I. Rappelons que les deux portes, porte intérieure et portail de Jean Alcnian, sont au Jardin des Plantes.
Les bâtiments
du
Parlement.
Les monuments religieux.
Sanctuaires disparus.
Même absence de plan d'ensemble en ce qui concerne les bâtiments du Parlement. Après l'installation de la Viguerie place de la Daurade, et de la Sénéchaussée rue Mirabel, on construisit, sans ordre et sans goût, les locaux indispensables à la seconde Cour du royaume : la Tournelle qui s'ouvrait rue des Fleurs, la Table de Marbre près de la place du Salin, la salle d'audience de la Chambre des Requêtes, celle des Procureurs et Huissiers, du côté des fortifications; au premier étage furent aménagés le Parquet, la Chambre des Requêtes, les trois Chambres des Enquêtes, les deux bureaux de la Grand 'Chambre, la Chambre de la Table de Marbre, les Greffes et les Archives. De ces bâtiments, il reste la Chambre dorée, qui reçut, au xvii^ siècle, son ornementation de goût italien(^), ainsi que le plafond delà troisième des Enquêtes, dont les neuf caissons représentent les travaux d'Hercule. Mais nous n'avons plus la porte de Verdun, élevée à l'entrée de l'enceinte du Parlement (place du Salin) par le premier président de ce nom, dans le st^de italo-classique. Les bâtiments du Parlement formaient un ensemble peu décoratif; ils étaient encombrés de taudis, de boutiques ou badorques, au travers desquels courait la rue Neuve, unissant la porte de Verdun à la Grande Cour et à la Conciergerie, qui s'ouvrait rue de l'Inquisition.
Bien que le xvii*^ siècle ait été une époque de ferveur catholique, aucun monument ne s'éleva à Toulouse qui se puisse comparer à Saint-Sernin ou aux Jacobins.
Il en est quelques-uns qui ont disparu lors de la Révolution : telle l'église des Feuillants, élevée par Levesville ; telle la chapelle de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, contiguë à l'église des Carmes, une des plus belles de la ville, construite et décorée aux frais de Gabriel Vendages de Malapeire (1671- 1692). Il en subsiste les quatre statues des saintes de l'ordre, par Marc Arcis (au Musée). Mais le tombeau du donateur, par le même, a été détruit, comme les peintures de Jean
I. La Chambre dorée tire son nom du magnifique plafond en bois sculpté, or et bleu, dont les divers caissons figurent notamment les trois Vertus théologales, la Charité allaitant vm enfant et rappelant les dessins de Giovanni !Mannozi, la Justice, la Paix, la Vérité, la Victoire, la Renommée, l'Immortalité. Cette Chambre dorée est tapissée des portraits des premiers présidents des xix^ et xx« siècles. (V. Capitale et Parlement, Henri Ramet.)
de Troy, d'André Lèbre, de François Fayet et de Jean- Michel de Cotelle, beau-frère de Jean de Troy, d'Hovart, élève et neveu de Le Brun.
Le grand incendie du 9 décembre 1609, qui anéantit la Saint -Etienne, couverture ou charpente du chœur de vSaint -Etienne ainsi
PiéJrottô î)c la porlc Je la salle capitulairc îni clollrc Je Sainl-Ettcnne.
que les boiseries et le mobilier, a^^ant ému la ville, une souscription publique, à laquelle participèrent tous les corps de la ville, permit enfin de terminer en pierre la voûte du sanc-
L'église des Pénitents-Bleus (Saint-Jérôme).
Eglises des Chartreux.
Saint-Exupère.
tuaire de Bertrand de l'Isle [^). En trois mois (1611), Pierre lyevesv^lle acheva l'ouvrage. Mais sa voûte, plus basse que le plan primitif ne le demandait, jure avec les parties inférieures du chœur. En 1612, on sépara le chœur de la nef par im très beau jubé démoli en 1866 (^). On refit le mobilier, on para les larges baies de lumineux vitraux (^). De 1660 à 1668 fut achevé le rétable de Pierre Mercier et Gervais Drouet, ensemble somptueux et un peu théâtral de marbres et d'ors, dans le st^^e des églises du Gésu, dont la pièce maîtresse est la Lapidation de saint Etienne, de Drouet (*); cette œuvre, qui ne manque pas de force, ne s'accorde guère av^ec le gothique flamboyant qui lui sert de cadre. Par contre, la série des dix-sept tapisseries (1610-1612) exécutées par le Montalbanais Jean Mazet (Histoire de Saint-Etienne et des principaux évêques de Toulouse) s'apparente, pai la sincérité de l'observation et la précision du dessin, sinon par la richesse du coloris, aux œuvres purement françaises du mo3-en âge.
L'église des Pénitents-Bleus, construite sur le plan d'un magistrat (1622-1625), constitue, avec le double ovale de son chœur et de sa nef, un monument religieux assez original. C'est Louis XIII en personne qui en posa la premièie pierre (30 juin 1622), ai^rès que les Pénitents eurent abandonné la chapelle, d'ordonnance classique, qu'ils avaient élevée au coin de la rue Duranti et de la rue vSaint-Antoine-du-T, sur un terrain cédé par les religieux de Saint- Antoine et racheté par eux p). L'église actuelle Saint-Jérôme s'éleva sur le sol du logis de la Pomme, qui donna son nom à la vieille rue des
1. Voir abbé l,estrade, Saint-Etienne de Toulouse après V incendie de 1609 (Revue des P3^rénées, 1909, p. 75). L,'arclievêque Joyeuse, taxé à 24.000 livres, le Chapitre et les Etats chacun 9.000 livres. On recueillit en tout 184.297 livres.
2. n fut supprimé par le cardinal Desprez. Dans le chœur, à droite et à gauche, deux rangs de stalles établies en 1610. I,es grilles magnifiques du déambulatoire de ce chœur sont dues au maître ferronnier Ortet.
3. I<es statues sont de Pien-e Monge, de Narbomie, I,ouis Behorri et AntoinelNIouzot ; les vitraux {1613-1615) des frères Moulis, de François Vergés et de Raimond du Vemet. I^es tapisseries viennent d'Aubusson.
En dehors des vitraux des chapelles Sainte-Catherine (xiv* s.), Saint-Dominique (xv* s.) et Saint- Joseph, il convient de noter ceux, Renaissance, du Saint- Sépulcre.
4. L,es statues de P. Mercier ont été remplacées, en 1727, par celles de Marc Arcis, qui y sont actuellement.
5. Cette chapelle était jadis le local du Conseil de guerre. Actuellement, ce local est occupé par le Cercle militaire.
Ymaginaires(2). ^ pg^ pj-^g ^ j^^ même époque, 23 mai 1607, furent posées les premières pierres de l'église des Chartreux, rue Valade, qui fut consacrée, le 20 mai 161 2, par le cardina de Sourdis, archevêque de Bordeaux. En forme de croix grecque»
Eghdi Sainl-Jérôine
elle était très simple, assez basse, d'abord couverte en charpente, avec un dôme central peu élevé; elle fut exhaussée,
2. I,e rétable du maître-autel, d'une belle valeur d'art, est dû à Drouet, élève de Guépin. Dans la nef, Marc Arcis, qui excelle dans son art, a traité avec raffinement les bas-reliefs figurant notamment les vertus théologales, les trophées d'église à côté des pilastres, le grand écusson de France qui décore le dessus de la tribime de l'orgue. Autour de la nef sont disposées, en élévation, des loges, qui donnent à l'église, dont la parure est déjà élégante, l'aspect d'une salle de théâtre; les invités y prenaient place, la nef étant exclusivement réservée aux pénitents.
Un legs de 13.000 livres, dû au prieur Richard, permit, en 1719-1722, la créaUon de VAumàntrie des Pénitents bleus, œuvre de charité dont la grande bienfaisance s'exerça envers les malheureux jusqu'à la Révolution.
Chapelle des Carmélites.
Chapelle de l'Inquisition.
voûtée et reçut son dôme actuel au xviii^ siècle. Mais il subsiste encore, du xvii^ siècle, les belles boiseries sculptées de la sacristie et de la chapelle Sainte-Croix, témoignage de l'existence d'une école d'art du bois, attestée d'ailleurs par des textes. Dans le même temps, également (1623), l'évêque de Rieux, Jean-Iyouis de Bertier, inaugurait l'église du couvent des Carmes-Déchaussés, modeste et rustique, plus petite que le Saint-Exupère actuel, située au milieu de jardins et de champs.
lya chapelle de ce couvent, dont l'entrée est située rue du Périgord, constitue un des jo3^aux de l'art toulousain aux xvii^ et xviii^ siècles (^\ Ce petit sanctuaire évoque la chapelle Sixtine, dont le souvenir inspira sCirement Rivalz, qui peignit les murs. Il comprend une seule nef prolongée par une abside à trois pans et divisée en quatre travées ; la voûte est en forme de cintre surbaissé avec nervures retombant sur des consoles à têtes d'anges enroulées de feuillages; la porte d'entrée est surmontée d'un fronton arrondi avec acrotères entourant une niche. Les murs sont recouverts de boiseries rehaussées de dorures et de toiles de Despax, gendre de Rivalz, qui, au xviii^ siècle, compléta la décoration de la chapelle et peignit les tableaux non sans émotion religieuse. Dans le sanctuaire, La nativité et l'adoration des mages; à la voûte du chevet. L'histoire des prophètes et des justes de l'ancienne Loi, préfiguration du Nouveau Testament; au mur du fond, au-dessus de la porte d'entrée, V Apothéose de sainte Thérèse, et parmi les meilleurs tableaux : Elisée dirigeant l'école des prophètes, La vocation d'Elisée, Elisée faisant tomber le jeu du ciel sur l'holocauste.
Du xvii^ siècle date encore la chapelle de l'Inquisition P), près la porte Narbonnaise, reconstruite en 1648, avec un plafond à caissons et ses murs ornés, par le F. Moncornet,
1. Avec tout l'éclat d'une solennité, la première pierre de cette chapelle fut posée par Louis XIII et Anne d'Autriche, le i^' juillet 1622. Elle fut achevée en 1648. Comme elle était désaffectée de sa fonction cultuelle, les Beaux- Arts y déposèrent, durant la Grande Guerre, les richesses du I«ouvre, et, actuellement, elle est affectée à un musée d'art de la Faculté des lettres. (V. Raymond Rey, Le nouveau Musée d'art de la Faculté des lettres.)