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I<egs de l'abbé de Tourreil de Gramont

4. Au-dessus d'enx se place, en effet, le grand jurisconsulte Jean-Baptiste Furgole (1690-1761), connu par sou Traité des Testaments (1748), son Traité du Franc-alleu naturel et par plusieurs autres ouvrages Né à Castelferrus, Furgole fut, dès 171 4, avocat au Parlement de Toulouse et se consacra surtout à des travaux de cabinet ; ses ouvrages furent remarqués par le Chancelier d'Agucsseau et Inouïs XV le nomma capitoul en 1754; ses armoiries figurèrent sur l'un des balcons du Capitole et il eut son buste à la salle des Illustres. Son

Professeurs

et étudiants.

I^e personnel comprenait, en 1780, six professeurs, un survivancier et huit agrégés. I^a Faculté des Arts comprenait toujours deux professeurs, dont l'un, en 1780, est docteur en médecine. I^a Faculté de Médecine comptait cinq maîtres, la quatrième chaire (anatomie et chirurgie) datant de 1705 et la cinquième (médecine pratique) de 1773. Ils se réunissaient tous les dimanches pour délibérer sur les maladies courantes et donnaient, le jeudi, des consultations gratuites à tour de rôle. Iv' Hôtel-Dieu leur prêtait son amphithéâtre pour les dissections, en attendant la construction d'un amphithéâtre de la Faculté (1775) {^). En 1783, la Faculté de Médecine se fait concéder un terrain entre les portes Matabiau et Arnaud-Bernard, y crée un jardin d'essai et fonde des cours complémentaires de botanique. Le rapport de Fourcroy (1794) classait au troisième rang la Faculté de Médecine de Toulouse, après Paris et Montpellier. On a conservé le nom de deux médecins célèbres, professeurs de notre Faculté : Jean Astruc (1684- 1766), qui fut capitoul, professeur au Collège de France, médecin du roi, couvert d'honneurs, au demeurant une tête encyclopédique, et Gardeilh (1726-1808), ex-oratorien, médecin et mathématicien, ami de Diderot et de d'Alembert.

Malgré des symptômes de renouvellement, l'Université reste encore attachée à la tradition. Les professeurs sont en continuel conflit avec les capitouls pour la conservation de leurs exemptions d'impôt et la réclamation des gratifications municipales. Les élections aux chaires donnent lieu à des cabales et à des scrutins interminables, jusqu'à soixantequinze tours, si bien que le roi s'attribue la nomination après dix tours infructueux (1742) ou en cas de brigue ou sollicitation (1747). Les professeurs de droit lisent leurs cours; ceux de médecine ne dissèquent pas, trouvant indigne d'eux toute œuvre manuelle. Ils dissertent en latin ou en français. Le niveau des examens s'abaisse à la mesure de

fils Pierre-François fut professeur à la Faculté de Droit en 1804. son petit-fils Pierre-Casimir, conseiller à la Cour en 1823. I^e portrait de Furgole et d'importants manuscrits, notamment son Uvre de raison, tenu de 1720 à 1761, sont conservés par M. Henry de Furgole, son dernier descendant direct à Toulouse. (Cf. Danùen Garrigues; Bjdl. de la Soc. Arch. du Midi, 1930, pp. 143 et 144.) I<a famille de Furgole habitait, à Toulouse, au n° i de la rue qui a conservé son nom. I. Rue des Lois.

l'indulgence magistrale. « Enseignement sans vie, études sans force, discipline sans vigueur, abus de tous genres », ce jugement de Liard (^) est confirmé par l'examen des faits. L,es étudiants demeurent une population légère et turbulente, à laquelle maints édits interdisent encore le port de l'épée, peu aimée du peuple, détestée du guet, prête au désordre et à l'émeute quand l'occasion se présente, comme en 1740, s'il s'agit de venger un camarade rossé par la police pour avoir sifflé trop fort à la comédie et réclamé la matelote au milieu d'une pièce sentimentale. Les locaux de l'Université sont vétustés et délabrés. Ce n'est qu'en 1785 qu'on se décide à réparer l'Ecole de Droit, tellement ruinée que les professeurs menacent de l'abandonner; ce n'est qu'en 1775 qu'on aménage des salles et un amphithéâtre pour la Faculté de Médecine.

C'est en dehors de l'Université que se produisent les ini- L'Ecole

tiatives fécondes. Le collège des chirurgiens de l'Ecole royale ^^ chirurgie, de Chirurgie, en effet, n'en fait pas partie. Cette ancienne corporation, dont les titres remontent à 1390 et 1483, qui avait orgam'sé l'enseignement de l'art chirurgical, d'abord au Collège des Pauvrets (^), puis dans une maison donnée par les capitouls devant l'église des Pénitents-Noirs p), tout contre une tour où les cours avaient lieu et qui fut appelée tour de l'Anatomie, vit ses statuts confirmés et les études réglées en 1692. Le roi Louis XV approuva un remaniement définitif en 1754 et l'école naquit en 1761 (lettres patentes du 14 décembre), avec cinq professeurs <( démonstrateurs royaux »; en 1764, une sixième chaire s'ajouta. Les capitouls aidèrent le nouvel établissement par un cadeau de 500 livres et par une annuité de 300 et fondèrent seize prix en 1786. L'Hôtel-Dieu accorda quatre cadavres, dont l'enlèvement causa bien des conflits avec l'Eglise. La formation des chirurgiens était plus solide que celle des médecins, les études plus vivantes; les étudiants affluaient de partout et Toulouse devint un centre chirurgical important. En 1780, il y avait quarante chirurgiens, selon l'almanach Baour. La

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