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Rue des Fleurs

l'Académie une rente de i.ooo livres, dont moitié était destinée au Jardin, moitié à la fondation de prix. En 1748, on transporta les plantes de Matabiau dans le jardin de la Sénéchaussée, où elles restèrent jusqu'à la Révolution. I^e Jardin des Plantes de Toulouse jouissait d'une grande réputation et ne le cédait en richesse qu'au Jardin du Roi, à Paris. I,' enseignement de la botanique y attirait un bon nombre d'étudiants, qui y suivaient les leçons de Dubernard et surtout de Picot de Lapeyrouse, un des premiers botanistes de son temps. On y étudiait la botanique générale et les plantes médicinales.

^ D'ailleurs, le goût pour la science est général dans la société Goût général toulousaine; c'est même un trait caractéristique du P^^ ^^ science, xviii^ siècle que l'intérêt passionné pour les activités pratiques de l'esprit, surtout pour les applications des découvertes scientifiques. C'est le temps où l'on possède des cabinets de physique, des herbiers, comme celui que l'abbé Pourret, botaniste de valeur, commença à Toulouse, pour l'archevêque I^oménie de Brienne, et qui se trouve aujourd'hui au Muséum de Paris (^). C'est le temps où des candidats aux concours des Jeux Floraux chantent la gravitation universelle. Newton, les marées, la précession des équinoxes, le télescope, la boussole ou « cadran de mer », le prisme ou la vaccine. Il est vrai que, sur cette dernière nouveauté, les avis sont très partagés : Tandis que, dès 1765, la Faculté de médecine de Paris s'est prononcée pour « l'inoculation » et qu'à Toulouse les chirurgiens la pratiquent, le 20 septembre 1772 on affiche un arrêt du Parlement défendant de se faire inoculer dans la ville, les faubourgs ou la campagne, à peine d'une amende de 100 livres. Mais les expériences aérostatiques suscitent un intérêt universel. Le 25 février 1784, le sieur Duvernai fait partir une montgolfière en papier, qui monta à 4. 511 toises de hauteur (?) et n'atterrit que le 12 mars, entre Agen et Tonneins p). En août 1784, il monte lui-même en ballon dans le préau de l'Université; des odes aux Jeux Floraux célèbrent cette nouvelle conquête

1. V. le cabinet d'histoire naturelle des frères de Loinénie de Brienne, l'herbier de l'abbé Pourret et le legs fait par le docteur Barbier au Muséum, en 1847 {Bulletin du Muséum d'htst. nat., 1916).

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