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I. Aujourd'hui rue Lafayette

remparts les portes Narbonnaise, Montgaillard et Montonlieu, entremêlées d'une dizaine de tours. En avant de la porte Narbonnaise (^), par laquelle passait toujours la vieille voie si fréquentée du Lauraguais et de la Méditerranée, se dressait le Château avec son quadrilatère d'épaisses murailles, sa cour intérieure et les trois portes qui y accédaient. Devenu résidence des comtes, de leur cour et de leur viguier, ce Château symbolise, sur le sceau de Toulouse, la souveraineté du seigneur. Nous ignorons tout de ce palais fortifié, « le plus beau château que oncques l'on vit en plaine », encadré de tours, peut-être ajoutées en partie par les comtes : la tour Gaillarde (plus tard de l'Horloge), puissante, carrée, élevée de cinq étages, à l'angle nord-est; la tour du Midi; la tour Ferrande, dont parle la Chanson de la croisade; trois autres encore dont font mention les baux à besogne de la démolition au XVI® siècle et dont les noms paraissent moins anciens (^). Une terrasse reliait à l'est deux de ces tours. Les textes mentionnent, à l'intérieur, du château, une vaste salle richement dallée, où devaient se tenir les assises féodales. Enfin, les Saint-Gilles ont fait bâtir une chapelle, dite chapelle des Comtes, qui s'élevait sur le sol du n^ 2 de la place Intérieure- Saint-Michel, à l'est de la porte de la ville P).

Au sud de la porte Narbonnaise, les anciens murs romains L'Hôtel

rejoignaient la Garonne; dans ce secteur se dressait une haute ^^ Comminges.

. . . . 11 Les greniers des

tour ronde, dont le nom ancien ne nous est pas connu, celle moulins

de Guilhem Eyris et de Vézian au xv® siècle, de Thanus Les moulins du

au XVI® siècle (*). Entre le Château et la tour s'ouvrait la Château.

porte de Comminges, reconstruite en gothique au xii® siècle,

dont un des montants peut encore s'apercevoir entre le n° 5

de la rue des Moulins et l'immeuble suivant; elle tirait son

nom de l'hôtel des comtes de Comminges, qui s'élevait tout

près et où se livrèrent de rudes combats en 1218; elle menait

au port Saint-Antoine ou port de la Roquette, alors très

r. Au devant du n° 3 et du n° 5 de la rue de l'Inquisition.

2. L,es tours des Sacs, de Son-Claude et de la Geyne (Torture).

3. Cette chapelle avait 6 m. 30 de large sur 10 m. 10 de long; ouverte au nord, elle était éclairée par une vaste baie à l'est. Elle a survécu à la démolition du Château en 1554.

4. Notables ou capitouls, propriétaires dans ces parages. L,a tour s'élevait à l'angle de la rue du Cliâteau et de la rue des Renforts.

Le cimetière

des Juifs.

Le Salin.

Artères vitales

de la ville.

fréquenté par les bateliers et les pêcheurs, abandonné depuis, au xvi^ siècle. Entre la porte et la tour s'élevait un grand bâtiment couvrant plus de 200 mètres carrés, assis sur le rempart, et dont la base était construite en petit appareil et le reste en briques; sa destination, au xii^ siècle, est inconnue (^). Au xv^ siècle, il servait de grenier aux moulins du Château. lyC mur qui porte des fenêtres géminées de style roman a été sauvé de la destruction et réédilié au Jardin des Plantes. Les moulins eux-mêmes ont été établis à la fin du xii^ siècle. Jusqu'en 1183, c'étaient des moulins flottants le long des rives, ou moulins à nefs. En janvier 1182, Raimon V donna en fief, aux propriétaires tout le cours de l'eau, c'està-dire le petit bras de la Garonne, avec licence de construire un barrage et des moulins fixes. En décembre 1192, Raimon VI accorde une nouvelle permission de transformer de cette façon seize moulins flottants. Ainsi furent aménagés, à cette époque lointaine, sur l'emplacement de la chaussée Saint-Michel, le premier barrage et les premiers bâtiments, fort probablement en bois et trop légers pour résister aux inondations qui les détruisaient périodiquement. A ce même endroit, un pont également en bois, le pont de Comminges {^), mettait en communication la rive droite et la pointe sud de l'île de Tounis.

Laissons hors la porte Narbonnaise, et non loin du Château, le prieuré de vSaint-Antoine de Lézat établi à cette place en II 15 et en faveur duquel Guillaume d'Aquitaine créa un asile ou salvetat, l'exemptant de toute juridiction séculière (^) ; jetons un coup d'œil sur le cimetière des Juifs qui se trouvait entre la porte Narbonnaise et la porte Montgaillard, hors les murs et sur l'emplacement duquel on a retrouvé des pierres tumulaires avec des inscriptions en hébreu. Pénétrons ensuite dans la ville par la porte Narbonnaise ; nous arrivons tout de suite au Salin. La place du Salin (platea Salini) ou Sauveté du vSalin est la plus ancienne de la cité ; proche du Château, elle en forme le centre le plus important. Elle tire son nom

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