‹ Histoire de ToulouseChapitre 19 sur 317 · II90-I · texte numérisé non relu

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si la guerre avait lieu dans le pa^^s toulousain. Mais les consuls tiraient l'épée fréquemment pour imposer aux petits seigneurs de la banlieue le respect des engagements, la liberté du commerce et pour étendre les privilèges obtenus. On comptait une vingtaine de ces féodaux et une ville, Gaillac, contre lesquels les bourgeois de Toulouse ont mené des expéditions victorieuses, terminées par des traités de paix avantageux et la soumission du seigneur à l'hommage. Vassale du comte, Toulouse était ainsi suzeraine de la petite féodalité environnante (^).

Le centre moral de la cité est la maison communale, ou La Maison hôtel de ville, mentionnée dans la Chanson de la croisade, et commune dont les actes nous permettent de suivre la formation de 1190 jusqu'à 1204. Elle se trouvait sur l'emplacement du Capitole actuel, à cheval sur la cité et le bourg, à l'endroit où, des vieux nuirs romains, se détachait le rempart plus récent qui ceinturait le bourg. C'était un quartier excentrique par rapport à la cité, dont le cœur se plaçait dans l'espace compris entre la Daurade et le vSalin. IMais il voisinait avec les routes de l'Albigeois, du Rouergue et du Quercy; il se trouvait loin du Château Narbonnais, où demeurait le viguier, ce qui soustrayait à sa surveillance les réunions municipales et rendait moins fréquents les conflits de juridiction. La maison commune était très morcelée et n'a eu, au début, aucun caractère monumental qui puisse l'apparenter aux admirables hôtels de ville du Nord de la France, de la Belgique et de l'Italie. PUle semble avoir été bâtie en une vingtaine d'années, sur des terrains très nombreux achetés à Rainion Gautié {^), à Karaborda de la Porterie, à Ramon Guilhem Atadil et à sa femme, donaAlamanda (1190-1193-1202-1204). Le quartier de l'hôtel de ville était loin d'être le plus beau de Toulouse; des ruelles étroites serpentaient autour des bâtiments, abou-

1. Ce sont les seigneurs de Rabastens, de Corbarieu, d'Aubiet, de Villemur, d'Auvillars, de la Salvetat, de Maurens, de Blanquefort, de Vaure, de Saverdun, de Verfeil, de Montbrun, de Saint-Paul de Giscard, d'Auterive, d'Orbcssan, de Iv'Isle- Jourdain.

2. Ce Raimon Gautié, nommé dans l'acte d'achat de 1190, est peut-être le même que celui dont il est question dans un acte de février 1192 (jugement consulaire). I<es charpentes des moulms du Château, emportées par une inondation, s'étaient échouées sur l'Albarède (saussaie) de Raimon Gautié qui les garda, mais qui fut obligé de les restituer, moyennant indenmités pour les dégradations.

Arrêt du mouvement d'émancipation

tissant à un ancien chemin de ronde désaffecté. Mais, tout près de là, hors la porte Villeneuve (^), s'étendait au delà des lices un grand espace libre, commode pour les convocations du « parlement ».

Ainsi, au moment où commence la croisade des Albigeois, les libertés urbaines, acquises, au hasard des circonstances, par un effort lent mais continu, étaient déjà solidement établies. Toulouse est une petite république, gouvernée par ses consuls et son chapitre, sous la suzeraineté du comte. Mais, en 1207, commence dans nos archives municipales une grave lacime : presque aucun document ne s'y découvre pendant douze ans, jusqu'à la mort de Montfort. Silence éloquent qui marque, l^lus que bien des témoignages, l'importance de la crise que traversent la cité et le Midi tout entier. L'autonomie municipale, un moment compromise par le triomphe brutal de Simon de Montfort, ne sera rétablie et singulièrement renforcée qu'à dater de 1219.

Description

de la

ville au moment

de la croisade

des

Albigeois.

La porte

Narbonnaise

et le Château.

Il est assez difficile de se faire une idée précise de la ville de Toulouse à la fin du xii^ siècle et au début du xiii^ siècle. Au moment de la guerre des Albigeois, les textes sont rares et singulièrement peu significatifs. On n'y trouve les rues désignées que par des noms vagues et variables, qui s'appliquent, parfois, à un quartier entier : les Salins, les Affachadours (tueurs de bestiaux). Les noms fixes n'apparaissent qu'au XI v^ siècle, et les registres de pagellation, ou cadastres, établis pour la répartition des impôts, ne datent que du XV® siècle. Nous tenterons', pourtant, une description sommaire, ne fut-ce que pour ressusciter, si imparfaitement que ce soit, le cadre dans lequel se dérouleront tant de scènes dramatiques de la croisade contre les hérétiques.

La ville, plus petite qu'aujourd'hui, déroulait ses rues étroites et ses places exiguës dans l'intérieur de l'enceinte romaine, dont nous avons suivi plus haut le tracé. A l'est, jusqu'à la porte Saint-Etienne, s'ouvraient dans ces vieux

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