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Au Musée (petit cloître

Duchesne. Enfin, de 1778 à 1780, fut élevé le quai de Brienne, avec ses maisons de même architecture, à peu près toutes inachevées. Ces travaux furent dus à l'initiative de l'archevêque de Toulouse Loménie de Brienne et de son prédécesseur immédiat, Arthur Dillon. A la veille de la Révolution s'achève également le quai séparant l'Hôtel-Dieu de l'hospice de la Grave.

ly' administration municipale élargit et aligne les rues; Travaux d'édilité. de 1786 à 1789 elle achète, à cet eiïet, quinze maisons à ^^^ ^"^®-

Saint-Cyprien ou à Toulouse; elle dégage la porte Montou- enseignes de fer. lieu, la porte Villeneuve; la rue Villeneuve et les autres voies Réverbères, menant à la Commutation étaient si étioites qu'en quelques Pompiers. Puits, mois (1783) les charrettes écrasaient plusieurs personnes. On déplace les croix se trouvant au milieu des places pour les adosser aux maisons voisines; on démolit les puits publics jusqu'à fleur de terre, on les nettoie et on les couvre (1752). Pour les nouvelles rues, on impose une architecture uniforme : c'est le cas pour la rue Neuve-de-la-Daurade. Les capitouls prohibent (1767) les enseignes de fer suspendues, giinçantes, menaçantes, et ordonnent qu'on les enlève dans les huit jours à peine de 100 livres d'amende. En 1752, on met les noms des rues principales en grosses lettres noires, sur cent quatre-vingt-onze plaques de tôle peinte en blanc, plaques qui remplacent les pierres gravées du xvii® siècle et du début du xviii^ siècle (^). En 1784, un bail est fait avec un entrepreneur pour quatre cent soixante-sept réverbères, dont trois à quatre becs (Hôtel de ville, halle, palais), trois de trois becs (pont du Canal, hôpital Saint- Jacques, la Grave) ; à l'intérieur de l'Hôtel de ville il y en avait six, et un à dix becs dans le Petit-Consistoire. Ce sont les antiques quinquets, progrès énorme sur l'éclairage public jusque-là. Pour parer aux dangers des incendies, un arrêt du Conseil avait rendu obligatoire le ramonage des cheminées (10 juillet 1744). Toulouse avait des pompes, sept de modèles différents; mais elle n'avait pas de pompiers, les maçons et les charpentiers continuant à assurer ce service, comme les fustiers au mo3^en âge. Surtout, Toulouse n'avait pas d'eau. La seule fontaine

I. Il en reste dix-sept, dont la plus ancienne est celle de la rue Claustre (i733), rue du Taur, angle de la rue de l'Esquile.

Les monuments

publics.

Le Capitole.

de la ville, celle de Saint-Etienne, demeura dix-sept ans hors d'état d'en fournir (1755-1772) (^). Il y avait, il est vrai, les cinq radeaux de Tounis, du pont de la Daurade et du port Bidou, où l'on venait « quérir l'eau à boire ». En 1779, l'Académie des sciences fonde un prix récompensant l'auteur du projet d'adduction le plus intéressant; en 1790, le prix, accru d'une subvention municipale, n'est pas encore décerné. En 1784, on répare la fontaine du faubourg Saint-Michel; en 1786, on creuse un puits public près la porte Villeneuve. Enfin, en 1789, le legs Laganne (50.000 livres), pour l'établissement de fontaines publiques, devait susciter des émulations et déterminer des projets plus tard réalisés.

lyC xviii^ siècle nous a valu le reconstruction de la façade du Capitole, arrêtée presque en même temps qu'on se décidait à créer la place Royale (1727). On attendit pourtant vingt-trois ans pour réaliser l'œuvre. Le plan est du peintrearchitecte Guillaume Cammas(^); la première pierre fut posée, le 23 août 1750, par le capitoul Lasserre. I^a nouvelle façade allait de l'angle de la rue Saint-Martial jusqu'à la porte de la Commutation, rue Villeneuve, à la suite de la démolition du moulon de la Casse situé en face du carrefour Villeneuve-Matabiau, et de la disparition de la ruelle des Tambourinaires. En janvier 1755 on transportait et, en octobre, on plaçait les colonnes de marbre rouge; les chapiteaux furent établis en mars 1756. I^'aile droite était achevée en 1759. Les sculptures des frontons sont de Parant, celles

1. La fontaine Saint-Sauveur fut créée le i" août 1780, à proxinaité et en avant de l'enclos de la vieille église Saint-Sauveur ou de la place Dauphine, aujourd'hui place Dupuy. C'est l'entrepreneur Barreau qui a exécuté Its travaux de cette fontaine. I,e 15 juin 1782, les capitouls décidèrent qu'à l'occasion de la naissance du Dauphin (22 octobre 1781), les noms de cts place et fontaine seraient remplacés par ceux de place et fontaine Dauphme.

2. Cammas, injustement accusé de rapt et de séduction, fut poursuivi devant le Parlement de Toulouse, et M'^ Boubée, avocat, son défenseur, obtint de la cour son acquittement de façon originale : « Je plaide pour un laid, dit-il, je plaide pour un gueux, je plaide pour un sot. » (Le client voulut murmurer; M^ Boubée lui imposa silence.) « Pour mi laid. Messieurs, le voUà; pour lui gueux. Messieurs, c'est un peintre et, qui pis est, le peintre de la ville; pour un sot, que la cour se donne la peine de l'interroger. Ces trois grandes vérités ime fois établies, je raisonne ainsi : On ne peut séduire que par l'argent, par l'esprit ou par la figure. Or, ma partie n'a pu séduire par l'argent, puisque c'est im gueux; par l'esprit, puisque c'est un sot; par la figure, puisque c'est un laid et le plus laid dts hommes. D'où je conclus qu'il a été faussement accusé. » Voir Henri Ramet, Le Capitole et le Parlement de Toulow.e.

de la façade de Jean-Marc Arcis, Raymond et Lucas; les beaux balcons en ferronnerie avec leurs blasons capitulaires {^) sont d'Ortet. ly' ancienne porte disparut, mais ses statues, Louis XIII terrassant l'hérésie, de I^egoust, La Force et la Justice, de Pierre Mercier, furent transportées place Mage, entre la rue Bouquières et la rue Tolosane, contre un mur élevé à la place d'une maison expropriée en vue d'agrandir la place (1754-1758). La façade de Cammas, qui est bien dans le goût du temps, fut très admirée et conserve encore un prestige certain. La hauteur insuffisante qu'on lui reproche est due à des raisons d'économie et à la nécessité d'adapter le nouvel ensemble aux bâtiments préexistants {^). Les constructions incohérentes de l'Hôtel de ville, masquées par ce somptueux décor, s'accrurent de la salle de l'Octogone (1772), élevée dans le jardin du Verguier pour les délibérations secrètes des capitouls. En somme, le Capitole a grand air, et ce mariage de la brique avec la pierre lui enlève le solennité ennuyeuse qui se manifeste trop souvent dans les constructions de ce genre. Le Petit-Versailles abrita, en 1770, l'Académie des Arts, hospitalisée auparavant au logis de l'Ecu. La salle du théâtre fut bâtie derrière l'aile droite de la façade de Cammas, en 1736, et sur les plans de l'artiste; en 1747, on y reçut le duc de Richelieu pour un bal masqué; elle était assez luxueuse avec sa voûte dorée, mais déjà fort délabrée. En 1785, il était question de la reconstruire; ce plan ne fut réalisé que bien des années après. L'incendie du 12 novembre 1772, parti de l'Arsenal, fit dans l'Hôtel de ville 200.000 livres de dégâts et en détruisit la partie nord.

La halle aux poissons est reconstruite, après écroulement Autres bâtiments de sa toiture, en mars 1759. C'était, au dire de Bar thés, la publics,

plus magnifique de France, avec son portail monumental; en attendant, le marché au poisson se transporte dans la salle d'audience de l'ancienne Viguerie supprimée, place de la Daurade. Le pont de charpente ou de Pigasse, qui menait de Tounis à la halle, est refait en 1731, mais s'écroule en 1764.

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