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LES ÉTATS GÉNÉRAUX

L'annonce de la convocation des Etats généraux, faîte par Loménie de Brienne, avant sa chute (août 1788), et confirmée par Necker, son successeur, arriva à Toulouse dans une atmosphère déjà troublée. L'affaire des grands bailliages surexcitait l'opinion; des libelles contre le gouvernement étaient débités publiquement et les capitouls se plaignaient qu'on eût enlevé à l'Hôtel de ville la police de la presse. De plus, sévissait une crise économique causée par la stagnation des industries, aggravée par des récoltes insuffisantes et un hiver rigoureux. Les capitouls avaient acheté pour 200.000 livres de blé en juillet 1788, constitué des magasins

Convocation-

des

Etats généraux.

Discussion

sur le mode

de convocation.

municipaux (^), prohibé la sortie des grains et taxé le pain pour dédommager les boulangers (avril 1789) ; en même temps, ils rétablissaient, en faveur des indigents et chômeurs, des ateliers de charité consistant en travaux d'écoulement pour les eaux. Misère et difficultés du ravitaillement devaient accompagner et, dans bien des cas, expliquer les étapes du mouvement révolutionnaire.

Le mode de convocation des Etats généraux fit l'objet de controverses passionnées. Les Etats de Languedoc prétendaient à représenter la province par une députation de leurs membres et le bruit circulait que le gouvernement songeait à faire droit à leurs vœux. La Cour des aides de Montpellier avait déjà protesté contre la revendication de ce corps aristocratique, que son recrutement désuet ne désignait nullement comme mandataire du peuple languedocien. Les marchands de la Bourse de Toulouse, la noblesse de la sénéchaussée réunie sous la présidence du marquis de Gudanes (13 janvier 1789), le chapitre Saint-Etienne se joignirent à ces protestations; un arrêt du Parlement (21 janvier), le vieil ennemi des Etats, les résumait en les sanctionnant de sa haute autorité. Peu de jours après eut lieu, à l'Hôtel de ville, une grande assemblée du Conseil général, auquel s'adjoignirent les délégués du Parlement, de l'Archevêché, de l'Université et des deux chapitres, ainsi que ceux des laboureurs et des métiers; on y vota les « Réclamations de la ville de Toulouse » en dix articles, qu'on devait porter « au pied du trône » {^). Cette adresse demandait la nomination des députés par bailliage et sénéchaussée, le Tiers devant nommer autant de représentants que les autres ordres réunis et le nombre des mandataires devant être proportionnel à l'étendue de la circonscription, à sa population et aux impôts qu'elle payait. Mais déjà, au seuil de la Révolution, l'aristocratie capitulaire ou parlementaire s'opposait à l'élargissement du droit de suffrage; l'Assemblée n'en adopta pas moins pour base de ce droit l'inscription au registre de la capitation, à l'exclusion des domestiques. Elle revendiqua,

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