Rue de la Fonderie
3. Leur église (n" 15) était dédiée à sainte Barbe; elle servait encore au culte sous le règne de Louis XIV.
Saint-Rémesy et Joutxaigues.
L'île de Tounis.
salem, leur maison, rebâtie bien plus tard et dans laquelle ne demeurent que de très rares vestiges de cette époque, abrite aujourd'hui l'école de commerce. Les chevaliers se fixèrent à Toulouse vers 1116; l'évêque Amélius, frère du grand-maître, leur concéda une chapelle voisine de la Dalbade, Saint- Rém}' (^). En 1160, Raimon de lyautrec, un des successeurs d' Amélius, leur accorda l'autorisation d'établir un cimetière {^), et Raimon V celle d'avoir un four, en 1175. Devenus très riches, ils achetèrent d'importants terrains entre la rue et la Garonne, bâtirent un couvent et un cloître (^), et devaient hériter des biens des Templiers lors du procès et de la ruine de ces derniers (1312).
Le quartier qui s'étendait au nord de ces établissements et faisait communiquer la rue de la Dalbade avec la Grande- Rue est un des plus anciens et probablement, à cette époque, un des plus curieux de Toulouse. Les rues Saint-Rémesy, Joutxaigues, du Coq-d'Inde, de la Madeleine et d'autres n'ont perdu, ni pour les deux premières les noms du douzième siècle, ni pour toutes l'aspect évocateur du passé par leur étroitesse et leur tracé capricieux. Les Juifs y avaient leur ghetto et même leur rue (*), allant du n^ 3 de la rue Joutxaigues à la place des Paradoux; l'ancien ruisseau qui, le long de la rue, allait se déverser vers la Garonnette, aurait pris, selon certains exégètes, le nom même des Juifs {Judœis aquis?). Les environs étaient peuplés d'artisans qui ont laissé le nom de leur métier à la rue où ils se rassemblaient, comme il était de règle au moyen âge. La rue des Paradoux (des Paradors) évoque le souvenir des apprêteurs de draps; celle des Couteliers, celui des fabricants de ciseaux, couteaux, rasoirs et instruments de métal; la rue qui la prolonge, la rue Peyrolières, celui des ouvriers chaudronniers.
Presque en face de la Dalbade, une courte rue menait au pont de Tounis ou de la Dalbade, sur la Garonnette, le plus vieux pont de Toulouse dans son état actuel, mais qui consistait, au moyen âge, en une passerelle de bois. Il conduisait