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Journal d'un bourgeois, p

2. Article 48 de la loi du 14 décembre 1789 : fidélité à la Nation, à la I,oi et au Roi; engagement de bien remplir ses fonctions.

teneurs lui contestent (^). Si les successeurs des capitouls honorent la science et les arts libéraux, ils prennent fort au sérieux cette nouvelle dignité de mandataires du peuple souverain.

Disparition La réforme municipale altérait profondément le caractère

des ^deilles formes traditionnel de Toulouse. D'abord disparaissaient définitivement les anciens capitoulats, qui remontaient aux origines de la cité; déjà la réforme municipale de 1778 leur avait enlevé leur raison d'être en supprimant le recrutement des capitouls dans chacun d'entre eux. Maintenant, la ville était divisée en quartiers, dont les limites ne correspondaient plus aux vieilles circonscriptions, bien que leur nom les rappelât partiellement. Ces quatorze quartiers ou sections {^) furent les centres de recrutement de la garde bourgeoise et se formèrent spontanément au lendemain du 14 juillet. Ils comprenaient des faubourgs désormais annexés à la ville (Saint-Etienne, Saint-Michel). L,es magistrats municipaux eux-mêmes avaient perdu le nom, plusieurs fois séculaire, que la réforme de 1778 avait bien voulu leur conserver. La cooptation, qui était à la base de leur élection, disparaît pour faire place au choix populaire. L'aristocratie capitulaire est morte et bien morte; de ses cendres naît un organisme nouveau, comme à l'ancienne géographie des partidas succède une géographie nouvelle. Nulle part, peut-être, la révolution municipale n'a été plus complète qu'ici.

La réforme IvC décret du 15 janvier 1790, établissant en France quatre-

départementale. vingt-trois départements, porta une plus rude atteinte encore aux vieux privilèges de Toulouse. La ville perdait, par la disparition du Languedoc, sa situation de cité prépondérante du Midi; elle eut même à se défendre contre Montauban, qui prétendait au titre de chef-lieu de la nouvelle division administrative par alternance avec elle, et contre Saint- Gaudëns, qui voulait devenir chef-lieu d'un département des « Pyrénées centrales ». Il fallut envoyer partout des délégués pour engager les populations à « se réunir au dépar-

I. l,e conflit fut porté devant le Garde des Sceairx. Il devait aboutir, du reste à la disparition de l'Académie.

2. l,e registre des délibérations municipales (91-93), page 18, énumère quatorze sections au 13 février 1792; au i®' décembre 1792, il y en avait quinze, la section ajoutée est le Jeu de Paume.

tement toulousain » ; constituer un comité de trente-six membres, dont les principaux étaient Duroux et Manavit, pour défendre les intérêts de la ville auprès de l'Assemblée; réunir, le 13 janvier 1790, un conseil général renforcé — l' avantdernier — pour protester contre l'offensive montalbanaise. I^e 23 janvier, un décret constitue le département de la Haute-Garonne, bien moins étendu que ne l'avaient demandé les capitouls, amputé notamment de l'Ariège, qui forma un département à part. La Haute-Garonne, dont le tracé fut fixé par une commission de vingt députés, fut divisé en sept cent trente-neuf communes (^) comprises entre huit districts : Toulouse, Revel, Castelsarrasin, Villefr anche, Grenade, Beaumont, Muret, Rieux et Saint-Gaudens. Il englobait des fractions de deux intendances, Auch et Montpellier, le pa^'s toulousain, une partie de la Lomagne, presque tout le Comminges, le Lauraguais, et présentait, en son tracé irrégulier, une certaine unité géographique. Le district était divisé en cantons, subdivision judiciaire et fiscale. Il y avait dix cantons dans celui de Toulouse (Toulouse, Castanet, Léguevin, Lévignac, Blagnac, Bruguières, Castelnau, Villemur, Montastruc et Verfeil) et cent vingt municipalités; le canton de Toulouse comprenait la ville et seize communes, comptant ensemble six mille six cent quatre-vingt-quinze cito^^ens actifs (2).

La nomination des administrateurs du département — conseil de trente-six membres, directoire de huit membres — manifesta une fois de plus la jalousie des villes secondaires à l'égard du chef-lieu (8-22 août 1790) P). Les électeurs, citoyens payant une contribution égale à six journées de travail, surtout ceux du district de Saint-Gaudens, s'efforcèrent d'écarter les Toulousains de la nouvelle administration, de faire nommer des inconnus et même d'empêcher les élections; les aristocrates, plus nombreux dans les assemblées électorales, prenaient le mot d'ordre chez l'évêque de Comminges, d'Osmont; les patriotes se réunissaient chez Mailhe. Le district de Toulouse n'obtint que cinq mandats

Les nouvelles

administrations

de

département

et de

district.

1. Chiffre indiqué par M. Dutil {La Haute-Garonne et sa région, t. I, p. 228).

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