‹ Histoire de ToulouseChapitre 239 sur 317 · Né le iS février 1767, au n" 49 de la rue de la Baruttue · texte numérisé non relu

Né le iS février 1767, au n" 49 de la rue de la Baruttue

lyC sixième bataillon nomme ses officiers du 27 mars au 14 avril et part en juillet; enfin, le septième, ayant nommé ses officiers du 20 avril au 7 mai, part en juin ou juillet, Au deuxième bataillon du district de Rieux, Antoine Verdict, fils d'un tailleur de pierres du quartier Saint-Etienne, est choisi comme adjudant sous-officier le 18 février 1791, puis devient aide de camp de l'adjudant général Augereau, en attendant qu'il gagne son généralat à l'armée des Pj^^rénées- Orientales. Tous partent avec enthousiasme pour la guerre de la liberté, confondant d'un même amour la Patrie et la Révolution (^).

Bffets du 20 jviin Dès le printemps de 1792, on respire déjà à Toulouse une à Toulouse. atmosphère guerrière. I^a municipalité exerce sur la presse une rigoureuse censure et suspend vingt-deux journaux. I<e directeur de la poste, ancien garde du corps, étant suspect de favoriser la correspondance avec l'étranger, les officiers municipaux décident d'ouvrir toutes les lettres devant un membre du corps de la commune, en présence du destinataire ou de l'expéditeur. Ces bourgeois modestes, hommes de loi, négociants, artisans, vont, dans les circonstances graves de la patrie, s'élever au-dessus d'eux-mêmes. Ils justifieront le mot profond de Carnot, qui explique tant d'évolutions incomprises : « On n'est pas révolutionnaire, on le devient. » La journée du 20 juin fut pleinement approuvée par les patriotes et les autorités toulousaines. Le 7 juillet, le Conseil général de la commune envoie à l'Assemblée ime adresse violente contre La Fayette, qui avait réclamé la dissolution du Club des Jacobins (^) : « Et cet homme vit encore. Législateurs, ce ne peut être qu'à la léthargie des organes de la loi qu'il doit son existence et sa liberté, et

1. V. Galabert : La recherche de la paternité à Toulouse en 17<)'2 et les volontaires nationaux (Rev. des Pyrénées, t. XXIII, 1911). — Il y a eu pas mal de volontaires qui sont partis pour échapper aux obligations que leur imposait la législation de l'ancien régime sur la recherche de la paternité, abrogée seulement en 1793. En 1792, sur 264 déclarations de grossesses, 67 concernent des volontaires; en 1793, sur 135, 70. Presque tous les volontaires sont des gens de métiers; il n'y a parmi eux que peu de bourgeois ou de marchands. Voir la magnifique lettre d'un volontaire séducteur, Gabriel Fauré, d'Avignonet, qu'un beau patriotisme inspire, citée par Galabert : « Ce n'est pas pour une récompense de la République que je la sers. D'autres sentiments m'ont toujours animé...».

2. V. Arch. dép., !<, registre 4546. Délibération de la Société p^'pukir^ sur ce sujet.

cette léthargie ne saurait subsister plus longtemps. Armezvous donc de courage. Punissez le coupable ; vengez la nation outragée et la foi des serments violés; effrayez les méchants qui, déjà, préconisent ce nouveau Cromwell, et si jamais de misérables prétextes venaient arrêter ou lasser votre courage, hommes de bien, descendez dans votre conscience, vous y trouverez votre devoir et là sera toujours la volonté suprême du peuple que vous êtes chargés de représenter. » Au roi lui-même, le Conseil général ose écrire : « Jusques à quand abuserez-vous de la confiance d'un grand peuple qui veut être libre? Il n'est plus de mesure pour contenir son indignation... N'est-ce pas vous qui plongez la patrie dans le plus grand péril? » Il lui reproche aussi le renvoi des ministres, le veto, la démarche de J^a Fayette, l'inaction de la Haute-Cour, l'indulgence pour les émigrés pris dans les combats, sa proclamation, « vrai manifeste contre les Français », le recul des armées qui ne demandent qu'à avancer (( à pas rapides ». « Tout concourt à la ruine de l'Empire. » Le lettre conclut par un avertissement et une sommation : « Sinon, craignez vous-même le désespoir et l'anathème d'un peuple outragé (^). »

C'est dans ces circonstances que parvint à Toulouse La

(i6 juillet) le décret de l'Assemblée qui proclamait « la Patrie ^atiie en danger, en danger » (i^r juillet). Ce jour-là, le procureur général syndic requit la mise en permanence du département et des districts, des commissaires désignés veillant jour et nuit à tour de rôle. Chaque municipalité devait -fournir un état des citoyens capables de porter les armes et ayant déjà fait le service des gardes nationales; tous les citoyens devaient déclarer les armes et munitions dont ils seraient détenteurs; le département devait fixer la répartition entre les districts et les communes du contingent que réclamerait l'Assemblée. Tous les citoyens en état de servir et ayant été gardes nationaux sont mis en état d'activité permanente. Des patrouilles parcourent les communes. La sûreté des personnes et le respect des propriétés seront maintenus. « Les citoyens qui auront des sujets d'inquiétude et de crainte, soit pour la chose publique, soit pour eux-mêmes », seront « tenus de recourir

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