Charte du 6 septembre
Le château
du Bazacle
et le pont.
Pêcheurs
de la Garonne.
Port
de Viviers.
d'une pugnère et demie de froment. Ce sont là les plus anciens titres des moulins du Bazacle, qui comptaient alors vingt-quatre meules.
Un château couvrait les moulins et la porte du bourg qui s'ouvrait près de la rivière; il protégeait également l'entrée d'un pont de bois qui traversait la Garonne à leur hauteur. Ce château est mentionné dans l'acte de vente (1200) par lequel son propriétaire, Arnaud Guillabert, le cède aux consuls de la ville et du bourg.
La pêche, dont la dîme enrichissait les Bénédictins, nourrissait, autour de la Daurade et à Saint-Cyprien, une population nombreuse; les pêcheurs se groupaient autour du port de Viviers {Vivanœ) ou de la Daurade et du port Saint- Cyprien, en face. Leur confrérie possédait une chapelle dont on ignore, au reste, la date d'édification, mais qui subsista jusqu'au xvi^ siècle : la Capelle-Redonde, consacrée au saint vénéré par les pêcheurs, à l'angle de la rue Mal bec et de la rue des Blanchers, appelée aussi rue des Pescadours. Cette chapelle dépendait de l'église vSaint-Nicolas, de Saint-Cyprien, dont la construction, dans sa partie la plus ancienne, remonte au xi^ siècle et dont le porche est un spécimen fort intéressant de l'art roman. Au port de Viviers abordaient les bateaux chargés de marchandises venant de l'aval, le trafic par eau sur la Garonne commençant véritablement en ce point. Là, également, travaillaient les orpailleurs qui lavaient les sables aurifères charriés par l'Ariège; ces artisans étaient assez décriés, si nous en croyons un vieux dicton du XTi^ siècle (^). Non loin, dans la rue des Blanchers, qui unissait la Capelle-Redonde à la muraille romaine et à la Porte-Pinte, s'étaient établis les blanchisseurs de cuir, tanneurs et chamoiseurs, affranchis de toute redevance, dès 1067, par le comte Guillaume IV et sa mère Almodis.
Tout ce monde animait de son mouvement bruyant la Place
grève en pente douce qui montait vers la place de la Dau- ^^ '^ Daurade,
rade, alors simple pré sur lequel il était défendu de bâtir, Pont-Couvert. derrière l'abside du sanctuaire. Plus loin, les berges de la