‹ Histoire de ToulouseChapitre 257 sur 317 · I. V. M. Albert · texte numérisé non relu

I. V. M. Albert

preuve non équivoque de leur attachement constant à la Révolution depuis 1789. Les prêtres, même « déprêtrisés », doivent se rendre au chef -lieu du district. Tout citoyen doit dénoncer les propas inciviques ou les actes d'oppression à l'égard des patriotes. Le 29 germinal (18 avril), Dartigoeyte fait une rafle de cent suspects, dont beaucoup sont ensuite élargis. C'est l'époque où chacun, pour se sauver, dénonce son voisin : « Il fallait, dit d'Aldéguier, se connaîtie parfaitement pour oser communiquer ensemble (^). »

Ivcs prisons Tous les locaux disponibles furent utilisés pour enfermer

de Toulouse. jgg suspects, et même, au mois de septembre, cent cinquante nobles durent être évacués sur les prisons de Clermont- Ferrand {^). En mars 1794, on dut ajouter aux prisons du Capitole le corps de garde du premier étage, au-dessus du vestibule d'entrée. Les aristocrates, les j^arents d'émigrés, les citoyens incarcérés par mesure de sûreté générale occupaient le couvent de la Visitation : c'était « l'arche de Noé, dit d'Aldéguier; tous les états y étaient confondus )>. Mais le ton général y restait aristocrate : « Le parlementaire y portait son frac aussi gravement que sa robe. » Au début, ces prisonniers faisaient venir leur nourriture du dehors et tenaient bonne table; ce va-et-vient leur permettait de correspondre avec le dehors, même avec des émigrés. L'incarcération des étrangers (10 août) et le règlement du 20 brumaire mirent fin aux agapes et aux correspondances. Cent quarante-cinq femmes se trouvaient dans la maison des chanoinesses de Saint-Sernin, rue Matabiau; c'est là que furent réunies M^^s de Cassan, d'Escalone, d'Aguin, de Rességuier, Le Blanc et ses deux filles. Le couvent vSainte- Catherine fut réservé aux prêtres et religieux; la Conciergerie, les Hauts-Murats et les prisons de l'Hôtel de ville aux inculpés de droit commun. Les fédéralistes furent réunis aux Carmélites. Ils croyaient que leur détention serait de courte durée et manifestaient leur républicanisme par des chants, des inscriptions (^), des plantations d'arbres de la Liberté, des banquets fraternels dont leurs gardiens, indul-

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