LA TERREUR A TOULOUSE
Les arrestations. Les arrestations politiques ont commencé dès septembre 1792, avec l'accompagnement obligé des visites domiciliaires; elles se multiplient à partir d'avril 1793, atteignent
leur nombre maximum aux mois d'août, de septembre et d'octobre, pour recommencer leur courbe ascendante en nivôse, pluviôse et ventôse an II (décembre 1793, janvierfévrier 1794). La statistique précise n'a pas été dressée. Le 8 octobre, les représentants écrivent qu'ils ont emprisonné quinze cents suspects, et ils ajoutent : « Nous tenons presque tout le département de la Haute-Garonne. » Dès le 30 août ont commencé les opérations massives. Le Comité de surveillance de la Société populaire (18 membres), présidé longtemps par le limonadier Boyer, s'entend avec les municipalités pour dresser les listes communales de suspects; l'arrestation est confiée à une autre municipalité, pour éviter d'indulgentes complicités. Le 23 septembre, les visites domiciliaires reprennent pour rechercher les armes ou les métaux précieux chez les suspects ; elles sont effectuées par des membres de la vSociété payés 5 francs par jour. Un tiers des objets leur est alloué, les deux autres tiers étant réservés aux patriotes nécessiteux. On découvre des prêtres réfractaires, cachés chez des dévotes. On invite les suspects à se constituer prisonniers, sous peine d'être déclarés émigrés et de voir confisquer leurs biens; c'est ainsi que l 'ex-président Daspe et le ci-devant procureur du roi Moj'sset se livrèrent eux-mêmes. En août (à partir du 25) et en septembre, ce sont les fédéralistes qui remplissent les prisons : Garnault, Virebent, l'abbé Barthe, l'abbé Bories, ancien professeur de l'Université et l'un des premiers jacobins; le juge Bragouze (^), les frères Caffarelli, l'un ingénieur et l'autre ex-ecclésiastique; le médecin Dubernard. En octobre, ce sont les ci-devant membres du Parlement de Toulouse résidant en la ville (33 magistrats). Un peu plus tard (brumaire), c'est le tour de l'évêque Sermet, accusé d'opposition au mariage des prêtres et de sympathies girondines, ainsi que d'un certain nombre de prêtres assermentés. A la fin de 1793, ce sont les nobles des Dragons volontaires, qui servaient à Bayonne et qu'on transfère dans une prison de Toulouse pour les empêcher d'émigrer. Au printemps de 1794, les arrestations recommencent. Dartigoeyte prescrit d'incarcérer tous les ci-devant nobles s'ils ne peuvent fournir la