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En émigration, souvent appelé comte de l'Isle

3. I<anta, Caraman, Saint-Félix, Montgiscard, Montesquieu-sur-le-Canal, Nailloux, Auterive, Muret, Saint-l,ys.

se trouvait à Cintegabelle ; ils vinrent se poster à Pech-David pour être à portée de surprendre la ville. Une colonne de républicains est battue à I^anta. Mais les autorités de Toulouse avaient pris leurs précautions aux premiers avis; le 6 août, elles se déclarèrent en permanence, firent transporter les caisses publiques à l'Hôtel de ville, interdirent la circulation après la retraite, firent fermer les portes Montoulieu et Montgaillard. Le 21 thermidor (7 août), la municipalité dressait une liste d'otages qui furent immédiatement arrêtés. Les complices toulousains de l'armée de Pech-David se trouvaient dans l'impossiblité de nuire. Le 22 se tint un conseil militaire qui décida la formation d'un corps recruté à raison de dix hommes par canton « choisis parmi les républicains les plus forts, les plus ingambes et les mieux disposés à servir la République », soit deux mille sept cents hommes environ, ainsi qu'une compagnie de cavaliers et de canonniers. La commune alloua I franc par jour à la femme de tout garde national ainsi mobilisé, et 25 centimes pour chaque enfant. Le général Aubugeois, à la tête des premières forces réunies, chassa les royalistes de Pech-David. Le 9 août, près de Carbonne, ceux-ci furent encore défaits après une lutte sévère. Muret, vSaint-Nicolas-de-la-Grave, L'Isle-Jourdain, occupés par les insurgés, leur furent repris. Cette dernière localité, emportée le 25 thermidor (11 août), fut cruellement traitée; soixante-deux cadavres jonchaient les rues. L'ensemble des forces royalistes (seize mille hommes) fut écrasé à Montréjeau (20 août), par le général Commes, commandant la dixième région militaire. Lorsque arrivèrent les contingents envo3^és par le Directoire, avec le général Frégeville, tout était fini. Le 17 fructidor (2 septembre), le Conseil des Cinq-Cents votait une loi déclarant que les administrations départementale et municipale de Toulouse avaient bien mérité de la patrie, ainsi que les chefs, soldats des colonnes mobiles et gardes nationaux; les noms des citoyens morts en combattant les « brigands royaux » devaient être affichés au lieu des séances des administrations de canton.

D'Aldéguier, si inexact dans le récit chronologique de ces événements, explique bien les raisons de l'échec royaliste : la principale réside dans l'absence d'une véritable armée, le

La répression.

troupeau de paysans qui en tenait lieu ne pouvant guère résister aux gardes nationaux, déjà habitués aux manœuvres militaires. De plus, l'armée royale était isolée, incapable de recevoir aucun secours de l'étranger. Non moins évidente est l'incurable médiocrité des chefs, parmi lesquels le président du Comité insurrectionnel, de Vaure, était un lâche qui se terra pendant les événements; un autre, l'abbé de Montgaillard, un traître qui donna trop tôt le signal de la révolte; les autres, des partisans mais non des stratèges. Surtout, la République était, en 1799, trop solide pour pouvoir être ébranlée par des coups avissi faibles, et ses défenseurs savaient qu'en la protégeant, ils se sauvaient eux-mêmes des représailles futures et inévitables. Les insurgés pris les armes à la main furent amenés à Toulouse, jugés par des commissions militaires et fusillés par vingtaines contre la vieille tour octogone du rempart Saint-Etienne. D'Aguin et Termes, capturés, furent sauvés par le 18 brumaire. Tous les autres chefs s'enfuirent; l'insurrection avait duré quinze jours. La rigueur de la répression a frappé à mort, sinon l'idée, du moins le parti royaliste à Toulouse.

18 brumaire. Peu après ces événements, on reçut à Toulouse, le 23 bru-

maire (14 novembre 1799), la nouvelle des journées des 18 et 19 brumaire. L'insurrection royaliste avait accru la force du parti terroriste touloiisain; à deux reprises, le Cercle constitutionnel avait réclamé le renversement du Directoire du 30 prairial, notamment de r« infâme Sieyés » et le rétablissement de la Terreur (29 messidor et 21 brumaire). Cependant Bonaparte était très populaire à Toulouse et l'on avait célébré en son honneur, après son retour d'Egypte, la fête des Victoires. La nouvelle du coup d'Etat, surtout de la protestation de Destrem et de l'exclusion des députés de la Haute-Garonne, produisit chez les Jacobins une impression pénible et une certaine résistance. On appréhenda à Paris des actes de fédéralisme. En fait, grâce à l'action du général Frégeville, commandant la 10® région, la municipalité proclama le Consulat provisoire, sans tambour ni trompette; mais Bonaparte crut devoir envoyer à Toulouse Lannes, qui y était connu avec sympathie et qui nommé au commandement des 9^ et 10^ régions, exigeant de tous le serment de fidélité à la Repu-

blique, fit proclamer le Consulat avec le plus grand éclat. lyC 9 frimaire (30 novembre), la municipalité nouvelle, élue en floréal an VII dont le président était Paul Vaysse, salua, non le futur dictateur, mais la rénovation d'un gouvernement discrédité ; elle attendait de ces grands événements, disait-elle dans sa proclamation, le « triomphe de la République par la victoire, la prospérité par la justice, et le bonheur du peuple par la paix ». " Les hommes, ajoutait-on, qui ont conçu cette grande Révolution, ont donné des gages puissants à la République; entourons-les, pendant leurs travaux, de puissance et de respect, et, quand ils auront terminé, nous les environnerons de reconnaissance et d'estime ». Les montagnards qui occupaient les fonctions municipales exprimaient ainsi leur espoir, justifié par la réalité historique, en une consolidation de la Révolution assurée désormais contre tout retour de l'ancien régime. La Constitution du 23 frimaire an VIII, qui organisait le Consulat, promulguée le 29, fut soumise à l'acceptation des Toulousains; deux registres restèrent ouverts trois jours à la mairie. Le plébiscite donna une majorité considérable de «oui»; le 20 pluviôse, les corps administratifs et les fonctionnaires prêtaient serment de lui rester fidèles. En fait, ce qui survivait encore de liberté politique venait de disparaître pour faire place au pouvoir d'un seul.

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