‹ Histoire de ToulouseChapitre 297 sur 317 · Municipalité Etienne Billières · texte numérisé non relu

Municipalité Etienne Billières

2. Office public d'habitations et Société d'habitations à bon marché (M. Bcrlia, député, président).

3. HoTEL-DiEU S.\iNT- Jacques. I. L,'Hôtel-Dieu actuel comprend deux catégories de services : a) ceux relevant de la Faculté de Médecine : deux cliniques médicales, deux cliniques chirurgicales, une clmique de médecine infantile, une clinique de maladies cutanées et syphilitiques, une clinique d'ophtalmologie; b) ceux relevant de V administration des hospices : un service de médecine, un service de chinurgie, im service de tuberculeux, un service d'isolement, une service d'oto-rhinolaryngologie. II. Il y a, en outre, im double service d'incurables pour hommes et pour femmes, un service d'électro-radiologie et des laboratoires. ■ — Hôpital- Hospice DE LA Grave. I. I<es services de l'hôpital comprennent : a) ceux relevant de la Faculté de Médecine : tme clinique d'accoudiements, une clinique de maladies mentales, à laquelle est annexé im centre de malariathérapie, ime clinique de chinurgie infantile, ime clinique d'urologie, une clmique d'oto-rhino-lar>Tigologie, tm centre régional anticancéreux; b) services administratifs : une maternité, un service de maladies vénériennes réservé aux prostituées, une école régionale d'in-

Ga.ston Doumergue

Plans d'extension.

et dont la couverture est projetée en certains points, en sens inverse du prolongement vers l'Ecole Vétérinaire, l'allongement des allées Jean- Jaurès dans le centre, par la rue Lapeyrouse et le quartier de la Bourse, jusqu'au Pont-Neuf, le plus ancien sur le fleuve, et, de là, par la rue de la République, l'avenue de IvOmbez, dans une ligne droite splendidement infinie. Ces projets grandioses, qui s'inspirent d'une situation nouvelle, ont reçu un commencement d'exécution. Les travaux de la nouvelle Ecole vétérinaire, réclamée depuis 1899, ont commencé en avril 1932, sur le versant nord-ouest du Calvinet; elle s'élèvera au bout des allées Jean- Jaurès prolongées, en face des bâtiments projetés de la Cité universitaire, au delà de la gare Matabiau agrandie (^). Sur l'emplacement de l'ancienne Manutention militaire s'achève, dans un cadre approprié aux richesses qu'elle abrite, la nouvelle Bibliothèque municipale {^),

firmières. II. I<es services d'hospice comprennent : deux quartiers d'hommes et deux quartiers de femmes. 1,'ensemble des lits, à la Grave, s'élève à 924. — I,'HopiT.\L SUBURBAIN ET LE SANATORIUM DE PuRPAN. I,es pavillons existants, ou en construction sont les suivants : 1° Services administratifs : pavillon de l'administration des surveillants, des élèves infirmières, en fonctionnement depuis 1932; 2° Service de malades : un pavillon de médecine pour hommes et pour femmes; un pavillon de chirurgie pour hommes et pour femmes; un pavillon de contagieux (hommes et femmes); un pavillon de salles d'opérations; un pavillon de cours, pour l'ensemble, 501 lits; 3° Services annexes : un pavillon de pharmacie; un pavillon d'électro-radiologie, d'oto-rhmo-larjTigologie, d'ophtalmologie et de stomatologie; un pavillon de laboratoires; 4" Sanatorium pour tuberculeux : un sanatorium comprenant 75 lits d'hommes et 75 lits de femmes est en voie d'achèvement; 5° Services généraux : pavillon de la cuisine; pavillon de la buanderie, désmfection; pavillon d'hydrothérapie; pavillon du dépôt mortuaire et chapelle; 6° Services ajournés momentanément en raison de l'insuffisance des ressources financières : pavillon de médecine et de chirurgie infantiles; pavillon de contagieux enfants; pavillon d'accouchements et d'isolement. Ces services terminés, le nombre de litsde l'Hôpital Suburbain sera de 758. Il existe, en outre, une station d'épuration avec égouts, un réservoir d'eau aérien, etc. (Vice-président de la Commission administrative de l'Hôtel-Dieu, professeur Baylac).

1. T/'Ecole vétérinaire (directeur J. Sendrail) s'édifie sur un vaste terrain de quinze hectares, au nord-est de Toulouse; elle s'ouvrira sur un nouveau boulevard qui se détacliera de la terrasse terminant les allées Jean- Jaurès, siu" le plateau Jolimont, pour descendre vers la rivière de l'Hers.

2. La Bibliothèque de la ville, fondée en 1782 par l'archevêque I^oménie de Brienne, vient d'être construite sur cet emplacement de la Manutention militaire qui était jadis celui du couvent des Carmélites. C'est im des plus riches dépôts de France en livres des xv«, xvi<^ et xvn<= siècles. On y peut admirer, dans les meilleures conditions de confort : manuscrits à peinture, missels, livres d'heures, Sublime Apocalypse, Chronique de Saint-Denis de Froissart, renfermant de merveilleux spécimens de ces miniatiures françaises où, du xn'= au xv<= siècles, nos enluminevurs, nos « historiens » surent enclore, dans des proportions si réduites, tant de charmes rêveurs, de grâces suaves, de majesté recueillie, de pathétique grandeur; manusctits autographes des vieilles gloires toulousaines, de Fermât, de François Maynard; 859 incunables, parmi lesquels figurent tant d'impressions célèbres et souvent imiqucs au monde;

dont la première pierre fut posée le 25 juin 1932 et c^ui sera une des plus belles de France, tant par ses aménagements très modernes que par les richesses bibliographiques qu'elle pourra mettre à la disposition des lecteurs. Un nouvel amphithéâtre pour la Faculté de Médecine a été récemment inauguré, digne cadre pour les assemblées solennelles de l'Université. Ainsi, c'est vers l'esprit que vont notamment les préoccupations de nos magistrats municipaux. Mais le peuple a sa bonne part de sollicitude : une nouvelle Bourse du Travail a remplacé, en 1930, l'ancien bâtiment de la place Saint-Sernin; là seront plus à l'aise les cours professionnels, si heureusement développés à Toulouse. Une usine d'incinération des gadoues a été édifiée en face de l'usine électrique, au Ramier du Château. De nouveaux abattoirs ont été construits suivant le tj^pe industriel. Le pont suspendu Saint- Pierre a été transformé en un pont rigide gracieux. L'alimentation en eau potable, si souvent discutée, a été résolue par la construction de l'usine de Pech-David, qui élève les eaux du petit bras de la Garonne, les filtre, les javellise dans un château d'eau aérien dont le site offre aux regards comme un décor de féerie s'abîmant, sous les rayons du soleil couchant, dans une rouge agonie. Cette circulation impose les égouts souterrains, déjà envisagés, dont la dépense atteindrait cent millions. L'éclairage axial allume les voies publiques. Le Palais des Sports, au Ramier du Château, luxueusement conçu, au, milieu d'un cadre unique empli de lumière et de chants, avec bâtiment central, piscines d'hygiène, enfantine et sportive, de 150 mètres de longueur, tennis, culture physique, parcours de golf en perspective, jeux divers, c'est un

l'incomparable exemplaire du Songe de Polyphile, qui est le roi des livres de tous les temps par la beauté de ses caractères et de ses gravures sur bois, par l'équilibre de sa composition et de ses marges ; le Molière de Boucher, les Fa blés de La Fontaine d 'Oudry , les Contes des Fermiers généraux illustrés par Eisen. Et, parallèlement à l'histoire du livre, celle de la reliure, estampages à froid, gothiques souples, entrelacs exécutés par Grolier et IVIaioli, mosaïques, arabesques, fleurons de la Renaissance, moussetises volutes de Le Gascon, dentelles de Derome. Une légion de merveilleux bijoux ravissants pour l'œil et voluptueux à caresser. Pose de la première pierre : Pol Neveux, l'éminent inspecteur général des Bibliothèques. Dans ces mêmes bâtiments sont réunies la Bibliothèque de la ville et celle de l'Université; chacune d'elles sera indépendante; elles ne seront pas fusionnées, elles seront jumelées. Cette Bibliothèque moderne a été édifiée, Etienne Billières étant maire de Toulouse, Julien adjoint délégué aux Beaux-Arts, Montariol architecte, Fr. Galabert bibliothécaire-archiviste de la ville.

appel à la joie de vivre dans un site charmeur. Après les légendaires omnibus Pons, en diligence animale, les tramways sont venus ; les rails les ont bientôt disputés aux chevaux, accélérant les transports de plus de flâneurs que d'affairés, et après l'électricité qui les a pris, l'autobus les enlève peu à peu. La concurrence des choses va avec celle des gens. On travaille désormais à Toulouse selon le r>^thme moderne; il faut aller vite, bien et loin, respecter la chaussée, confondue avec le trottoir, obéir aux prescriptions gouvernant la circulation des véhicules comme celle des piétons qui n'y peuvent croire.

Iv'urbanisme a fait de Toulouse une ville nouvelle. Mais il y demeure encore assez de vestiges du passé pour que les amoureux d'histoire puissent en reconstituer aisément l'aspect. La Grand' Rue du moyen âge a conservé des tronçons intacts, ainsi que la voie reliant la Daurade à Saint-Btienne. Les anciens quartiers parlementaires gardent, dans leurs rues étroites et ombreuses, bien des logis d'autrefois. On y peut encore rêver à l'aise, y fuir les ardeurs du soleil, y goûter la fraîcheur silencieuse des cours à noble ordonnance. Les églises de Saint- Sernin, de Saint-Etienne, les Jacobins, les beaux Hôtels de la Renaissance, le Capitole, sont d'admirables évocations.

Ce livre n'aura pas été inutile s'il a réussi à montrer que Toulouse n'a rien à envier à aucune autre cité provinciale pour l'ancienneté, pour la variété et pour l'intérêt de ses fastes.

Page 1