Architectes Bonnal et Rajniaud
2. I^'Observatoire du Pic-du-Midi de Bigorre, Yun des plus élevés de l'Europe (altitude 2.859 mètres), a été rattaché en 1903 à l'Université de Toulouse.
bette et l'écluse Bavard. En 1845, la place des Carmes, alors place d'Orléans, est ornée d'un bassin et d'un jet d'eau; on devait y transporter, plus tard, les quatre candélabres monumentaux de la place du Capitole, dus au fondeur Olin. Enfin, la consécration de la Daurade eut lieu en 1838; mais l'église manquait de façade et communiquait avec la rue Peyrolières
Ecole i'élénitatre el canal Jiu/uel (i8^ij
(g. Carpenter à M. Joseph Vaysse)
par un couloir aménagé en 1841-1842. En 1847 était posée, par Monseigneur d'Astros, archevêque de Toulouse, la première pierre de l'église Saint-Aubin, édifiée sur l'emplacement de l'ancien cimetière commun à Saint-Aubin, Saint-Etienne, Saint-Sernin et le Taur (^). Au reste, cette période, caractérisée par les progrès du sentiment religieux, est fertile en sanctuaires (églises du faubourg Bonnefoy, du Sacré-Cœur de la Patte-d'Oie, Saint-François-Xavier de l'avenue de Muret). Enfin, c'est sous Louis- Philippe (1840) qu'a été introduit à Toulouse l'éclairage au gaz; mais c'est seulement sous Napo-
I. Le projet est dû à Delort, architecte du dôme de la Grave; il s'est inspiré de Saint-Sernin. I< 'église mesure loo mètres de long sur 32 mètres de large; malheureusement, elle est inachevée; un plancher remplace encore les voûtes.
léon III (1854) qu'a été formée la Compagnie du gaz et bâti le gazomètre {^).
Sous le second Empire, la peinture sur verre, ce grand art {Bous
cultivé avec tant de bonheur pendant le moyen âge, alors que le Second Empire. s'élevaient nos basiliques, a été reprise à Toulouse avec une ferveur toute nouvelle, mais avec des systèmes différents, notamment par Gesta, qui a doté Toulouse, en 1852, d'un établissement de premier ordre. Sous ce même second Empire, les travaux s'activent. On a vu alors disparaître quelques décors familiers avec les statues de la Force et de la Justice, dont on ignore le destin; l'arc de triomphe du Pont-Neuf, en 1860, et les deux tours en 1868, le tablier et le parapet du pont a^T-ant été abaissés d'im mètre; la porte Montgaillard, du xviii<^ siècle (1867); surtout la vieille Halle de la Pierre (1862), dont les environs, déblayés depuis quelques années, ont servi à la création de la place Esquirol, avec son marché couvert, inauguré en 1865. D'autres disparitions sont à jamais déplorables : le beau jubé de Saint-Etienne (1866), dont il reste une porte en ferronnerie au Musée Saint-Raymond, le rétable de Bachelier, près du pilier d'Orléans. Le quartier du Salin prend sa physionomie d'aujourd'hui, avec la démolition de la Monnaie et de son moulon (1860) et avec la création de la vaste place actuelle. Déjà, en 1850, la statue de Cujas (8 décembre) avait été placée en face de la Cour d'appel, sur la place dite de la Viguerie. En 1855 s'élevait, sur les terrains de l'ancienne sénéchaussée, l'église du Jésu, devant laquelle est aménagée la place des Hauts-Murats. Non loin de là, de 1863 à 1868, sur l'ancien terrain des fortifications et des fossés de la ville, s'édifie le Palais du Maréchal, d'un style somptueux, dans le goût du temps, ainsi nommé du maréchal Niel, pour qui il fut construit (^). En 1850 fut bâti le quai actuel de Tounis et rebâti en 1854 le vieux pont de l'île; la Poudrerie quitte
1. Quand on se reporte en arrière par le souvenir, on est stupéfait en songeant que relativement peu de temps nous sépare de l'époque où Toulouse était plongée tous les soirs dans les ténèbres que le malheureux réverbère compliquait parfois au lieu de les dissiper !
2. I^e maréchal Niel fut le premier occupant de ce palais. Originaire de Muret (Haute-Garonne), 1802-1869, ministre de la Guerre, il acquit sur les champs de bataille cette renommée qui donne, durant des siècles, un noble retentissement à son nom, et il s'illustra surtout en Orient et en Italie. Les sculptures du fronton sont de Ponsin-Andarahy et de Maurette ; les génies ont été sculptés par Adolphe Azibert.
ces parages en 1852 pour être transportée au Ramier du Château ; en 1866, la fonderie de canons est supprimée et, plus tard, dans les bâtiments occupés par cette fonderie, fut créé l'Ins-
Alarécbal Niel
'Musée Saint Raymond'
titut catholique (1). La même année vit l'édification des
I. I,es bâtiments de l'Institut catholique de Toulouse s'élèvent rue de la Fonderie, n°2i ; ce sont les religieuses de Sainte-Claire du Salin qui furent leurs premiers occupants. L'ordre des Clarisses aj'ant été supprimé avec la Révolution, le couvent fut désaffecté et on substitua à cet ordre la fonderie de canons qui fonctionnait depuis le xvi« siècle dans la rue des Cordeliers (rue Deville). Elle n'existait plus en 1866. Cet Institut, inauguré le 15 novembre 1877, est la fondation de seize diocèses: Toulouse, Albi, Auch, Agen, Aire, Bayonne, Cahors, Carcassonne, Mende, Mon tauban, Pamiers, Perpignan, Périgueux, Rodez, Tarbes, Tulle. Le recteur actuel de l'Institut est l'érudit Mouseigiitur de Solages.
bâtiments du Conservatoire (M. La ligne des boulevards (Arcole, Lascrosses) s'achève le long des casernes d'artillerie construites. L'arrivée du chemin de fer à Toulouse et la construction de la gare a beaucoup fait pour modifier la physionomie de la ville. Jusqu'alors extérieur au centre, le quartier s'est peujilé, et une large rue (Bayard) a établi la communication entre l'ancienne porte Matabiau et la station (1860). En 1861 est élevée la Halle aux grains de la place Dupuy. En 1865 est inauguré le Musée d'histoire naturelle (^). La même année, la municipalité décide le percement de deux grandes voies, l'une transversale, de l'ancienne porte Saint- Etienne à la Garonne, par la place Esquirol, l'autre longitudinale, du boulevard de Strasbourg au Salin. Mais les travaux étaient à peine commencés lorsque la guerre de 1870 éclata.
C'est vraiment la période commencée en 1870 qui a vu s'ac- Sous la Trcisième complirà Toulouse les grands travaux d'urbanisme. De 1869 à ^P^ ^^^^"
1874 était percée et partiellement bâtie la rue d'Alsace-Lorraine, qui allait devenir le centre vivant de la ville, au détriment de l'ancienne Grand'Rue. En 1884 s'achevait la rue transversale ou rue de Metz, dont le déblaiement avait commencé en 1869.
1. En 1884,1e Conservatoire est devenu une Ecole nationale, sous le titre de Conservatoire municipal de musique et de déclamation, succursale du Conservatoire national de musique de Paris. Il possède une bibliothèque enrichie de nombreuses partitions d'autographes et de manuscrits; 300 élèves s'y forment à l'école d'éminents professeurs, sous la haute direction de M. Aymé Kunc, grand prix de Rome, dont le sens artistique ne cesse de s'affirmer dans l'accomplissement de ses fonctions; c'est aussi sous sa direction artistique qu'a été créée, sur la scène du Capitole, la Tétralogie de Wagner, avec M. Carrié conune directeur théâtral. I^e Capitole de Toulouse était devenu le Bayreuth français. On sait qu'en 1848-1849 notre célèbre compositeur Charles Gomiod avait sollicité la direction de ce Conservatoire.
2. Musée d'Histoire naturelle. — Installé dans l'ancien cloître des Carmes déchaussés, près du Jardin des Plantes, ce Musé; compte panni les plus beaux de France. Iv'Académie des Sciences, inscriptions et belles-lettres avait demandé sa création en 1858; il fut ouvert au public 1:- 16 juillet 1863, avec le concours de M. Filhol, directeur de l'Ecole de médecine, qui dirigea les constructions et l'organisation. De nombreux donateurs ont enrichi le INIuséum et, parmi eux, panni ks personnalités qui ont ainsi contribué à sa direction et à son installation, il convient de citer notamment : Noulet, Trutat, Garrigou, Cartailhac, I^artet, Frizac, Lassus, Timbal-Eagrave, Dominique Clos et tant d'autres. Sa biblioUièque est importante. Plus de 5.000 espèces de plantes y sont classées. On peut y remarquer des mammifères des Pyrénées, une collection anthropologique, im fac-similé de la caverne du tue d'Audoubert, avec les bisons d'argile, des météorites de Saint- Sauveur, des poissons du Tchad (mission Jean Thomas), des collections de botanique, d'ethnographie, de préhistoire, etc. Ea direction est actuellement confiée à MM. le comte Henri Bégouen, administrateur; ks professeurs de Faculté Duffour et Vallois, conservateurs; Eacomme, consers'ateur technique; Mourié, secrétaire général.
lyC long de la première voie, Viollet-le-Duc et Darcy élevaient, de 1880 à 1901, à la place du réfectoire des Augustins, malheureusement démoli, le nouveau Musée, d'une architecture discutable, qui masque de sa masse un des plus beaux ensembles monastiques qui soient en France (^). I^a grille du cours Dillon
Le ^11 usée
était transportée rue de Metz, en bordure du square du Musée. lyC marché couvert d'Esquirol, démoli en 1892, est remplacé
I. Ainsi le nouveau Musée des Augustins occupe actuellement l'ancien monastère des Grands- Augustins et les galeries complémentaires élevées en façade sur la rue Alsace-L,orraine. l,a salle capitulaire, qui borde la rue des Arts, comprend le chapitre avec son ancienne chapelle absidiale de Notre-Dame-de-la- Pitié, contiguë au chapitre, ajoiuée sur le cloître par deux fenêtres et dont les voûtes retombent sur deux piliers en marbre gris, et enfin la sacristie, dont la chapelle absidiale sert de souche au clocher de style languedocien, avec sa belle ceinture de fenêtres en mitre, dépossédé au profit de la cathédrale de sa cloche célèbre : l'Augusiine. ly'église gothique est au nord du grand cloître. I<e petit cloître du parloir des religieux (1626), restauré en 1835, a l'aspect d'im patio espagnol. C'est sur le square de ce Musée que, jusqu'en 1892 étaient établis les bâtiments des Beaux- Arts. (H. Rachou, Musée des A ugustins, guide complet et précieux pour le visiteur). I,e Musée renferme une admirable sélection du passé artistique de Toulouse. Son classement méthodique peut être donné en exemple; il est l'œuvre du grand artiste Henri Rachou, qui lui a consacré ses talents et tous ses soins. Voici un faible aperçu des richesses de ce Musée : Delacroix, Entrée du sultan du Maroc à Marrakech ; Corot, Etoile du matin ; Rubens, Christ entre les deux larrons; I<argillère, son Portrait; Vigée-I^ebrun, Portrait de la baronne de Crussol; Stella, Mariage de la Vierge; Mignard, Christ; INIurillo, Le
à la même date par celui des Carmes. De 1889 à 1904 est créée la rue de Languedoc, qui prolonge la rue d'Alsace, englobe la place Rouaix, la rue des Chapeliers et celle du
Photo Gaubert
Cbrtdt de Rubcn,\
Musée de Toulouse
Vieux-Raisin. En 1908, des Carmes à la porte Montgaillard, la rue Ozenne éventrait le vieux quartier des hôtels parlemen-
Saiiit-Diègue d'A Icala de Hénarés ; Van Dyck, Miracle de la mule ; Philippe tic Champaigne, Réception d'Henri d'Orléans; Pérugin, saint Jean et saint Augustin; des primitifs; des toiles de toutes les écoles (espagnole, flamande, italienne, française) , parmi lesquelks Nicolas Poussin, Boucher, Ingres, I.e Nain, Jouvenet, Courbet, Ricard, Couture, Isabey, Henner; et notamment, parmi les modernes : Jean-Paul
Disparitions,
améliorations
et
créations.
Musées.
taires; c'est la plus large de la ville. Vers 1890, le boulevard Carnot unit le boulevard Saint- Aubin aux allées Saint-Etienne { Alphonse- Pey rat), à travers des rues démolies. De 1894 à 1898, l'ancien foirail vSaint-Ktienne (au pied des anciens murs) a été bâti et la rue Alexandre-Bida créée. La construction de nouveaux ponts sur la Garonne : pont Saint-Michel actuel (1886-1889), remplaçant le pont suspendu emporté par l'inondation de 1875; pont Saint-Pierre, rétabli en 1881-1883, et pont des Amidonniers, terminé en 1913, a achevé de fixer la phj'sionomie de la ville qu'enserre un énorme boulevard circulaire, au pied des remparts du moyen âge. Les faubourgs s'allongent en dehors de cet anneau (Minimes, Bonnefoy, Guilheméry, Montaudran, Busca, Saint-Michel), se diluant dans la campagne par leurs maisonnettes à jardinets. Le faubourg Saint-Cyprien lui-même, dévasté par l'inondation du 23 juin 1875, s'est relevé, embelli (place et fontaine Olivier) ; la gare Roguet lui communique une nouvelle activité (1900), et la ville se prolonge montant à l'assaut des collines de Pech-David, de Jolimont, de Bonhoure, transformant en banlieues Lardenne, vSaint-Agne, Blagnac, Croix-Daurade, qui, naguère, étaient encore la campagne.
Quelques hôtels ont disparu dans les percées, mais, d'une manière générale, on a conservé ce qui méritait de l'être. En juin 1892, la vieille Halle aux poissons du moyen âge a été désaffectée et démolie avec son portail monumental ouvrant sur le couloir qui menait à la Garonne. Elle était remplacée depuis deux ans (1890) par le marché Victor-Hugo. A la même époque (1892), l'Ecole des beaux-arts était transportée à l'ancienne Manufacture des tabacs et l'on ajoutait aux trois corps de briques, d'une belle ordonnance, la façade de pierre
Laurens, L'A ^italcur du Languedoc ; Benjamin Constant, Entrée de Mahomed II à Constantinople ; Henri Martin, Fêle de la Fédération; Clovis Cazes, Mercié, Gervais, Henri Racliou, Garipuy, Debat-Ponsan, Guy, Yarz, Didier Pouget, I,atil, Ménard, etc. Des sarcophages gallo-romains, travaux d'Hercule, chapiteaux romains. (V. H. Rachou. Description des statues de la chapelle de Rieux et des personnages de Saint-Sernin, Privât, 1910). I,e Musée lapidaire est le plus riche de province. Dans le cloître, cette merveille de l'art gothique, on est saisi d'admiration. I<à sont disposés des sarcophages, des fragments de sculpture du moyen âge, les admirables statues de la chapelle de Rieux et des personnages de Saint- Semin. l,es longues galeries du cloître ornées de cent soixante-seize colonnes jumelles en ogives tréflées; le jardin où reposent les restes inanimés des ermites de Saint- Augustin, la paix silencieuse de ses allées désertes, la verdure riante qui mêle l'éclat de la lumière à la douceur de l'ombre, plongent l'âme dans une indicible
qui a suscité tant de justes critiques (^). Auparavant (1883- 1884) s'était édifiée la façade de la Daurade, du reste inachevée, et dont le style jure avec celui de l'église. En 1898, le bel hôtel d'Assézat, légué par le banquier Ozenne aux Sociétés Savantes, recevait, après de judicieux aménagements, sa nouvelle destination. L'exposition du Salon des Artistes
Edit. Au CapHole
Façadea Ecole deé Beaux- ArLs et Egluw i)e la Daurade
méridionaux, inauguré en 1909, a, tous les ans, le plus grand succès C-^). En i88i,la flèche de la Dalbade avait été construite
rêverie... Et, disséminées, de belles œuvres des sculpteurs modernes : Falguière, Mercié, Marqujste, BourdelleJ Idrac, Ponsin-Andarah}-, Maurette, Ségoffin, I^aporte, lyabatut, Fabre...
1. 'L,' Ecole des beaux-arts et des sciences industrielles comprend deux sections distinctes : l'une prépare ses élèves à l'Ecole nationale des beaux-arts et aux carrières artistiques, l'autre prépare les apprentis de tous métiers. Elle possède une importante bibliothèque et une riche collection de moulages des anciens élèves. Dans la grande cour, sur tme façade, reproduction, offerte par l'Etat, du bas-relief de La Ferté- Milon.
2. Ce Salon des Artistes méridionaux s'épure et progresse régulièrement. Il a droit, par le haut rang qu'il occupe, au titre de Salon toulousain. En 1934, 402 envois ont été faits à son exposition. Palais des Arts (Ecole des beaux-arts et des sciences industrielles). Président, M. Vivent; secrétaires, MIVI. Alet, Mesplé, M"<= Soulé. (V.Pierre I,espinasse, Salon des Artistes méridionaux, [L'Archer, 1934]-)
et ce haut clocher de briques dominant le vieux quartier de Toulouse était devenu le trait le plus saisissant de son paysage urbain; une catastrophe récente (i6 avril 1929) l'a fait disparaître (1). Après des discussions et des retards qui ont duré plus d'un demi-siècle, la restauration de la cathédrale Saint- Etienne a commencé en 1914, suivant le plan d'ensemble respectant le passé, mais appelant quelques réserves, et destiné à donner une unité à cette œuvre admirable et incohérente (2). Le vieux Collège Saint-Raymond, restauré par
1. I<a flèche de la Dalhade avait été reconstituée de 1878 à 1880. Depuis 1890, des mouvements avaient été constatés dans les :nurs du clocher et attribués à la plate-forme sur laquelle reposait la flèche. Cependant, cette plate-forme, si elle n'est pas étrangère à l'écroulement du clocher, n'en serait pas seule la cause. Le sous-sol des immeubles du quartier de la Dalbade est constitué par des terres friables, et le travail des eaux qui circulent sans cesse dans ce sous-sol aurait contribué tant à la catastrophe qu'aux divers désordres constatés sur l'église et sur les bâtiments avoisinants. D'ailleurs le niveau de la nappe phréatique est passé de 12 mètres à moins de 3 m. 50, alors que les fondements de l'église et du clocher seraient à 6 mètres seulement et, par suite, ne reposeraient pas sur un sol dur. (V. notes Gilet, architecte, diplômé du G.). L'église est désaffectée depuis avril 1933. Le Conseil municipal, dans sa séance du 5 février 1933, a voté un crédit de 4.433.817 fr. 50 pour la reconstruction du clocher et la réfection de l'église. La mise en adjudication va avoir lieu en un lot unique et forfaitaire sur le prix de ce crédit.
2. Le projet est dû à M. P. -Anne Louzier, architecte du gouvernement, aujourd'hui décédé ; il a été poursuivi par M. Hulot, également architecte du gouveniement, avec M. Barthe comme entrepreneur, habile et consciencieux. Le style de la construction est du xni8 siècle, ainsi d'ailleurs que le chœur et les bas côtés. Le transept seul est construit à ce jour, mais il manque encore, pour le compléter à l'intérieur, la construction de la voûte, le cotu-onnement des panneaux des arcatures, ainsi que la galerie permettant d'accéder au buffet d'orgues. Le bas côté est en attente faute de crédits et, pour cette même raison, ramené à la surface d'encombrement de 97 mètres superficiels, tandis que le projet de M. P. Anne-Louzier devait occuper une surface de 332 mètres superficiels, en suivant le même alignement de la façade du transept neuf et des constructions anciennes. Le nouveau projet se trouve en retrait de 8 mètres de la façade de ce transept. Pour la construction du transept, on a dû prendre et démolir la chapelle du Purgatoire, ainsi que le porche bâti, suivant M. de Lahondès, par Bernard de Rouzergue (1451-1474) et les ccnstructions adossées au mur ouest. Pour le bas côté, de grandes fouilles ont été nécessaires, la construction du calorifère se trouvant immédiatement au-dessous. La terre couvrant cette surface était de i m. 35 au-dessus du dallage de l'église et les fondations anciennes à 2 m. 65 de cette dernière cote. Pour arriver au radier de la cuve et avoir, entre ce dernier et le plafond la recouvrant, la hauteur de 3 m. 50 plus les épaisseurs du plafond et des poutres qui doivent aussi servir de plancher pour le bas côté ainsi que le radier, le tout en béton armé, on a dû descendre à 4 m. 25 au-dessous des fondations anciennes et reprendre en sous-œuvre toutes celles-ci, ainsi que celles du clocher en maçonnerie. A 3 m. 60 du niveau du sol ancien, on a trouvé la terre glaise, et à 4 m. 15 l'eau. La rose du xni'' siècle, cachée extérieurement par le nouveau bas côté, mais visible à l'mtérieur, doit être reproduite sous la grande ogive du cloclier. Les travaux restant à faire sont les suivants : Transept : Intérieur, la voûte, balustrade et décorations diverses; Extérieur : au portail, trois statues et douze statuettes dans la voussure et le tympan; le bas côté. Ouest, sur la place et au portail : restauration, seize statuettes autour de l'archivolte, trois statues et tympan. Midi : dégagement de la cathédrale par la démolition du près-
Viollet-le-Duc en 1852, est devenu, en 1892,1e Musée de Clliny de Toulouse (M. Le Musée des Toulousains de Toulouse est disposé rue Saint- Jean, dans des salles que l'abondance des objets d'art rend insuffisantes. Si les grandes passions font faire de grands efforts, c'est le cas pour les fondateurs de L'Auta dont c'est l'honneur d'avoir constitué et enrichi ce Musée, inspiré du Museon Arlaten (Arles en Provence) {^). Rue de la Pleau, une de ces vieilles rues avec son nom traditionnel, on peut revivre la vie de jadis au Musée de l'amateur d'art Paul Dupuy, dans cette ancienne demeure du capitoul Pierre Martin restaurée, avec sa tourelle et ses deux cheminées monumentales. Là s'est établi le IVIusée Carnavalet de Toulouse; il regorge d'objets curieux et, dans ses parties essentielles, l'ancienne pharmacie du Collège des Jésuites, exploitée pendant deux siècles dans V hôtel Bernuy, présente un ensemble du plus grand intérêt. On y peut voir aussi d'anciens plans, des vues de la ville et de ses monuments avant sa transformation, y admirer des collections de tous styles, des autographes, les trésors de l'archéologie urbaine (^).
bytère, restaurations diverses, raccordement de la rue Sainte-Anne à la place Saint-Etienne et jardin dans la surface libre. Nous craignons, peut-être à force de désirer, que IVxécution dj ce projet n'arrive pas à créer, dans son ensemble, l'atmosphère de charme, de recueillement, qui fait le prestige des anciens édifices !
1. Musée Saint- Raymond. — • Un catalogue détaillé en montrerait plus encore l'intérêt. Il comprend ime partie des collections archéologiques de notre ville et tuie collection d'objets d'art remarquables et rares, rétablis et mis en ordre par M. Fourcade, conservateur, successeur de M. Cartailhac; ce Musée doit beaucoup à son savoir et à son activité. Une vue rapide jetée sur ces collections ne nous permet d'en donner qu'un simple aperçu, tout à fait insuffisant : porte du Grand- Consistoire, XYii" siècle; ancienne porte de la Salle des Illustres, fer forgé, xvii<' siècle, de Jean Pages; bahut à deux corps, xvi'' siècle; fauteuil de Napoléon I^'', xviu« siècle ; ancienne diligence (maquette) ; couteau (fac-similé) dit du duc de Montmorency; portraits des capitouls, médaillier de M. de Clauzade, émaux champlevés, xn^ et xrv<= siècles; coffret ivoire, xiV^ siècle; broderie du xni<^ siècle, collection Barry (poids municipaux); torques gaulois en or; monnaie égjTptienne; collection de statues et de vases grecs et étrusques, etc. Maints objets ont une valeur d'art incontestable.
2. Musée des Toulousains de Toulouse. — Tous les documents intéressant le passé de notre ville et qui peuvent être offerts à l'admiration des Toulousains s'y réunissent : souvenirs du pays, plans, gravures, métiers, vieilles étoffes, costumes, etc. C'est un Musée qu'il faut voir, qu'il faut avoir vu (président, Rozês de Brousse; conservateurs, Mesplé et Giscaro). On y remarque notamment : la Vierge en pierre de Saint-Louis, fin du XYI^ siècle ; carte manuscrite du canal du Midi, aux armes royales, antérieure à la création du canal; dessins de Mazzolli, de Léon Soulié et autres évoquant les aspects du vieux Toulouse; nombreuses œuvres d'artistes toulousains, portraits de personnages toulousains, fonds folklorique consacré aux métiers et aux ustensiles disparus, céramiques locales, bibliothèque toulousaine importante, etc. A l'intérêt documentaire de ces objets d'art s'ajoute encore la qualité esthétique; il serait malaisé d'en donner ime nomenclature détaillée.
3. Grâce à Paul Dupuy, l'histoire de Toulouse s'enrichit de documents intéressants et l'art trouve dans son musée une large place.
Restauration
de
l'Hôtel de ville.
La Grande Guerre
(2 août 1914- II novembre 19 18)
Surtout c'est le Capitole qui a été transformé dans la période qui suit 1870 (^). Il est devenu un hôtel de ville homogène formant un trapèze assez régulier, où ne subsistent plus du passé que le Donjon, restauré par Viollet-le-Duc, de façon fort contestable {i8yy-i88y) , et la cour Henri-IV, où l'on a rétabli les blasons capitulaires en 1873. Ainsi disparurent le Petit- Versailles, les prisons, la tour Charlemagne, la Commutation (dont la porte a été transportée au Jardin des Plantes), la tour de l'Horloge, le Poids-de-l' Huile, la caserne du Guet, ainsi que l'Octogone. I^a Salle du Trône a été transformée, en 1886, en bureaux municipaux. Le Orand-Consistoire, avec sa belle entrée, a été également démoli. A l'est, l'architecte Leclerc éleva (1884) une façade de pilastres et colonnades qui n'est que la paraphrase de celle de Cammas. Sur l'emplacement des bâtiments détruits, on a planté le square, qui excuse de ses verdures lumineuses la banalité des pierres blanches et encadre la puissante silhouette du Donjon {^). Le théâtre de 18 17, réparé en 1835, fut refait, en 1880, par l'architecte Dieulafoy, dans le st3de somptueux de l'Opéra; brûlé le 10 a\T:il 1917, il a été reconstruit en 1923 par Paul Pujol (^). La vieille Salle des Illustres, détruite en 1887, fut remplacée, en août 1898, par la salle actuelle, qui occupe toute la largeur du Capitole entre les avant-corps, et qui est surtout consacrée à la gloire de l'école d'art toulousaine du xix*" siècle (*).
Pourciuoi cet essor matériel et artistique a-t-il été interrompu soudainement par un événement formidable, par la guerre sans précédent qui devait bouleverser le monde?...
1. Chalande. Histoire monumentale de V Hôtel de ville (Revue historique de Toulouse, 1. 1 et suivants). Et notre volume : Le Capitole et le Parlement, Toulouse, 1926.
2. Dans ce squire, le 24 mars 192g, a été inaugurée la statue de Jean- Jaurès due aux ciseaux délicats et habiles de Vivent et de ParajTe, potu lesquels Marc Lafage a écrit : « Ce sont, à mon avis, les plus brillants sculpteurs contemporains.»
3. Paul Feuga, maire; Béluel, adjoint à l'instruction publique. \'oir également, pour le tliéâtre : Henri Ramet, Le Capitole et le Parlement.
4. C'est sur l'initiative d'Oumac, sénateur, maire de Toulouse, qu'a été entreprise, en 1892, pour la gloire et l'hoimeur de Toulouse, la réfection de la Salle des niustres, dont la galerie originaire, due à l'historien Lafaille, du xvni'^' siècle, avait été affectée aux bustes des personnages toulousains ayant « marqué dans l'histoire de notre ville ». Elle doit maintenant sa somptuosité à une pléiade d'artistes contemporains : Benjamin Constant, J.-P. L,aurens, Falguière, Henri Martin, Mercié, Gervais, Henri Rachou, Débat- Ponsan, Yarz, Rixens, Destrem, Marqueste, Labatut, Barreau, Cariés, H. Bonis, A. -P. Lupiac, Didier-Pouget, A.-M. Roucole, Constantin, Font. C'est n l'artiste peintre Paul Pujol que revient la conception d'ensemble (V. H. Raniei./.e Capitole et le Parlement : Salle des Dlustres) .
De tels souvenirs sont éternels ! I^a date du 2 août 1914 ramène, après vingt ans d'une paix infidèle à ses promesses, vers des heures douloureuses où la France entière, inspirée par son passé, se défend devant la menace étrangère et réalise l'union sacrée pour le salut de la Patrie. Les Toulousains résolus se rapprochent dans le calme. La jeunesse part pour la lutte et le sacrifice, animée d'un idéalisme d'enthousiasme. Sur le front de bataille, le 17^ corps d'armée a écrit des pages du plus sublime héroïsme. Rattaché d'abord à la IV^ armée (général de Langle de Cary) et sous les commandements successifs des généraux Poline (1914), J-B. Dumas (1914-1917), Henrys (1917), Graziani, Buat, Claudel (1918), Hellot (1918-1919) et Passaga (1919), partout il est au poste d'honneur : dans l'offensive de Belgique, malgré la cruelle surprise de Bertrix; dans le repli qui suit la bataille de Charleroi; à la bataille de la Marne, où, à l'ouest, il brise l'élan de deux corps saxons pour prendre ensuite une offensive vigoureuse (836 et 207^) ; aux carrières d'Haudremont, dont il s'empare après de brillants faits d'armes (33® D. I., 11^ R. I.) ; à la bataille de Verdun, à Fleury, à la chapelle vSainte-Fine, au fort de Souville, il se fait remarquer par une bravoure irrésistible (7^ et 14^ R. I. et 131^ D. I.) ; il arrache à l'ennemi (17 avTil 1916) les formidables hauteurs de Moronvilliers aA'ec les troupes les plus réputées de l'armée française (2 divisions d'Afrique); les deux divisions du 17^ C. A., après avoir été séparées, sont réunies de nouveau sous les ordres du général J.-B. Dumas; quelques jours plus tard (20 avril), avec les 7e et 146 R. I. et la 131^ division, est achevée la conquête du mont Haut, du mont Pertuis, du Casque. Le corps d'armée en entier prend alors une part prépondérante à la grande bataille des Monts ; dans les batailles défensives, contre-offensives, libératrices, on le retrouve : sur l'Ourcq (33^ R. 1.); en Flandres (34e D. I.), fin avril; dans l'Oise, octobre-novembre; dans la Somme (34^ D. I.), août-septembre; en Picardie (7c et 14e R. I. avec la 131^ D. I.); à Villers-Cotterets (16-20 juillet), où l'ennemi est contraint de repasser la Marne. Dès le début des hostilités et longtemps après, le 133e régiment d'infanterie territoriale (Toulouse) se conduit vaillamment, avec bravoure, en haute Alsace. Les citations
obtenues par les divisions et les régiments composant le 176 C. A. fixent à jamais leur renommée dans le souvenir (^).
Dans la ville et le département sont créées de multiples organisations où le patriotisme de chacun trouve un rôle utile, rivalise de soins et d'efiorts. Il faut rappeler de quels dévouements, de quels dons de soi, de quelles magnifiques générosités ces œuvres furent faites, avec un élan unanime ! Parmi elles, citons notamment : l'CEuvre des Pupilles des écoles publiques, la Maison âa Soldat, l'Œuvre des Bons- Bnfants, les Croix-Rouges qui se consacrent à leurs blessés sans répit, l'Œuvre des Prisonniers de guerre, organisée et dirigée par M. Victor Lespine, avec un zèle si désintéressé; le Comité central des Œuvres de guerre créé à la Préfecture, qui a réalisé l'union de tous les Toulousains dans ses huit sections, comprenant : les Mutilés, les Aveugles, les Tuberculeux, les Prisonniers de guerre, l'Ecole de rééducation des mutilés, les Convalescents militaires, les Orphelins de la guerre, la Reconstitution des pays envahis {^).
Douloureux, mais aussi réconfortants souvenirs qui nous enseignent la foi dans nos destinées, la confiance en un pays capable des plus étonnantes vertus héroïques, où l'on n'a vécu alors que pour ne pas mourir. Comment un peuple qui
1. Quelques lignes extraites des Ordres de l'Armée définissent avec exactitude cette renommée :
i4« Régiment d'Infanterie : « A enlevé de haute lutte les hauteurs puissamment fortifiées de Moronvilliers... » (Ordre du C. A.); — « Au cours d'un brillant combat a repoussé victorieusement de puissantes attaques ennemies... » (i''^ armée, ordre n" 36) ; — « Après avoir tenu héroïquement tète à la poussée de l'ennemi, a brisé son offensive et l'a repoussé de points d'appui fortement organisés... » (V'' Armée, ordre à" 375) : Fourragère aux couleurs de la croix de guerre (G. Q. G., 19 août 1918).
83® Régiment d'Infanterie : « A résisté aux assauts les plus furieux... » (D. A. N., ordre de l'Armée, n" 57) ; — « A fait preuve de remarquables qualités d'endurance... A franchi le premier la Somme... » (V^ Armée, ordre n° 12834) : Fourragère aux couleurs de la croix de guerre (G. Q. G., 13 janvier 1919).
23^ Régiments d'Artillerie : « Beau moral, sens de la liaison; à Verdun, s'est donné tout entier, tirant nuit et jour, malgré les pertes et les fatigues..; Coniillet..., mont Blond..., Kemmel... » (Ordre général n° 213. — ■ d. Annuaire de la Haute- Garonne, Privât, éditeur, année 1934, p. 187; — ■ Procès-verbaux du Conseil général de la Haute- Garonne, i"'» session, 191 9, p. 78).
2. lyC Comité central a recueilli, à lui seul, pour ses huit sections, plus de quatre millions de francs, dont deux millions ont été affectés aux secours en nature des prisonniers de guerre. A la fin des opérations, ses comptes, vérifiés par l'Inspection des Finances, ont été apurés par elle et reconnus d'une consciencieuse sincérité. I<e résidu a été remis au Bmreau de bienfaisance, qui distribue annuellement ses revenus aux familles atteintes par la guerre. I<e nombr»; des morts pour la Patrie s'est élevé pour le département à 11.335, pour Toulouse à 5-263.
a fait l'admiration du monde n'aurait-il pas, dans la paix, la volonté de vaincre qui fit sa victoire? Comment ne triompherait-il pas des embûches contre les grands devoirs de solidarité nationale, devoirs qui sont aussi impérieux aujourd'hui qu'au temps où l'ennemi foulait le sol de la Patrie?
Il semble que, pour aider à ce triomphe, Toulouse soit la ville d'élection. C'est, en effet, dans sa banlieue de Tournefeuille que la République a repris le Président Gaston Doumergue, dans sa verte et libre vieillesse, après quarante années de dévouement à son pays, comme sauveur moral au delà de la politique, afin de la guider vers la concorde nationale.
Après la Grande Guerre et grâce à la période de prospérité qui la suivit immédiatement, la municipalité a pu charger une commission d'établir un plan d'aménagement, d'extension et d'embellissement de Toulouse (25 octobre 1928). Cette œuvre a été entravée en partie par la crise économique (^). I,e territoire communal (88 kilomètres carrés), héritier du vieux gardiage, peut contenir un million d'habitants. Le plan prévoit des logis pour 400.000, quatre zones concentriques d'habitations à quatre étages au centre de la ville, à trois étages dans la périphérie (anciens faubourgs), à deux étages dans une troisième ceinture, et, dans la quatrième, des jardins et villas s'égrenant dans la campagne (^); il suggère deux gares nouvelles, à Saint- Agne et à Lalande, trois nécropoles, trois usines à gaz, des terrains de jeux, les hôpitaux transportés à Purpan (^), les canaux élargis