I. Rue de la Pomme
Hors des remparts s'étendait la campagne, peuplée sans doute de vergers, de fermes, de maisons de campagne et de quelques chapelles; un oratoire assez ancien avoisinait l'ancien cimetière romain, non loin de la porte Saint-Etienne : c'est le no3^au du faubourg Saint- Aubin (^). Sur la hauteur qui dominait cette agglomération, on exploitait l'argile pour la fabrication des briques; c'est le lieu dit Terre-Cavade. Près de la porte Neuve se détachaient de la vieille enceinte les remparts du bourg, qui suivaient le tracé de la rue d'Alsace et des boulevards de Strasbourg et Lascrosses. lycs murs de l'Arsenal, le long du boulevard de ce nom, sont formés en partie avec ce qui subsiste de la courtine et des tours reprises ou refaites au xiv^ siècle. Les murailles du bourg datent vraisemblablement de la période postérieure à Charles le Chauve, époque d'insécurité et d'alarmes continuelles, Cjui contraignit l'abbaye de Saint-Sernin à assurer sa protection et celle des habitants soumis à sa juridiction. Elles semblent avoir été construites d'abord en terre battue; détruites par Simon de Montfort, elles furent reconstruites solidement au temps de la guerre de Cent ans. Dans l'enceinte du bourg s'ouvraient les portes Cerdane {^), Pouzonville, Arnaud-Bernard, ainsi désignée par le nom du propriétaire des lieux voisins (^) et la porte des Croses (*). L,a première ouvrait sur la route d'Albigeois, qui traversait la grande lande de Croix-Daurade et passait l'Hers sur un pont très ancien, peut-être construit grâce aux subsides du bienheureux Raimon Gairard. La porte Arnaud-Bernard était celle de la grande route du Quercy; la porte Croses menait
hes faubourgs :
Saint-Aubin.
Terre-Cabade.
Enceinte.
Portes diverses.
]\Ialadreries.
1. 1,'oratoire fut établi au xni« siècle (V. Vié, Les origines de V église Saint- Aubin, à Toulouse [Annales du Midi, 1921-22, p. 377]).
2. Elle était placée entre la rue Porte-Matabiau (à peu prés entre la statue de Jeanne-d'Arc et les magasins du Capitole actuels), et la porte Villeneuve (à l'endroit où la rue du Rempart- Villeneuve rejoint la rue Lafajette d'aujourd'hui). Bull, delà Société Archéologique, fasc. 47, p. 493. Du Mège, Hist. des Institutions, t. I, place la barbacanne de la Porte Gaillard (sjnonj-me de Porte Cerdane entre la rue Berbacanne-Maiabo et la barbacanne de la Porte- Villeneuve. Cette porte Cerdanne, dont il est question dans la chanson de la Croisade, a longtemps intrigué les exégètes du \'ieux Toulouse. Mazzoli a supposé que la porte Cerdane était la même que la Porte-Matabiau. L,'abbé I<a Horgue a pris plus tard cette confusion à son compte. (La Grande Lande p. 325).
3. A cette famille devait appartenir le premier administrateur de l'hôpital Saiat-Raimon.