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Au coin de l'arsenal et du boulevard lyascrosses

à la campagne, au pré des Sept-Deniers. Toute la région du bourg avoisinant les remparts était remplie d'espaces libres, voire de cultures maraîchères; son éloignement relatif des agglomérations y avait fait établir des léproseries ou maladreries, hors les portes Cerdane, Pouzonville et Arnaud- Bernard, et, plus tard, des baraquements pour pestiférés,

Porte Arnaud-Bernaid

Saint-Pierre

des Cuisines.

hors la porte des Croses. I^e seul centre important se trouvait derrière la porte Arnaud-Bernard où se tenait, au xv^ siècle et sans doute longtemps auparavant, un marché aux bestiaux.

lya plus grande partie de la population du bourg se concentrait entre les anciens murs romains et les deux établissements religieux, Saint-Pierre des Cuisines et Saint-Sernin. Iv'église de Saint-Pierre, noyée aujourd'hui dans les établissements militaires héritiers de l'ancien enclos des Chartreux, eux-mêmes propriétaires de l'église au xvii^ siècle, date, dans son aspect actuel, de la même époque que Saint-Sernin; mais elle existait dès le vi^ siècle; son nom, a coquinis, lui vient soit des pauvres gens ou coquins établis aux alentours, soit du fait qu'originairement l'école dépendant de cette église était affectée à douze pauvres ecclésiastiques désignés par les moines de Moissac et dénommés « Monasti de Coquinis » (^).

I. l,e mot « cuisines » proviendrait donc de quoquin, soit de mendicus, pauvre.

En 1067, Guillaume IV et sa mère, Almodis de la Marche, firent don du sanctuaire et du prieuré annexe à Durand, abbé de Moissac, et à l'ordre de Cluny; c'est sans doute à partir de cette date que fut entreprise la reconstruction de l'église. Celle-ci, rituellement orientée, est remarquable par son portail encadré de six colonnes de marbre avec chapiteaux qui relient six arches romanes en briques moulurées ; les chapiteaux de droite racontent l'histoire du Christ (^), la Passion, la Descente aux Limbes, la Nativité, l'Annonciation; les chapiteaux de gauche présentent les scènes de la vie de l'Apôtre, le Christ remettant les clefs à saint Pierre, son triomphe et son martyre, l'Annonciation et la Visitation. A l'est de la porte, sous une arcature à colonnettes de marbre, un beau sarcophage roman dont l'attribution reste inconnue. L'église était surmontée d'un clocher, aujourd'hui détruit. Dans la chapelle absidiale, construite au xiv^ siècle, on transporta les restes d'un prieur, Etienne, mort le 7 février 11 81, dont la dalle funéraire s'y trouve encore.

Quant à l'église et à l'abbaye de Saint-Sernin, elles s'épa- Saint-Semin. nouissaient, au début du xii^ siècle, dans toute leur richesse et dans toute leur splendeur. L'enclos du couvent comprenait la presque totalité de la place actuelle, le logement de l'abbé, le cloître et les bâtiments de service occupant le côté nord de l'église, le cimetière côté sud. Le bâtiment était entièrement voûté depuis la fin du xii^ siècle, et, vers 1160, l'entrée, à l'ouest, avait pris son aspect actuel avec ses deux tours carrées accolées de part et d'autre des portes, l'une d'entre elles demeurant inachevée, et son double narthex divisé par quelques degrés. Une porte donnait au nord, dans le transept. Par là, plus tard, feront leur entrée les souverains arrivés dans la direction des Minimes, Arnaud-Bernard et l'actuelle rue Catien- Arnoult. Une autre porte mettait en communication le cloître et le collatéral. Au sud, dans le transept, près de l'enfeu où furent ensevelis Guillaume Taillefer, Pons et Bertrand, s'ouvrait la porte dite des Comtes ou des Filhols P), avec ses chapiteaux historiés représentant les péchés capitaux. On pénétrait dans le collatéral par la

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