‹ Histoire de ToulouseChapitre 78 sur 317 · Ivongue de 24 mètres, large de · texte numérisé non relu

Ivongue de 24 mètres, large de

2. I<ors de la reconstruction de l'édifice, la chambre dorée fut descendue au rez-de-chaussée des bâtiments. 1,'ensemble de cette chambre dorée est somptueux, assez lourd, de cette robustesse rm peu grasse spéciale au xvii^ siècle et qui porte l'empreinte italienne.

3. Près de la bibliothèque, l'ancienne Chambre des mises eu accusation se caractérise par im plafond qui ornait jadis la troisième Chanil)re des enquêtes. Il comprend neuf caissons, où sont représentés en relief, dans le chêne, neuf des travaux d'Hercule : Hercule au berceau étouffant les serpi-nts envoyés par Junon; le lion de Némée; l'hydre de l,eme; la biche aux pieds d'airain; les oiseaux du lac Stymphale ; Hercule aidant Atlas à porter le monde ; Cerbère enchaîné ; Géryon et Antée. Ces scènes sont encadrées par des torsades de fleurs. Ce curieux plafond est de la première moitié du xvn® siècle, dont il offre l'ornementation surchargée.

A côté du capitoulat et de la magistrature, un autre fait frappe l'historien de la Toulouse médiévale : c'est l'étonnante puissance de l'Eglise, surtout régulière, et le nombre de ses établissements divers.

Toulouse, depuis 13 17, est une métropole de qui relèvent sept diocèses. Le diocèse de Toulouse proprement dit, sensiblement plus petit que celui d'aujourd'hui et surtout que celui du xiii^ siècle, comprenait, outre les églises de la ville, six archiprêtrés (Gardouch, Caraman, Verfeil, Montastruc, Grenade, Le Lherm) ; cinq archidiaconés (Lanta, Olmes, Lézat, Fontenilles, Villelongue) ; deux cent vingt-sept paroisses et quatre-vingt-dix-huit annexes. On y comptait quatre chapitres, dont le chapitre métropolitain de Saint-Etienne et le chapitre abbatial de Saint-Sernin ; une cinquantaine de prieurés simples et trois cent cinquante chapellenies ou obits. Dans la seule ville de Toulouse et dans l'immédiate banlieue, le testament d'Arnaud d'iVvignonet {^), marchand, mentionne quarante-sept églises tant paroissiales que conventuelles, sans négliger quatorze hôpitaux et trois léproseries dirigés par des religieux ou religieuses.

Bien que la division de l'ancien évêché eût notablement diminué les ressources matérielles de l'archevêque de Toulouse, celles-ci demeuraient, au moyen âge, considérables (^). Son temporel, outre les bâtiments situés près de Saint-Etienne, comprenait quantité de terres et rentes s' étendant jusqu'à Portet, Castanet, Balma et le Garnaguès; l'ex-oppidum celtoromain, le village de Vieille-Toulouse, lui appartenait, ainsi que le château de Balma, dont il faisait, au xv^ siècle, après la fin des guerres, sa résidence d'été.

Les archevêques de Toulouse, au xiv^ siècle, ont été nommés par les papes, qui prétendent se réser\^er la désignation à ce siège, pour lequel quelques-uns d'entre eux ont marqué une dilection particulière. Protecteurs de l'Université, les papes d'Avignon Jean XXII, Clément VI et leurs succes-

1/ Eglise.

Archevêché

et

Diocèse.

Archevêques

de

Toulouse.

1. Publié par Mgr Douais (Mém. Soc. Arch., 1894, t. XV, p. 34).

2. Nous n'avons pas de pouillé du diocèse pour les xin<', xiV et xv« siècles.

Interventions

politiques

dans

les nominations

épiscopales.

seurs ont, en général, sans considérer la naissance, choisi des gradués ou des docteurs. Si Jean-Raimon de Comminges (1317-1327), Raimon de Canillac (1345-1350), Geoffroy de Vayrols (1361-1380) et Jean de Cardaillac (1380-1390) appartiennent à des familles féodales du Midi, le dominicain Guillaume de Loudun (1327-1345) et Etienne Audebrand (1350- 1361) durent leur promotion à leur seul mérite. Parmi ceux que leur naissance semble avoir favorisés, l'un des plus remarquables est Jean de Cardaillac, docteur et professeur de droit civil à l'Université, nonce apostolique en 1372, homme de savoir et d'éloquence, que Charles VI employa pour pacifier le lyanguedoc profondément troublé par la guerre sociale. Après le retour des papes d'Avignon à Rome et lors du grand schisme (1377-1415), le chapitre de la cathédrale reprend en fait le droit de désigner le candidat au siège archiépiscopal. Après François de Gonzié, de la maison de Savoie (1390- 1391) et Pierre de Saint-Martial (1391-1401), les chanoines choisirent unanimement leur prévôt, Vital de Castelmoron, Toulousain de naissance, docteur et professeur de droit à l'Université. Mais l'un des papes, Benoît X, revendiquant son droit de nomination, donna le siège et le pallium à Pierre Ravot, évêque de Saint-Pons. Les deux prélats, s'excommuniant réciproquement, renouvelèrent à Toulouse le scandale du schisme romain. Toulouse était divisée entre partisans de Ravot et partisans de Castelmoron; celui-ci (^), d'abord vaincu, se réfugia à Bourges. Le Parlement était resté neutre ; puis, devant les désordres causés par cette guerre religieuse, il se décida à intervenir, et Ravot fut expulsé en 1408. Vital mourut à Toulouse; son tombeau se trouve dans le chœur de Saint-Etienne.

Au xv^ siècle apparaissent des prélats d'un caractère différent. Dans les nominations épiscopales se manifeste, surtout à partir de la Pragmatique Sanction de Bourges (1438), l'intervention du roi ou des grands seigneurs. Les papes euxmêmes, tout à leurs préoccupations temporelles italiennes, tolèrent ou autorisent des désignations scandaleuses. La simonie, poursuivie au moyen âge si vigoureusement, reparaît

I. En s'opposant à la publication des bulles pontificales, le juge mage Philippe Bonne fut tué dans une émeute en pleine cathédrale.

et s'étale sans scrupule ; on trafique d'un siège épiscopal comme d'une autre fonction publique. Après Dominique de Florence (1410-1422), un des pères du concile de Constance, instruit et attentif aux progrès de l'Université, Denis Dumoulin (1422-1439), de Meaux, conseiller de Charles VII, envoyé par lui plusieurs fois en ambassade, un des auteurs de la Pragmatique, cumula les canonicats et, sa nomination étant due aux recommandations royales, il ne songea qu'à augmenter sa fortune : il devint archevêque de Paris et cardinal (1439-1440). Son frère Pierre Dumoulin lui succéda (1439- 1431) : il avait été général des aides et conseiller au Parlement de Toulouse; il était simplement diacre lorsque le chapitre le désigna. Ce prélat, politique et lettré, mourut de la peste au château de Balma, en 1451. Le chapitre lui donna comme successeur un juriste et un théologien de grande valeur, Bernard du Rosier ou de Rousergue, originaire de Mas-Saintes- Puelles, en Lauraguais. Ancien professeur de droit, chancelier de l'Université, archidiacre et prévôt de la cathédrale, il ressuscitait les plus belles traditions de l'épiscopat toulousain. Mais, en 1475, il se démit en faveur de Pierre de Lion, frère du sénéchal de Toulouse, Gaston de Lion de Malauze (1475- 1492).

Ce fut pis à la mort de ce dernier prélat. Quelques chanoines nommèrent Hector de Bourbon, fils naturel de Jean II, duc de Bourbon et frère de Charles, dit le bâtard de Bourbon. La majorité choisit Pierre du Rosier ou de Rousergue, neveu de Bernard, prévôt de la cathédrale depuis 1475 et héritier de la popularité de son oncle. Hector excipa du droit du pape à nommer au siège et obtint les bulles d'investiture, tandis que Pierre se faisait confirmer par les archevêques de Narbonne et de Bourges. Hector avait pour lui son frère, sénéchal de Toulouse, et la noblesse. Pierre était soutenu par l'Université et la bourgeoisie, indignées des trafics immoraux que révélait l'attribution des bénéfices ecclésiastiques. Tandis que Pierre prenait possession de son diocèse, le roi renvo^-a le litige au Parlement de Bordeaux qui donna raison à Hector. Une fois de plus, Toulouse fut déchirée par une vraie guerre civile marquée par des violences et des meurtres. Les âmes pieuses n'avaient pas fini de se scandaliser.

de

L'élection de Pierre Rousergue.

Jean d'Orléans.

Archevêché.

Tribunal ecclésiastique

et Inquisition.

Etablissements

religieux.

Triuit aires.

Pères de la Merci.

Notre-Dame

de

Nazareth.

A la mort d'Hector, en 1502, Louis XII nomma simplement archevêque Jean d'Orléans, fils posthume de François, comte de Dunois, et d'Agnès de Savoie, belle-sœur de Louis XI. Il avait onze ans. En attendant sa majorité, le diocèse fut administré par son cousin, Antoine de La Haye-Passavant, vicaire général. Jean fut sacré évêque à vingt-cinq ans (^) et prit possession effective de son archevêché, en 1521, à trente ans. De telles pratiques, devenues courantes dans l'Eglise, et les mœurs du clergé, fort déréglées, expliquent la désaffection des fidèles et le succès des idées de réforme au siècle suivant.

Les archevêques de Totilouse se sont établis dans des bâtiments élevés proche la cathédrale et ils les ont agrandis et progressivement transformés. Rien ne reste de leur ancien logis, que remplaça le magnifique hôtel édifié par les soins de Jean-Baptiste Colbert de Villacerf, archevêque de Toulouse de 1687 à 1710. Mais Catel a pti voir encore une chambre marquée des blasons de Bernard de Rousergue. Entre les bâtiments épiscopaux, le cloître de Saint-Etienne et l'église Saint- Jacques p) devaient se trouver les locaux de la justice épiscopale, officialité ou tribunal de l'ordinaire, avec son annexe la prison (^), appelée plus tard de l'Ecarlate. Pour l'Inquisition, dont l'activité semble s'être beaucoup ralentie au XV® siècle, elle siégeait, et a siégé jusqu'au xviii^ siècle, dans la maison donnée par Pierre Cellani à Dominique, proche le Château, sur la rue qui a pris son nom à dater du xvi^ siècle. Les locaux contenaient une chapelle, qui figure encore sur les plans du xvii^ siècle.

Entre le xiii^ siècle, époque de l'installation des grands ordres monastiques, et le xvi® et le xvii^ siècles, périodes où la Réforme catholique les multiplie en les rénovant, le xiv® et le XV® siècles sont relativement pauvres en création d'ordres nouveaux. Beaucoup de ces couvents, édifiés dans la banlieue de Toulouse dès le xiii® siècle, ont émigré dans l'enceinte, à la suite des ravages de la guerre anglaise.

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