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Rue Boulbonne, n» 21, en face du Grand Hôtel Tivollier

A la lin du xiii^ siècle, les religieux de Grandselve (ordre de Cîteaux) établirent, pour les étudiants en théologie, un collège appelé Saint-Bernard ou de Saint-Pierre de Cuisines, auprès duquel l'abbé de Saint-Sernin, Arnaud de Villemur, permit de bâtir une église (1282). Ce collège, comme celui de Boulbonne, était réservé aux religieux cisterciens; son proviseur professait à l'Université (^). Non loin de là, Bertrand de Montaigu, abbé de ]\Ioissac et conseiller de Philippe le Bel, qui présida des assises du Parlement, à Toulouse, en 1287, établit le collège de Saint-Pierre de Cuisines pour douze religieux et un prieur de l'ordre de Cluny.

Mais c'est le xiv^ siècle qui fut l'âge d'or des collèges. En 1319, Guillaume de Montlezun, abbé d'Aix en Poitou, lègue tous ses biens ainsi que ceux de ses frères en vue d'établir un collège pour six étudiants dont un prêtre; d'abord situé hors la porte des Croses, ce collège s'établit au coin de la rue Valade et de la rue des Puits-Creusés, au temps des routiers et de la guerre anglaise. En 1397, il ne comptait déjà plus que trois collégiats.

En 1337, Arnaud Loubens de Verdale, évêque de Maguelone et inquisiteur, qui avait étudié quatorze ans à l'Université et y avait conquis ses doctorats in utroque jure, fonde un collège pour douze étudiants en droit de 21 à 25 ans, que se chargeront de désigner ses frères et, après eux, l' évêque de Carcassonne. En 1525, un autre legs permit d'ajouter douze places nouvelles. Ce collège se trouvait rue Valade, près le collège de Montlezun, Tous deux, supprimés en 1551, furent rachetés par le couvent des Capucins.

Le collège de Narbonne, un des plus importants, tire son nom de son fondateur, Gaubert du Val, archevêque d'Arles puis de Narbonne. Le testament de l'archevêque (17 mars 1342) prévoit douze places, dont deux réservées à des étudiants originaires de Saint-Pierre-d'Enezac, en Quercy, lieu de sa naissance. Cet établissement se trouvait dans une maison acquise par lui dans le bourg de Saint-Sernin, sur la place d'Artillerie actuelle.

Collèges

de

Saint-Bernard.

et de

Saint- Pierre

de Cuisines

XR'e siècle.

Montlezun.

\'erdale.

Narbonne.

I. Ce collège était situé sur les terrains de la rue Saint-Bernard.

Saint-Martial.

Talleyrand de Périgord.

Maguelone

et

Sainte - Cathei ine.

En 1359, c'est le pape Innocent VI en personne, pape d'origine languedocienne, ancien étudiant en droit de l'Université de Toulouse, sous son nom d'Etienne Albert, qui fonde le collège de vSaint-Martial pour quarante écoliers pauvres, dont six du lyimousin. Ce collège, établi dans un local occupé aujourd'hui par un hôtel, en face du théâtre du Capitole, à l'entrée de la rue du Poids-de-l'Huile (^), jouissait d'une grande réputation; le savant Baluze, bien plus tard, y fit ses premières études.

En 1360, le cardinal Hélie de Talle^^rand de Périgord, né en 1301, évêque d'Auxerre à vingt-cinq ans, promu cardinal par Jean XXII, créé évêque d'Albi par Clément VI, envoyé deux fois par le pape pour négocier paix ou trêves entre Français et Anglais, établit un collège pour vingt boursiers et quatre chapelains, sous le vocable de Saint-Front ou Saint- Fronton (^). Les écoliers devaient étudier le droit canon ou civil. Il acheta pour cet objet la maison des Mauran, vieille famille toulousaine, faisant partie de ce groupe « légitimiste )> dont nous avons parlé. Cette maison, avec sa tour et deux maisons adjacentes, celles de Guillaume Saverdun et de Jean Capdenier, formèrent un des plus vastes établissements de ce genre (^). Les boursiers étaient à la nomination de la famille du fondateur, puis du chancelier de l'Université. Le cardinal Hélie n'eut pas le temps d'achever son œuvre, à laquelle le pape Grégoire XI mit la dernière main.

En 1370, ce même pontife donnait des statuts au collège de Maguelone fondé en vertu du testament d'Audouin, évêque d'Ostie, de la famille des Palais, dont on rencontre le nom dans les listes capitulaires dès 1277. Le nom vient de ce qu'on a cru Audouin évêque de Maguelone. Ce collège abritait dix étudiants en droit, auxquels Dominique de Florence ad-

1. L,a porte de la toiirille d'escalier portait les armes pontificales avec la tiare et la clef. Ce blason a aujourd'hui disparu.

2. Saint-Front de Périgord, cathédrale de la ville de Périgucux.

3. Coin de la rue du Taur et de la rue du Périgord. Sur ces vingt boursiers, dix étaient originaires du diocèse de Périgucux, et dix venaient des autres diocèses. Le collège comprenait quatre corps de logis, avec jardin, chapelle, sacristie et autres dépendances. Il ne reste qu'un corps de logis en façade sur la rue du Taur. Sur les autres bâtiments a été élevée la Bibliothèque de l'Université. (C. Espéran, curé de N.-D. du Taur. Le Petit Séminaire. Revue historique de Toulouse, 1934, p. 116.)

joignit un prêtre perpétuel (^). — L,e collège Sainte-Catherine date de 1382 et fut fondé par Pierre de Montruc, évêque de Pampelonne (^). Vingt boursiers et quatre prêtres y étaient entretenus aux frais de la fondation. Il se trouvait sur la place actuelle du Capitole (café de la Paix) et son église s'élevait à l'endroit où s'ouvre le portail de l'Hôtel de Paris.

Au XV® siècle, les créations se ralentirent quelque peu. En 1403, les chanoines de Saint-Sernin établissent un collège de boursiers dans l'ancien hôpital fondé par Raimon Gairard, cha-

Saint-Raimon.

Mirepoix.

Saint-Girons.

Collcije Sainl-Raiinon

noine de Saint-Sernin, à l'aide de fondations pieuses. Ce collège fut ruiné par un incendie ; au début du xvi® siècle, l' évêque Pierre de Saint- André le fit rebâtir et lui assura une réelle prospérité (^).

I^e collège de Mirepoix ou de Saint-Nicolas fut fondé, en 1417, par Guillaume du Puy, évêque de Mirepoix, pour huit écoliers étudiant le droit ; à cet effet, il légua un immeuble lui appartenant, rue de l'Isle (*), dans lequel il existait une église. Ce collège occupait tout le côté ouest de l'actuelle rue

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