N" 8, rus du Coq-d'Inde
Classe dirigeante.
Enfin, les bourgeois, marchands importateurs d'épices, manieurs d'argent, drapiers, gens de justice paraissent détenir, au xv® siècle, une part importante de la richesse, malgré les doléances des capitouls. Classe dirigeante de la cité, ils ont inscrit leur orgueil, non pas seulement dans leurs portraits et leurs blasons, mais dans les logis, dont un certain nombre ont bravé le feu et l'usure du temps.
Les corporations de métiers.
Ouvriers libres.
lyes corporations de métiers paraissent ne s'être constituées qu'à la fin du xiii^ siècle. I^es plus anciens statuts que possèdent nos archives municipales sont ceux des cordiers (1270, 18 novembre). Jusqu'en 132 1, dix-neuf corps de métiers font approuver leurs règlements. Après la grande lacune de la guerre de Cent ans, le xv^ siècle et le début du xvi^ ont vu rédiger soixante-quatre statuts (1474-1553) {^). C'est alors seulement que les travailleurs achèvent de se grouper et de réglementer la production. Mais les corporations toulousaines sont certes moins fortement organisées que celles de Paris ou du Nord, tout au moins au début ; du reste, les différences entre le Nord et le Midi s'effacent peu à peu pour faire place, surtout au xvi® siècle, sous l'action de la royauté, à une sorte d'uniformité d'organisation et de règlements.
lyCS corporations se sont définitivement constituées au XV® siècle. lya plus grande partie de leurs statuts appartient à cette époque. C'est après la période de misères et d'incertitude de la guerre de Cent ans que les travailleurs ont achevé de se grouper et de réglementer la production.
Sans doute, tous les travailleurs ne sont pas incorporés; il reste encore, jusqu'à Colbert, des ouvriers libres, ceux qu'on appellera Chambrelans dans le Nord et qu'on nomme Strangiers ou Privats dans le Midi. Seulement, les corporations ne les tolèrent pas (^) ; et la vente de ce qu'ils fabriquent ou
1. Voir L'Inventaire des Archives municipales d'U. Roschach. l,cs statuts forment la série HH. N" i (1270-1321), n° 2 (1474-1553), n" 3 (1512-1577), no 4 (1514), n°8 5 à II (1494-1756), 11° 10, livre des Maîtrises, etc. Cf. Levasseur, Sources de l'histoire des corps de métiers à Toulouse (Congrès des Soc. savantes, 1900).