‹ Histoire de tous les régiments de hussardsChapitre 13 sur 27 · CHAPITRE PRÉUMINAIRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉUMINAIRE

omiGimt OT vomwATioif bbs hussaibs m BBftCHnnr

ET DES AUTRES RÉGIMENTS DE l'aRNE ▲VfiC LIS MODIFICATIONS Qu'iLS ONT 8UBIB8.

Le mot Hussard vient du Hongrois Husz qui veut dire Vingt et Ar, qui signifie Solde.

Les hussards ont prouvé, depuis leur création» que la langue

hongroise s'était tout bonnement trompée, en les estimant si peu. Un houzard pur sang vaut son pesant d'or ou d'argent. Ce caehet est inscrit à l'entête de toutes les guerres où ils ont pris part.

La Hongrie ayant été réunie à l'Autriche en 1687, les premiers escadrons de hussards arrivèrent en France, vers 4689, sous la conduite du magnat Bercheny, après tous les honneurs

de la lutte la plus acharnée, pour conserver l'indépendance do leur patrie.

Les deux plus vigoureux champioiis de cette lutte avaient été les Estheriiazy et les Bercheny ; tous deux créateurs de

l'arme des hussards; tons deux de famille princtère; tous deux» la fleur de la chevalerie hongroise ; tous deux, inséparables dans l'histoire que j'écris.

EsTHÉRHAZY (Paul), prince du Saint-Empire, palatin, vice-' roi de Hongrie, chevalier de la ïoison-d'Or, était né en 4635. Sa légende porte qu'il se trouva présent à toutes les bataUles qui furent livrées dans son pays ; en 1685, il contribua, pour sa bonne part, à la levée du siège de Vienne; en 1686, alors que la Hongrie était le plus en péril, il équipa plusieurs régiments à ses frais et engagea la noblesse à en faire autant. Il fut iionuué général en chef de tous les corps de hussards et autres qu'il avait formés. La piété et i*étude occupaient tout le temps qu'il ne consacrait pas à la guerre.

Mort en mars 4745, il fut enterré dans la ville d'Ëysenstad. On mit sur son tombeau rinscription suivante :

Bis deciet qualuor, commisi prœUa, nunquam Vidi terga luutiê» nd îamm Mejaeeo,

On peut donner à ces vers la traduction libre qu'on va lire :

< Dans quatre-vingts combats, j'ai porté ma valeur, » Et semblable à Bayard, non, je n'eus jamais peur!

> Dans mon tombeao, je sais encor en senliaeile ; 1 Jamais à renoenii, Je D*ai tonroé le dos*

> Od peut ainsi goûter les doucenfs da repos; » Sortoni, quand on attend nne gloire étemelle » Aus Gleui (I). >

(1) Les Estberbazy ayant donné plus lard leur nom au 3« de

hussards, formé par l'un d'eux, nous reviendrons plus longuement sur celte famille noble et royale à Tbisioire de ce régimeoi.

Les Berdieny avaient les mêmes titres de noblesse, les

mêmes honneurs, les mimes grades, les mêmes influences, les mêmes richesses, la môme valeur, les mêmes sentiments .religieux; seulement le comte de Bercheny était plus jeune :

Âmbo pares œiaU, pares virltUibw ambo. »

Estherhazy ne pouvait avoir un plus digne remplaçant, pendant sa vieillesse et après sa mort.

Bercheny était un de ces nobles hongrois, qui, répondant à l'appel de sa conscience et à Fappel de son ami, avait levé plusieurs escadrons de hussards, pour sauver son pays du joug de l'Autriche.

Nous l'avons vu se replier sur France, avec ses hussards,

en 1689; quelques années plus tard, un espoir luit à ses yeux; il rentre en Hongrie, avec ses fidèles soldats; il va faire la guerre de partisan ; les chevaux de ses hussards sont légers comme la gazelle d'Afrique ; il tombe sur Tennemi à Timproviste, le suit, le poursuit, enlève les convois, tue ou prend les détachements séparés, £adt le coup de feu à cheval, manœuvre sur les côtés et sur les derrières, manie avec succès le sabre et le pistolet ; puis, semblable à un fantôme qui s'évanouit à leurs yeux, se dérobe aux coups de ses adversaires, pour venir les harceler encore ; ils semblent invulnérables, hommes et chevaux. C'est le dévouement, l'abnégation, le sacrifice en action ; telles sont les vertus qu'enfante chez lui la soif de délivrer sa patrie ; vertus qu*il sait pratiquer la nuit, le jour, en tout temps, en tons lieux, au bivouac ; toujours presque sans pain, ni feux, ni lieux déterminés; l'arçon de sa selle lui servant d'oreiller; sa pelisse à longs^ poils d'ours, de couverture ; l'eau du torrent

(i) figaox en vertus, et non pas en âge.

d'eau-de-vie, et dormant sous l'ombre d'un vieux chêne ou d'un buisson touffa vers midi, pour mieux batailler à minuit. Ses hussards, quand U repose, veillent sur sa couche improvisée, le mousquelon au poing et le cheval sellé. Comme depuis, les soldats d'Austerlitz à l'empereur, ils lui dressent un abri champêtre avec leurs manteaux et les guidons pris à Tennemi. Sous TiBtl de pareilles sentinelles, on peut encore dormir en paix, à quelques pas de son adversaire.

Voilà Bercheny ; voilà Tamour de la patrie ; voici le sublime du sacrifice pour la défense et l'indépendance de ses foyers. Une telle vie est pire que la mort qui nous emporte vers l'éternité ; c'est une mort de tous les jours qui nous consume, sans nous détruire. C'est l'indéfini du martyre.

On a dit que la gloire avait un immense aiguillon, pour aller en avant, ce qui se traduit en latin par ces mots :

f Immentum ^lortfa calear haM. »

L'aip^nillon de l'amour de la patrie est plus puissant encore. Ce fut, c'est le long épron de nos Arabes, pour défendre contre nous et d'autres, ta leur, en Afrique.

Du reste, je l'ai dit, les blasons de leur vie sont communs entre les £stherhazy et les Bercheny et Tépitaphe d^ premier ne pouvait aller, jamais mieux, qu'au second.

Tant de valeur, tant de sacrifices, tant de vertus ne purent avoir les honneurs du triomphe. Obligé de céder le terrain qu'il avait défendu pas à pas, désespérant de sauver sa patrie, Bercheny rentre en France avec ses hussards. Cétait en 4742. La France est toujours l'hospitalité du malheur.

Écoulez, les trompettes de Bercheny sonnmit la retraite ; les chevaux rongent leur tmn et les hommes froncent le sourcil; ils sont sur les bords du Rhin.

Os vont franchir ce nonyean Robicon, non pas en ennemis,

mais en amis fidèles et pour changer de patrie.

Trompettes, sonnez à l'étendard de la France; hussards, portez armes, présentez armes ; la voilà votre patrie, la France ! 1

Elle vous ouvre aujourd'hui ses portes; elle vous adopte pour enfants.

impatients de noos servir, déjà les prenuers escadrons, mitrés en 4689, avaient combattu dans nos rangs en 4696 et 1697,

à Tarmée de la Meuse; en 4704 et 4705 à l'armée d'Italie et de Lombardie.

Actuellement, 4742, ils appartiennent tout entiers à l*armée

française et nous allons les voir, avec, leur brevet de naturalisaùûn« non plus à l'état d'escadrons, mais formant à totgours le r^iiment des hussards de Berebeny» depuis 4*^ de l'arme.

1720. Formation des escadrons de BercheDy en régiment, sous le nom de régiineot des Hussards-Bercbeny. — Colonel, le comte de Ber- 4sheny, magnat de Hongrie, prioce palatin, dievalier de plosiears Ordres, etc., etc.» depuis maréchal de France.

€*est de cette année 4790, que sont datées les lettres patentes du roi Louis XV, conférant au comte de Bercheny le titre de m^tre de camp (colonel) et Tautorisant à augmenter et former ses escadrons en régiment de son nom.

Porté à six escadrons de deux compagnies chacun, le régiment prit rang danâr la cavalerie française, sous le numéro 59.

Les chroniques du temps nous ont conservé au oon&plet rhabillement et l'armement de ce corps de troupes.

L'habillement de ces hussards consistait en un pourpoint bariolé, descendant jusqu'à la ceinture et de couleur bleu

céleste, avec des espèces de cordes pour tresses ; manches étroites et retroassées par un bouton ; pantalon de môme couleur et bottes sans genouillères, talons de fer; chemise courte en toile de eoton bleu ; manteau fait d'une peau d'ours, si étroit qu'ils ne le plaçaient que du côté où venait la pluie. Ils portaient de longs bonnets d'étoffe rouge, formant flamme et . bordés de peau à longs poils. Ds se rasaient la tète, ne- laissant qu'un peu de toupet du côté droit (c'était un peu à la zouave de nos jours), mais ils portaient do longues moustaches.

Les officiers étaient distingués par les aigrettes qui ornaient leurs bonnets» par les lames d'argent qu'ils attachaient du côté droit et qui marquaient le nombre de leurs combats, comme les Arabes le font aujourd'hui, et enfin par une boucle d'argent attachée sur leur poitrine, en signe de la noblesse de leur race. .

Pour armes, ces hussards portaient un sabre à bec recourbé, suspendu à un anneau par une corde passée en ceinture. L'avantage de ce sabre recourbé était de frapper plus commodément à droite et à gauche; mais pour frapper de pointe, cette arme était moins utile ; ils y supi»léaient par un(3 longue épée droite, sans tranchant et sans poignée, espèce de broche qu'ils portaient attachée le long du cheval, depuis le poitrail jusqu'à la croupe ; ils la détachaient pour attaquer et s'en servaient comme d'une lance, en l'appuyant sur leurs genoux. Ils avaient, de plus, pistolets et carabines.

Le fourreau du sabre était en cuir distancé de plaques de fer ; la sabretache était grise, bordée d'un liseret bleu clair ; fleur de lis au milieu. Housse du cheval, même couleur, bleu clair; mêmes insignes, fleurs de lis, aux deux pendants; fontes en poils de loup gris, à la hauteur de l'arçon ; étriers très courts, pour tenir l'homme presque debout, en chargeant ; selle et bride très légères ; le petit croissant d'usage, cuivre jaune, à la

sous-gorge du cheval ; comme les guides de la garde i'oni encore aujourd'kai.

J'ai sous ks yeux une bonne gravore qoi me donne la tenue

le enhamachement de Tépoque.

Les hussards, ainsi que les officiers, étaient montés en coiie belle race de cheTanx hongrob, si conimnns dans ce pays, qu'ils sont, pur bande, à l'état sauvage, au milieu des forêts et qui

sont, avec Ic^ chevaux arabes que le hussards possède aujourd'hui, la meilleure remonte de cavalerie.

Leur discipline était sévère ; leurs punitions étaient, entre autres, les étrivières et la bastonnade sur le dos; punitions qui ne sont plus de notre temps et dont j'aurai spécialement à entretenir mes lecteurs.

Le corps des hussards est Tanne de la cavalerie légère par excellence. On plaçait cette troupe à l'avant et à l'arrière-garde ; •on renvoyait à la découverte; c'était les éciaireurs de l'armée; elle protégeait les fourragenrs, escortait les convois, partait en tirailleurs et était préférée aux autres, pour le coup de main.

L'homme est nécessairement imitateur et copiste. Par imitation pour le colonel de Bereheny, plusieurs seigneurs du temps s'avisèrent d'avoir des hussards de leur nom.

£n 1701 , parurent les hussards de Linden, sous la dénomination de Saint-Géniez ;

En 4734, les hussards de Ghamboran ;

En 1743, les hussards de Beausohre;

£n 4745, les hussards de Fcrrarv ;

Vers 4750, les hussards de Pollereski ;

Le tout à rétat d*escadrons seulement.

Bercheny seul était enrégimenté jusqu'alors, comme nous Tavons vu.

Ces seigneurs étaient propriétaires de ces escadrons, qu'ils

avaient levés, armés et équipés k leon frais ; liomiiies, chevaux^

armes, tout leur appartenait. C'était un reste de féodalité. Le colonel pouvait donc en disposer à son gré ou selon son caprice ; c'était un premier inconvénient.

De plus, ces escadrons étaient presque exclusivement composés d'étrangers, Hongrois, Allemands, Saxons, Polonais, etc. Recrutés un peu partout, ees soldats se moulaient mal à la discipline militaire et, comme Tobserve judicieusement le chef d'escadron Gay de Vernon, dans son historique du 2« de chasseurs à cheval, les mauvais exemples de désertion et de rébellion étaient assez fréquents, même avee armes et bagages. J'en aurai quelques traits à citer. Ceci était bien encore un inconvénient à joindre au premier. U était donc à propos de diminuer les différentes fractions de ees corps, de leur donner de rhomogénéité , et, par conséquent, de les enrégimenter. Aussi bien, la bonté du régiment des hussards de Bercheny, les qualités qui s*y étaient manifestement développées, depuis sa formation, faisaient désirer ta création de plusieurs régiments de cette anne, dont on avait lieu d'espérer les mêmes résultats.

Donc, en 47ô6, les hussards de Saint-Géniez (4), Beausobre, Ferrary furent licenciés et versés dans Bercheny, Ghamboran et PoUereski ; Bercheny prit alors n** 58.

En 1758, Pollereski eut le môme sort et combla les vides de Bercheny et de Ghamboran.

A cette date, ces deux derniers devaient avoir leur effectif au complet. Les escadrons de Ghamboran ne furent élevés cependant à l'honneur de former un régiment sous le même nom, que

par ordonnance du 10 février 4764.

(1) Dn baron de Saint-GMet, parent sans doute de ceitti qoi avait formé les hussards de son nom» était cotonel do 8* dragonSt de 18IS à 18».

La même ordonnance enrrigimenti^t, sous le nom de hossards de Gonflans, la cavalerie qui était attachée à la légion d*infan* teric que ce marquis avait levée ; ces cavaliers portaient déjà i'habit à la hongroise et la dénomination de hussards.

Cjjntinuons les modifications survenues dans les régiments de l'arme.

Nous autres, Bercheny, nous étions toujours sous le commandement de ce digne et valeureux chef; niais nous avions, de 4762 à 1764, pour lieiitonant-colonel ou mestre de camp eB second, le comte d'£stherhazy, le fils du vice-roi dont il a été question à Tentéte de ce chapitre. Deux ans après, cet oflicier supérieur voulut avoir un régimeni en propre et l'ordonnance de 4766 l'autorisa à former celui de son nom : Hussards d*Estherha/\ .

Le nouveau colonel prit, pour son mestre de camp en second, ou lieutenant-colonel, le comte d'OuUemhourg, hongrois comme lui, nom resté, comme celui de son chef, dans les fastes militaires de la France ; car, nous avions encore, en 4860, deux Estherhazy, généraux de division frani^ (l*un vit encore); et trois d'Oullemhourg, l'un commandant le département de l'Allier, après avoir été colonel du l*^*" cuirassiers; les deux autres, lieutenants au 4®' et 5® de cette arme. C'est ainsi que les grands noms s'échelonnent dans l'histoire de notre armée et que chaque famille illustre est jalouse d'y avoir son jalon, sa tige même eut-elle poussée en terre étrangère.

La France est toujours la patrie naturelle ou adoptive des

grands cœurs et des bons soldats.

Témoin l'illustre cortège des Bercheny et des Estherhazy.

- Il y avait donc, en France, à cette époque 176(3, (juatre régiments de hussards, savoir : Bercheny, Chamboran, Gun-

Oigjtized

flans, Ëstherhazy; chacun à Teffectif de douze eompagnies formant six escadrons ; deux compagnies par chaque.

Dans les hussards, chaque régiment avait son uniforme particulier. Il rappelait, par sa couleur, les livrées de chaque colonel ou mestre de camp. En principe, le harnachement était écussonné à leurs armoiries.

Nous avons vu la couleur distiuctive des hussards de Ber- • cheny, bleu céleste.

Chamboran portait pelisse et dolman brun marron ; pantalon bleu ciel, ceinture et sabretache rouges. Le bon comte aimait les couleurs sombres et quand, en 4^9, un arrêté ministériel voulut les changer, une pétition des officiers et des soldats obliiU leur permanence au corps ; c'est qu'à un siècle de distance , le régiment avait encore un oilicier du nom de Chamboran-Pélissac.

Le marquis de Conflans, au contraire, avait des hussards qui brillaient du plus vif éclat : dolman vert, à tresses et écharpe de couleur jaune; pelisse demi-écarlate d'abord, verte depuis avec fourrure grise et agréments de laine jonquille, pantalon rouge ; kolback léger à tout crin ; plumet blanc, cocarde blanche, bottes sur le pantalon; la housse du cheval de drap rouge et Farmement ordinaire à la spécialité de cavalerie légère. On voit que le marquis s'entendait en vives couleurs. L'aspect du corps était magnilique. Ce sont les guides d'aujourd'hui. . Les hussards du comte d'Ëstherhazy avaient moins d^éclat, mais non moins de solidité. Dolman, pelisse, pantalon gris argentin. Sous le premier Empire, ces régiments avaient adopté le pantalon garance ; ils l'ont encore aujourd'hui. Leurs couleurs premières pour pelisse et dolman sont restées les mêmes. Les tresses ont été successivement blanches ou rouges, mêlées de noir.

Au fur et à mesure de leur formation, ces régiments prcnaioni rang à la suite de la cavalerie française. Nous avons vu que Bereheny avait 58, en 1756 ; il eut 33, en 4764, et 32, en 1763. Mais à l'organisation du 25 mars 1776, les régiments dt; hussards ayant formé une arme spéciale, furent classés entre eux, conune suit :

. Bereheny dchrint 4^ de hussards ;

Ghamboran fut le 2* ;

GonflansfutleS^^;

Estherhazy fat le 4^ ;

En 4779, fut formé Icrégiment Colonel-Général ; En 4783, celui de Lauzun.

Par ordonnance du 4^ janvier 4794 , Colonel-Général prit le

n° 5 et Lauzun le n'^ 6 ; cette ordonnance leur enlevait en même temps leur ancienne désignation du nom de leur colonel.

Le régiment dit Colonel-Général, ainsi nommé parce qu'il devait servir d'escorte au duc de Chartres, dei)nis duc- d'Orléans et roi des Français, qui venait d'ôtre nommé colouei général des hussards, portait pelisse et dolman écarlate, avec agréments blancs ; pantalon hleu ciel. Ce fut longtemps la tenue de notre hussards actuel.

Celui du duc de Lauzun avait dolman et pantalon Lieu céleste, avec tresses jaunes .d'or; pelisse blanche, fourrure grise. C'était l'uniforme du 8** hussards actuel, lors de sa formation en 1840.

Depuis Tordonnance du 4®^ janvier 4794, on vit paraître huit nouveaux régiments de hussards, qui prirent les n<" 6 à 43.

On doit remarquer ici que le régiment de Conflans ayant émigré en 1 792 , les anciens corps se trouvèrent réduits à o ; alors Estherhazy devînt d*', Colonel-Crénéral 4® et Lauzun 5«. ' Le premier régiment de nouvelle formation prit le n® 6 et

ainsi de suite, de foçcm que de 4794 à 4804, il y avait doiuse

régiments de hussards, plus le 7*^ bis, qui fit de la manière la plus remarquable la campagne d'Ëgypte, en 4799.

De 4804 à 4845, il n'y eut officiellement qae 40 régiments de hassards ; le 7* bis, 44* et 42* de cette arme étant passés 28% 29« et 30*^ dragons.

L'armée ayant été licenciée par ordonnance du 4 3 mars 4 84 5» deux antres ordonnances des 46 juillet et 3 août suivants la réorganisèrent sur de nouvelles bases. La nouvelle organisation n'admettait que six régiments de hassards, dénommés comme suit :

S£R1B DBS XÉGIHBNTS DB HUSSARDS,

Depuis 1815 jusqu'à nos jours.

4*^ régiment dit du Jura, — de Chartres» en 4824 ;

2® régiment, de la Meurthe ; 3* régiment, de la Moselle ; 4* régiment, du Nord ;

5® régiment, du Bas-Rliin ; 6^ régiment, du Haut-Rhin.

Formation du 29 septembre 1840, à Lunéville.

7* régiment de hussards ;

8° régiment de hussards ; 9* régiment de hussards.

L Annuaire militaire du temps (1842) donnait les spécialités et les variétés de Tuniforme, comme suit :

Pelisse bleu céleste, pour le 4" régiment de hussards; hrun marron, pour le 2»^; gris argentin, pour le 3«; garance, pour le 4»; hleu foncé, pour le 5*; vert, pour le 6® et le 7''; blanc, pour le 8*, et noir pour le 9*. GoUet, parements, et

garnitare de pelisse en peau d'agnean frisé, grise poar le 7* ei

noire pour tous les autres.

Dolman de la même couleur que la pelisse, dans tous les

régiments, excepté dans ie S*, dont le dolman est bleu de del. CSollet du dolman, de la oonlenr dn fond. Parements : garance, pour les 1®', 3", 5*^, 6® et 7® ré«?iments ; bleu céleste, pour les 2®, 4®, 8® et 9"; pantalon et schako de la couleur du parement du dolman, excepté pour le schako dn 7*, qni est vert clair.

Tresses blanches pour les 2®, 3", 4<^, 5° et 6« (ces régiments, excepté le i**, avaient tresses rouges accidentées de noir de 484Ô à 4840), d'argent pour les officiers ; Iraaae» jonquilles, pour le 7* et le 9* qui les avait noires à sa formation ; jaunes d'or, pour le 8'; d'or pour les oliiciers daus ces trois derniers.

Ceinture en poil de chèvre, fond écarlate pour tous ; coulants de la ceinture : blancs, pour les six premiers régiments ; jaunes, pour les trois autres.

Boutons ^uniforme : blancs» pour les six premiers ; jaunes, pour les autres.

Plunvet droit d'abord, puis successivement retombant en panache, crin noir; — plumes noires. — Les officiers supérieurs le portaient de la couleur du drapeau.

Cordon de schako, en laine de la nuance des tresses.

BuffleUHe blanche, pour le soldat; verni noir, pour l'officier.

Sabretaehe en cuir noir, avec une plaque en cuivre représentant les armes ou insignes des différents gouvernements, fleurs de lis, coq ou aigle, avec le numéro du régiment, sou^ la Restauration; depuis, sans numéro.

Le kolback, qui est la plus belle coiffure des hussards et qui, de 4775 à 1815, avait été le privilège des escadrons d'élite, fut supprimé à la réorganisation de cette dernière année et laissé,

avec leurs tresses rouges-noires, aux musiciens et aux trom-* pettes, jusqu'en 4859.

Enfin, le 44 décembre 4859, parut une ordonnance de lenipereur qui réglementa comme suit et réglemente encore Tuniforme des hussards.

Tous les régiments conservent leurs couleurs propres, telles <yuelles sont désignées dans le détail ci-dessus, excepté le 4^ qui prend le gris argentin, comme le 3®. Nous avons dit qu'on avait réclamé pour la nuance du SI®, qui devait disparaître; elle reste brun marron.

Les tresses demeurent les mômes, ainsi que les boutons.

Collet et parement tout garance. '

PmtaUm garance pour tous les régiments; passe-poil du pantalon , nuance du dolman ; bandes des deux côtés du passepoil, comme les tresses.

Talpaek de la forme de celui de Tartillerie de la garde impériale, en peau d'agneau frisé noir, llamme écarlate avec • passe-poil comme les tresses. Plumet blanc et écailate surmontant le talpaek.

Pompon d'argent pour les officiers, en petite téhue ; couleur de l'escadron et plumet du régiment pour les officiers inférieurs; pompon et plumet tricolores pour les officiers supéKeurs; d'argent ou d'or et plumet blanc, en grande tenue, pour le colonel

Pour la troupe, pompon selon l'escadron : bleu de roi, pour le 1^^; rouge, pour le 2°; vert, pour le 3«; bleu ciel, pour le 4^; jaune, pour le 5*, et aurore, pour le 6« ; pour les trompettes, pompon de l'escadron.

Musiciens: pompon de l'état-major; par ordonnance du 44 décembre 4859, suppression pour le corps de musique des tresses aux couleurs de celles des trompettes ; tresses et talpaek ordinaires du régiment ; classiiication comme suit :

Le chef de musique prend rai^ de sous-lieateiiant et en

porte les insignes; le sous-chef a rang d*adjudant et porte la tenue d'officier.

Les musiciens, considérés comme artistes et payés conmie tels, sont classés, selon leur talent, en première, deuxième et troisième classe, avec galons distinctifs d'ur ou d'argent, selon Farme ou le régiment.

Leur nombre réglementaire , y compris les élèves , est de 27.

Avec de pareilles dispositions, la perfection de nos instruments, les indemnités de [laye et Favenir d*une retraite sAis-

faisante, nos musiques de cavalerie arrivent déjà à une aiueiioration sensible [\).

En6n, cette même ordonnance du 44 décembre 4859 portait suppression de la pelisse et do la ceinture; substitution pour le dolman, d'un collet en forme d'accolade, ou collet échaucrc; remplacement du képi ou bonnet de police à visière, par un bonnet de police, dit en soufflet, modiflé.

Les insignes des grades sont les mêmes dans les hussards (jue dans les autres régiments de cavalerie légère, jusqu'à celui de maréchal des logis chef, inclusivement; à partir de là, car chez nous, il n'est pas question d'épaulettes , nos grades d'ollicier sont marqués, er^ grande tenue, par autant de galons d'or ou d'argent, selon la couleur des tresses, qu'il y a de différents grades : un, pour sous-licutcnant ; deux, pour lieutenant; trois, pour capitaine; quatre, pour chef d'escadron; cinq, pour heutenant-colonel, et six pour colonel; en petite tenue, ces galons

(1) Celte ordonnaDce a été rapportée depuis et remplacée, le A avril 1867, par une décision impériale, qui supprime les corps de musique dans tous les régimeuls de cavalerie et d'ariillerie de la garde et de. la ligne et leur substitue des £aiifarej> de trompettes.

sont remplacés par autant de niBiids hongrois superposést or ou argent. Dans cette dernière tenue et celle de route, les officiers ont tresses noires au dolman et un petit schako de cuir verni, au lieu du taipack. Le manteau est vert pour i*offîcier et Manc, pi<|iié de bleu, à manches et à rotonde pour le soldat.

Tel est, dans sou ensemble et ses détails, runifoniie actuel de nos huit régiments de hussards ; j'ai donné même celui du 9®, iien qu'il ait été hcencié en 4856.

Je me suis étendu un peu longuement peut-être sur Tuniforme; mais qu'est-ce donc que l'uniforme ? Ecoutons Tempereur Napoléon III, dans son ordre du jour du i^' septembre 4857, alors qu*il inaugurait, en personne, le camp de Châlonssur-Marne; c'est lui qui va donner à ce mot sa véritable signification : <c Soldats ! l'uniforme est l'emblème de ce noble métier » d'abnégation et de dévouement dont vous devez être fiers. » N'oublions pas que tout signe caractéristique de Tarmée, à » commencer par le drapeau, représente une idée morale et » que votre devoir est de l'honorer. »

en ai P O

en

Page 1