‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 1 sur 351 · ATTAQUES CONTRE LES PROPRIÉTÉS · texte numérisé non relu

ATTAQUES CONTRE LES PROPRIÉTÉS

emblèmes de la royauté, on espérait en empêcher le retour, et suivant Tusage qui prévalut dans nos révolutions, on croyait, en s'attaquant aux signes extérieurs, anéantir à jamais les principes. Le tribunal du district demanda qu'on fît disparaître les fleurs de lys dont les coussins et les tapis de la salle d'audience étaient couverts. Le tribunal de commerce fit enlever les tentures parsemées des emblèmes de la royauté, que « des yeux républicains ne pouvaient plus voir;» mais les membres de ce tribunal, risquant de « se blanchir, » en s'appuyant contre les murs, demandèrent pour les garnir d'autres tapisseries au district (1). Il eût été plus simple et plus sage de conserver les anciennes. Pendant que le changement de la forme du gouvernement amenait en ville des ipodifications sans importance, il provoquait dans les campagnes des symptômes plus graves. La propriété, sur certains points, fut attaquée et violée. On s'imaginait que, sous la République, il était permis de tout faire. Déjà, le 16 septembre, un capitaine de la garde nationale de Rigny-le-Ferron était venu s'installer dans le château de Sàint-Benoît-sur-Vanne, sous le prétexte de le protéger contre les habitants des villages voisins ; il s'y fit servir du vin et des comestibles à discrétion, pécha dans les viviers, et, en partant, emporta deux feuillettes de vin (2). Dans le district d'Ervy, Teffervescence était plus grande. On y parlait publiquement de couper des

(1) Arch.de l'Aube, L. 1569 et 2. 0. 394.

(2) Jugement du 17 septembre 1793. Dossier criminel. Arch. de TAube, sect. judiciaire, 1159.

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