PROCLAMATION DU DISTRICT
avoir fait jurer l'observation de la loi révolutionnaire (1).
Rousselin et ses amis sortirent de la séance, humiliés et irrités; ils avaient dû s'incliner devant la volonté de la majorité; il leur restait les moyens administratifs ; ils s'en servirent pour essayer de soulever le peuple en leur faveur. Le district, sous l'inspiration de Rousselin, fit afficher une proclamation dans laquelle il accusait l'aristocratie, et exaltait le commissaire civil, qu'il qualifiait de « sauveur du peuple. » — « Il a été méconnu, disait le district, par des citoyens égarés sans doute. La représentation nationale a été avilie dans la personne de son commissaire civil, et la sixième section en est coupable... 11 ne peut y avoir que des traîtres, couverts du masque du patriotisme, que des hommes soudoyés par Pitt et Cobourg, qui se soient rendus coupables d'un pareil attentat. » Ce n'était pas assez de diriger contre d'honnêtes citoyens des inculpations aussi odieuses que ridicules; il fallait les menacer de la rigueur des lois. « Nous connaîtrons, disait le district, ces hommes vendus au crime ; les républicains nous les dénonceront, et ils seront traduits au tribunal révolutionnaire de Paris (2). »
Gâchez se joignit au district pour exciter le peuple contre ses adversaires. Après avoir assisté à la séance de la sixième section avec une paire de
(t) Procès-verbal de la sixième section, dite l'Egalité. Séance du 30 frimaire. Arch. de Troyes. Bousselin demanda, en se retirant, expédition de ce procès-verbal. Nous en avons reproduit dans ce récit une grande partie.
(2) Proclamation du district du !•' nivôse. Placard.