ADRESSE DE LA COMMUNE A LA CONVENTION
actes. Elles décidèrent qu'elles se réuniraient les jours suivants ; Rousselin voulut les en empêcher au nom de la loi (<). Il n'en était plus le maître, et vit qu'il fallait encore céder. Le 23, il leur adressa une proclamation, dans laquelle il leur disait que les vœux des républicains seraient écoutés et accomplis. Il leur promit d'entendre leurs griefs contre les accusés, et de « frapper les coupables d'une manière inexorable. » Le conseil général, réuni à quatre heures du matin pour recevoir cette adresse, la transmit aux huit sections, en les invitant à la conciliation. « Vous y verrez avec satisfaction, disait-il, le désir de la paix; il est le vôtre, il est le nôtre. Notre sort est entre vos mains. Notre tranquillité dépend du calme de vos délibérations. Que la justice en soit la base. Que le bonheur public, que la paix, que la seule paix les dicte (2). » En abandonnant Gâchez, en faisant certaines concessions, Rousselin avait atténué les intentions hostiles du conseil à son égard. Celui-ci, dans l'adresse qu'il vota à l'unanimité, le 24, à la Convention, ne parla de lui qu'avec réserve, et le représenta comme d'accord avec les sections. Le conseil protestait de son attachement au gouvernement révolutionnaire ; il annonçait le prochain envoi des métaux précieux provenant des églises; il rappelait que les prisons étaient pleines de gens suspects; il exaltait la Montagne « d'où découlait tous les jours à grands flots le bonheur de la République. » Grâce à ces protestations, il espérait
(1) Séance du 2 nivôse, i^ section. Ârch. de Troyes.
(2) Proclamation de Roasselin. Dél. mun. du 3 nivôse. Arch. de Troyet.