‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 109 sur 351 · ÉMISSAIRES DE ROUSSELIN · texte numérisé non relu

ÉMISSAIRES DE ROUSSELIN

pouvoir recommander avec plus d'autorité les « huit sans-culottes » que les sections avaient envoyés à Paris, et qui peut-être avaient été déjà admis à présenter à la barre de la Convention les plaintes et les griefs de la commune (1).

On espérait que les huit députés pourraient se faire entendre et prévenir les accusations de Rousselin. Aussi redoublait-on de précautions pour empêcher de sortir de la ville ses amis, ses émissaires et ses agents (2). Mais ce fut en vain qu'on donna de nouveaux ordres pour consigner aux portes certains d'entre eux, et qu'on fît descendre près du corps-de-garde une nacelle dont ils auraient pu se servir pour quitter Troyes (3). L'adjudantmajor Fleury et le fourrier du bataillon de la Montagne, dont on se défiait à juste titre, offrirent à Rousselin de faire parvenir ses dépêches à Paris. Ils les cachèrent dans les cartons de leurs cols, qui selon la mode du temps, étaient très-hauts, obtinrent des passeports pour Nogent, et s'empressèrent de sortir de la ville. On s'avisa de leur ruse; on courut après eux ; on ne put les rejoindre. Ils arrivèrent rapidement à Paris, et comme Rousselin avait des amis puissants à la Convention, ils furent entendus sur-le-champ (4). Ils avaient devancé les députés des sections; le comité de salut public refusa de recevoir ces derniers, et Barère, dans un rapport sommaire qu'il présenta à la Con-

(1) Adresse du 4. Reg. des délibérations municipales. Arch. de Troyes. (l) Aucun citoyen eu voiture, à cheval ou en poste ne peut sortir jusqu'au 3 nivôse. Reg. de la permanence.

(3) Comités de surveillance. Séance du 4 du conseil général.

(4) Rapport de Rousselin y p. 44.

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