FÊTE DE LA PRISE DE TOULON
du même Dussaussay, auquel il avait donné Tordre de rejoindre son corps dans les vingt-quatre heures (1).
La fête, que la Convention avait donné Tordre de célébrer, le 1 0 nivôse, en Thonneur de la prise de Toulon, fournit à Bô une occasion nouvelle de manifester ses sentiments. Après avoir reproché au conseil général de ne Ten avoir pas prévenu, et avoir reçu ses excuses , formulées dans une lettre des plus humbles (2), il se rendit sur la place de THÔtel-de-Ville, où Ton avait planté un arbre garni de rubans, de portraits de princes, et d'eflSgies d'aristocrates. Au pied étaient amoncelés des titres féodaux tirés des archives des notaires et des tribunaux. Bô, après y avoir mis le feu, se dirigea vers le temple de la Raison. Au fond du chœur, au-dessus de Tautel de la Patrie, s'élevait une montagne majestueuse, au pied de laquelle étaient représentés Lyon et Toulon. L'embrasement simulé de ces deux villes produisit un grand effet. Bô monta alors dans la chaire; après avoir tonné contre le fanatisme et contre l'abus des signes extérieurs, il recommanda le sacrifice des ornements d'église et le retour à la simplicité de Jésus-
(1) Bist, du Terrorisme, p. 22. Note.
(2) Voici le texte de cette lettre conservé dans les registres de la permanence :
« La municipalité de Troyes, citoyen Bô, est vivement pénétrée de ce qui s'est passé aujourd'huy à roccasion de la fête dont elle aurait dû te prévenir plus tôt et recevoir tes ordres. Elle sent toute l'étendue de sa faute, et elle la regarderait sans pardon, si elle n'était convaincue que l'essence principale du caractère dont tu es revêtu est la bonté.
» Le conseil général en a fait une grande, et l'avoue sincèrement. Elle est involontaire. Convaincu de ton indulgence, il attend tout de toy. »
Les membres en permanence. {Suivent neuf signatures.)