‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 116 sur 351 · ORDRES DONNÉS PAR BÔ · texte numérisé non relu

ORDRES DONNÉS PAR BÔ

Christ. Rousselin parla ensuite ; il fit Téloge de Gâchez, en annonçant que le représentant le recommanderait lui-même à la Convention. BÔ confirma ces paroles, mais des murmures s'élevant de toutes parts contre l'apologie du maire sans culotte, il donna Tordre aux musiciens de jouer un air patriotique. Le soir, des illuminations et des danses célébrèrent le triomphe des partisans de Rousselin et de Gâchez (1 ) .

Le même jour, BÔ ordonna au district de faire une enquête sur les événements qui avaient eu lieu depuis le 20 décembre. Le lendemain, il réunit à la maison du district les bureaux des huit comités de surveillance, dont les membres l'accueillirent aux cris de : Vive la République I Vive le représentant Bôl Vive la Montagne I Bô leur tint un langage menaçant. Il leur dit qu'il les avait réunis immédiatement parce qu'il était pressé de se rendre dans la Marne; il leur enjoignit de surveiller les intrigants et les meneurs, et leur déclara que les sections ne s'assembleraient plus en permanence (2). Le même jour il réclama les procès-verbaux de la commune, et exigea d'elle des explications par écrit sur l'ordre de tirer le canon à son arrivée (3).

Il ne suffisait pas d'intimider les habitants par des menaces; il fallait les terrifier par des actes.

(1) Journal du Département du 24 nivôse. Hist. du Terrorisme, p. 24.

(2) Lettre de Bô du 10 nivôse. Comité de surveillance de la 4* sect. Arch. de l'Aube, L. 1591.

(3) Dél. mun. du 11 nivôse. Lettre du même jour. Arch. de Troyes. Les membres du conseil général de la commune, dit cette lettre, déclarent qu'en arrêtant que le canon serait tiré, ils n'ont considéré en cette démarche qu*un signe d'allégresse donné au peuple pour le prévenir qu'un pacificateur et un libérateur arrivait dans ses murs.

202 ABKESTATIOX DES 8ECTION1IAIRES.

Le 31 décembre, soas le prétexte que Faristocratie « toujours dominante, mais toujours lâche, » ayait Youlu tenter un mouvement contre-réyolutionnaire, Bô mit en état d'arrestation trente- six citoyens parmi ceux qui avaient parlé avec le plus d'énergie dans les sections. Dans le nombre se trouvaient Augustin Guélon, Porcherat-Lombàrd , les trois Truelle , Calvi , May dieu, Dorgemont et Payn (ij. Presque tous avaient donné des gages de leur attachement sincère aux principes justes de la Révolution. Ils furent arrêtés dans la soirée du 31 , et envoyés avec les six personnes arrêtées l'avantveille, dans les bâtiments de l'ancienne école militaire de Brienne (2), que la municipalité de cette petite ville avait dû mettre en état pour les recevoir. Presque tous étaient pères de famille, et on les arrachait à leurs foyers, la nuit, sans les entendre, pour les faire conduire en prison à huit lieues de distance, par le plus grand froid, sous l'escorte de cent hommes du bataillon de la Montagne et de huit gendarmes. Les sympathies de la population étaient si vives pour ces citoyens estimables, qu'on craignait de les laisser à Troyes. Elle savait bien que ceux que Bô qualifiait d'intrigants et de me-

(1) Les autres étaient : Avalle fils, Rabiet fils, Hennîkvelt, tailleor, Bourgoin, clerc de notaire, Savin fils, Bouquet, médecin, Braguës, plâtrier, Bosc, salpétrier, Delmas, négociant, Bouru, Garitte, horloger, Vachon aîné, Wammesbergre, dit Flamand, Gauthier, Hardy, ex-curé, Dussaussay-Rabiat, Bourgeois, sellier, Jacqueminot, Billout, Didier, ex-victire, Fèvre, Payn fils, Leblocteur, Ducompas, Pichot, Coquet et Coquet rAméricain. Arrêté du 11 nivôse.

(2) L'école de Brienne avait récemment été évacuée par les élèves. Le 29 octobre 1793, Fadjoint du ministre de la guerre envoie 70 lettres d'avis aux parents des élèves, pour les inviter à les retirer. Arch. de FAube, L. 1555.

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