‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 118 sur 351 · CONFISCATION DE L*ARGENTER1E · texte numérisé non relu

CONFISCATION DE L*ARGENTER1E

en plein marché aux femmes de la campagne leurs chaînes d'argent et leurs croix d'or, et Rousselin applaudit, dit-on, à ces violences odieuses (1).

Que devinrent toutes ces pièces d'argenterie, ces armes de valeur, ces objets précieux, entre les mains des commissaires du comité? On les prenait la plupart du temps sans donner de reçu, ou en rédigeant des procès-verbaux dont un grand nombre plus tard ne se retrouva pas. Une certaine quantité de ces dépouilles fut envoyée à la Convention. Qui peut affirmer, en l'absence d'inventaires réguliers et complets, qu'il n'en resta pas quelques-unes entre les mains des intermédiaires? On le prétendit plus tard ; on en fit contre quelquesuns, des membres du comité le sujet d'accusations, auxquelles on ne peut accorder une foi absolue, parce que la passion politique n'y fut pas étrangère. Rousselin participa-t-il à ces détournements? Les maîtres de l'auberge où il était logé ont raconté qu'un jour un inconnu lui remit une boîte carrée, remplie d'argenterie cassée et de numéraire ; qu'une autre fois on lui apporta onze marcs d'argenterie dans une serviette (2). Cette allégation suffit-elle pour établir qu'il se soit approprié ces valeurs? Ce qui paraît plus certain, c'est qu'il fit servir à son usnge personnel et à celui de Gâchez, trois chevaux qu'il fit enlever à Marc-Antoine Lamotte, de Bar-sur-Aube, par un détachement de l'armée révolutionnaire (3). On accusa également le comité

(1) Adresse de Guélon, p. 4.

(2) Séance du 21 prairial du comité de surveillance de la 4* section.

(3) Adresse de Guélon, p. 6. — Réclamation de Lamotte. Arch. nationales, \V. 426, n» 960.

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