‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 120 sur 351 · G EMPLOI DE LA TAXE SUR LES RICHES · texte numérisé non relu

G EMPLOI DE LA TAXE SUR LES RICHES

péraient qu'une partie de la taxe leur serait attribuée (1). Gâchez leur disait à la Société populaire : — Voici le moment de vous mettre à la place des riches! Frappez sans différer (2). — Aussi leur déception fut-elle au comble, lorsqu'un décret de la Convention prescrivit de verser à la Trésorerie nationale toutes les sommes provenant de taxes extraordinaires imposées par les représentants en mission et les autorités révolutionnaires. Le district fit immédiatement vérifier la caisse du rece-^ veur, en ordonnant d'expédier sur-le-champ à Paris tout ce qu elle contenait (3).

La situation de Rousselin devenait difficile. Il reconnut lui-même qu'il allait passer pour un <( hideux charlatan >> aux yeux du peuple ; il s'aperçut que ses témoignages d'amour pour lui s'affaiblissaient, et il s'efforça, de concert avec Gâchez avec lequel il se rendit à Paris, d'obtenir du comité de salut public une partie de la taxe, au profit des ouvriers de Troyes et des habitants de l'Aube. Il réussit à faire attribuer 200,000 liv. pour les subsistances du département et 200,000 liv. pour les ouvriers, sans oublier une allocation de 50,000 liv. de dépenses secrètes. Sans doute l'influence de Danton ne fut pas étrangère à la décision du comité de salut public, car 25,000 liv. sur la taxe perçue à Troyes furent sans motifs sérieux accordées à la ville d'Arcis pour les subsistances (4).

(1) Le comité arrêta, le 11 frimiire, que Rousselin serait consulté sur la distribution de la taxe aux sans-culottes. Précis.

(2) Dénonciation de Guélon. Arch. nationales.

(3) Séance du 19 frimaire Arch. de l'Aube, L. 46.

(4) Arrêté du comité de salut public du 27 frimaire. Dél. mun. du {*' nivdse. Arch. de Troyes. Adresse d* Augustin Guéloti, p. 2.

DEBÂRY A ERVY. 167

he receveur du district voulut faire imputer sur les 50,000 liv., allouées pour les fonds secrets, les 42,633 antérieurement touchées. Le district^ dominé par les révolutionnaires, et craignant d'engager sa responsabilité par un refus, ordonna de compter à Rousselin les 50,000 liv. qu'il demandait, sous la déduction de 1,133 liv., à laquelle le commissaire national consentit (1 ) .

En étendant l'autorité du comité révolutionnaire sur tout le département, Rousselin avait voulu qu'il fût soumis aux mêmes mesures de terreur et d'exaction que le chef-lieu. Comme les arrondissements d'Arcis et de Nogent étaient livrés aux amis de Danton et de David Delisle, il était inutile d'y stimuler l'esprit révolutionnaire; mais il paraissait nécessaire de le faire dans les autres arrondissements. Debary, Rondot fils et Bouille furent envoyés en qualité de sous-commissaires à Ervy, à Bar-sur-Seine et à Bar-sur-Aube. Le décret du 14 frimaire ayant supprimé les délégations de pouvoir des commissaires, leur mission ne dura que peu de jours ; ils surent les employer. Debary arriva le 8 décembre à Ervy, avec un détachement du bataillon de la Montagne. « Je ne suis pas venu pour exercer la moindre tyrannie, » dit-il à la Société républicaine de cette ville, mais il ajouta un peu plus loin : « Je suis venu pour exterminer les prêtres scélérats, les aristocrates et les modérés (2). » Il commença par ordonner des arrestations et par

(1) Arrêté du 4 nivôse. Arch. de l'Aube, L. 46.

(2) Discours prononcé à la Société républicaine d*Ervy par Debary {Edme), député au district d* Ervy par Rousselin. Sainton, ia-8'' de 8 p., p. 3.

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