RONDOT A BAR-SUR-SEINE
établir un comité révolutionnaire, dontles membres firent des visites domiciliaires pour découvrir l'argent monnayé. Plus de 70,000 liv. de numéraire furent échangées de force contre des assignats ; on s'empara en outre de couverts d'argent. Debary, qui attaqua le culte catholique, força plusieurs prêtres d'abjurer publiquement leur foi, sous peine d'incarcération (1).
A Bar-sur-Seine, Rondot fils, accompagné de Ride, qui prêcha l'athéisme dans l'église convertie en temple, présida aux incarcérations, et s'efforça, mais en vain, d'établir une taxe sur les riches, comme àTroyes (2).
Le premier officier municipal Bouille fut envoyé à Bar-€ur-Aube. Ses amis prétendirent que ce fut sur l'instigation de Gâchez, qui voyait en lui un rival, et sur l'ordre de Rousselin, qui le menaça de la prison, s'il refusait de lui obéir (3). Soit crainte, soit disposition naturelle. Bouille s'acquitta de sa mission avec un zèle révolutionnaire. Il renouvela les autorités, il ferma les églises, il fit détruire les signes extérieurs du culte. Dès son arrivée, la Société populaire trouvant que son nom ressemblait à celui du comte de Bouille, lui donna celui de Démophile. Son premier acte fut de déclarer que le règne du prêtre était passé. « Plus de lieux exclu-
(1) Note sur la mission de Debary. Arch. de l'Aube, L. 1489. . (2) Adresse de Guélon, p. 5... Déclarations de la Société populaire de Bar-sur-Seine. Arch. nationales, W. 426, n° 960. Rondot essaya plus tard de se disculper; il affirma, dans un mémoire conservé aux Archives de Troyes, avoir rendu à la liberté 30 personnes à Bar-sur-Seine. Laurey était du nombre.
(3) Apologie de Bouille, à la suite du Journal du Département du 4 germinal. Adresse de Guélon, p. 6.