‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 129 sur 351 · RÉUNIONS DES SECTIONS · texte numérisé non relu

RÉUNIONS DES SECTIONS

Aux termes de la proclamation de Rousselin, elles se réunirent toutes le 22 décembre (2 nivôse). Elles sentaient leur force, et voulaient en user. « Il y a quinze jours, » s'écria Masson dans Tune d'elles, « on parlait de liberté , mais on était dans l'anarchie, et il suffisait d'ouvrir la bouche pour être incarcéré. Aujourd'hui le peuple reprend ses droits; il peut parler; il est vraiment souverain (1). » Dans plusieurs sections, tous les membres prêtèrent le serment de ne laisser arrêter aucun d'entre eux pour les opinions qu'ils auraient émises (2). Se croyant ainsi garantis contre la vengeance de Rousselin et de ses adhérents, ils dévoilèrent leurs actes et les stigmatisèrent. Ils citèrent à l'appui de leur opinion les paroles des représentants Garnier et Maure, qui avaient blâmé énergiquement les procédés du commissaire civil. Garnier avait dit en présence de plusieurs d'entre eux : « Vous êtes tous comme des moutons. Vos sections n'ont point d'énergie ; elles avaient le droit de repousser la force par la force ; elles y étaient autorisées par la loi, qui défend les taxes arbitraires, et elles auraient pu chasser un commissaire, qui n'était pas membre de la Convention (3)... » Ces assurances redoublèrent l'énergie des sectionnaires, et l'on vit les plus ardents d'entre eux venir tour à tour attaquer Rousselin, Gâchez, les membres du

(1) Reg. de la 7*" section. Dret et Dallemagne-Gombaut y parlèrent dans le même sens. Arch. de Troyes.

(2) 4* et 8« sections. Flamant et Tex-chanoine Pin furent les auteurs de ces motions. Ârch. de l'Aube, L. 1487 et 1591.

(3) Discours de Chérot et de Leblocteur. Voir aussi une déposition de la citoyenne Debure. Arch. de l'Aube, L. 1591 et 1509.

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