POURSUITES CONTRE PARENT
soutenir les prêtres insermeutés, de chercher à éluder la loi qui confisquait les revenus des émigrés, et d'avoir donné asile à Gillet, à Sourdat et à Gaulard, déclarés suspects (1). Les révolutionnaires de Chaource, qu'il avait combattus avec énergie, étaient vivement irrités contre lui ; ils profitèrent d'une panique, qui, à la fin de mai 1793, se produisit dans le canton, pour le faire arrêter.
Quelques habitants avaient vu circuler sur la lisière des bois, au point du jour, plusieurs personnes que Ton crut reconnaître pour des émigrés. Une paysanne raconta qu'elle avait été arrêtée et volée dans les mêmes bois par deux hommes, dont l'un était habillé en femme. Il n'en fallut pas davantage pour causer une panique, qui fit évaluer à vingt mille le nombre des émigrés qui se trouvaient dans les forêts d'Aumont et de Rumilly. Les gendarmes envoyés de Troyes, les habitants armés des communes limitrophes, les fouillèrent dans tous les sens; ils ne découvrirent rien. Mais un des émigrés dont on avait cru reconnaître la présence. Damoiseau, était le beau-frère de Parent, et ce fait seul sufiît pour provoquer la mise en arrestation de ce dernier, qui eut lieu le 28 mai 1793 (2).
Parent essaya en vain de se défendre. « Aucun décret, dit-il dans un mémoire chaleureux, ne m'a dit de tuer ma sœur et ma nièce pour cesser d'être l'allié d'un émigré. » Des perquisitions furent faites dans ses maisons de Troyes et de Chaource; on y
(1) Notes sur les accusés. Arch. de l'Aube, L. 1509. — Dénonciation de la municipalité de Chaource contre Parent.
(2) Pièces diverses. Arch. de l'Aube, 4. Q. 105.