TUMULTE CAUSÉ PAR UNE ENSEIGNE
çade de sa maison^ située rue du Bois, alors appelée rue de la Liberté. Ce tableau était intitulé le Prêtre de la Vendée. Il représentait un diable, avec une figure de singe, une grande queue, des griffes aux pieds et aux mains ; dans ses mains il portait le Saint-Sacrement; il était revêtu d'une soutane, d*un rochet et d'une étole. Environné de crapauds et de couleuvres, du Marais où il se trouvait, il tournait les yeux vers la Montagne. C'était une insulte aux sentiments religieux, que la persécution n'avait pu anéantir ; c'était provoquer l'indignation de la population qui avait subi la suppression de son culte, en restant fidèle à sa foi. Des groupes nombreux se formèrent devant le tableau, aussitôt qu'il fut exposé. On lui jeta des pierres, et l'on assaillit la maison de Baucheron. Il faillit être la victime de la colère du peuple. Il s'enfuit au district, où il se tint caché sous un escalier, jusqu'à ce que l'effervescence se fût calmée. Elle ne cessa que lorsque le comité de surveillance de la section eût fait enlever le tableau pour le faire porter à la maison commune (1).
Un autre fait, qui se produisit le 26, montra de nouveau quelle était l'opinion publique lorsqu'elle était livrée à elle-même. Un ancien vicaire de Saint-Pantaléon, qui avait abjuré sa foi religieuse, fut assailli d'injures et poursuivi d^ns les rues par des femmes irritées. Il se plaignit à la municipalité, en demandant sa protection (2).
(1) Reg. du comité, du 3 nivôse. Lettre de Loyez du 4. Arch. de l'Aube, L. 53 et 1502. Note manuscrite communiquée par M. L. Pigeotte. Gléda fut arrêté. Reg. d'écrou.
(2) Plainte du 6 nivôse. Arch. de Troyes.