‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 133 sur 351 · PROTESTATIONS CONTRE LE CULTE DE LA RAISON · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS CONTRE LE CULTE DE LA RAISON

Un membre du conseil général crut le moment favorable pour demander que Ton permît aux marchands de fermer leurs boutiques le dimanche. L'ordre de les tenir ouvertes blessait, dit- il avec raison, les droits de Thomme qui garantissaient la liberté des cultes. Le président du conseil invoqua la loi, en déclarant que la liberté des cultes ne consistait pas dans les signes extérieurs, et que les boutiques devaient être ouvertes les jours autres que les jours de décade. Il fut applaudi et remporta. Dans quelques sections, on s'éleva contre les danses et les indécences commises dans le temple de la Raison. Un citoyen proposa de remplacer ridole élevée sur Tautel de la Patrie par des attributs rappelant les bienfaits de l'Être suprême, tels qu'un ai^bre, une gerbe de blé et une corne d'abondance réunis en faisceau. Les danses furent regardées comme « l'expression d'une gaîté publique jugée excessive » au moment où le sang coulait sur les frontières. Des vœux analogues furent émis dans plusieurs sections, qui demandèrent que le temple de la Raison fût consacré à la prédication de la morale et des actions des hommes illustres (1).

Les sections ne se bornèrent pas, le 22 décembre, à formuler des plaintes et des vœux. Trois commissaires furent désignés par chacune d'elles pour procéder, avec Rousselin, à l'épuration des corps constitués. Elles nommèrent également une députation composée de huit membres, chargés de présenter à la Convention la justification de leurs

(1) Dél. mun. du 4 nivôse. Reg. des 7' et 8* sections. Arch. de Troyes.

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