‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 139 sur 351 · BÔ A LA COMMUNE · texte numérisé non relu

BÔ A LA COMMUNE

section Ta enfreinte au moment où elle venait de la jurer. Gâchez n'en a pas trop dit dans sa proclamation, il n'en a même pas dit assez. » BÔ déclara que les pouvoirs de Rousselin avaient été avilis par les huit sections, auxquelles le conseil général avait permis de s'assembler. Il interpella ensuite directement le conseil, en lui demandant pourquoi il avait refusé de retirer la garde qu'il avait donnée à Rousselin, lorsque celui-ci le lui avait demandé; pourquoi l'on s'était opposé au départ des trois commissaires; pourquoi enfin l'on avait tiré le canon à son arrivée. Au premier abord, les membres du conseil furent consternés. Mais le président Bouille et quelques-uns de ses collègues se justifièrent facilement de ces imputations. La lecture des procès-verbaux des séances précédentes acheva de prouver que le conseil avait agi constamment avec sagesse et avec prudence. BÔ consentit à entendre les raisons des sections, et à les réunir le lendemain pour écouter leurs griefs (1).

Mais ses intentions meilleures ne furent pas de longue durée. En sortant de la maison commune, il se rendit à la Société populaire. Elle avait été envahie par les amis de Gâchez et par les soldats de la Montagne. Gâchez monta à la tribune, fit son apologie, et fut applaudi. Un sectionnaire voulut lui répondre; il fut couvert de huées; on raconte que BÔ le prit au collet, en lui disant : « Parle, mais prend garde à ce que tu vas dire. » Le citoyen, ainsi encouragé à dire la vérité, se troubla, et finit par déclarer qu'il voulait parler en faveur

(1) Dél. mun. du 8 nivôse. Arch. de Troyes.

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