SUPPRESSION DES FONCTIONS DE MAIRE
neurs étaient les plus fermes défenseurs de ses libertés et de ses droits.
Ces mesures iniques purent abattre le courage de quelques citoyens et provoquer des actes de faiblesse excusés par les circonstances; elles ne firent pas fléchir la volonté de la population, qui était résolue à' ne plus avoir Gâchez pour maire. Bô comprit qu'il serait impossible de le lui imposer plus longtemps. Il décida que provisoirement il n'y aurait plus de maire dans la commune de Troyes, puisque le « seul maire sans-culotte dont elle pouvait se glorifier avait été jalousé et calomnié, considérant, dit-il, que les intrigants, les muscadins et les riches qui ne pouvaient rendre hommage à l'égalité morale, rougissaient lâchement d'avoir pour premier magistrat un soldat, un invalide, un patriote ardent. » Après avoir motivé d'une manière aussi étrange la retraite de Gâchez, le représentant déclarait que le corps municipal serait composé désormais de seize membres, et qu'il nommerait tous les quinze jours son président. En même temps, il destitua trois oflBciers municipaux et onze notables, et les remplaça par des partisans des sans-culottes. Il prétendait que ceux qu'il destituait s'étaient montrés « sans caractère et sans dignité dans les mouvements séditieux » qui avaient été sur le point d'éclater dans plusieurs sections. C'était, au contraire, la dignité et le caractère dont ils avaient fait preuve qui avaient porté ombrage au représentant (1),
(1) Ces citoyens honorables étaient Brissonnet, Marcotte, Jacquier, officiers municipaux, Bertrand-Brajeux, Huot, Lédanté, Sainto'n, Gérard-Sirot,