PROCÈS DES QUATRE TROTENS
prétend, écrit-il, que la prison qu'ils ont subie n*a que trop expié leurs égarements. »
Si Danton ne paraît pas avoir fait d'autres démarches, Courtois, la veille et le jour du jugement, multiplie les siennes. Il va voir Fouquier; il insiste à plusieurs reprises, à tel point que Fouquier lui fait dire que ses importunités le rendraient suspect de modérantisme auprès des juges, et qu'il l'invite à cesser ses fréquentes visites. Courtois ne se rebute point; il demande encore un moment d'entretien au sujet de « quatre accusés dont la perte, dit-il, plongerait dans le deuil une foule de personnes honnêtes qui n'ont cessé de servir la Révolution. » Et il ajoute ces lignes, qui doublent le prix de ses démarches : « Personne ne sait que je vous écris. Si vous sauvés ces malheureux à ma sollicitation, je consens volontiers que ce fait soit ignoré. »
Tant d'efforts, tant de générosité furent inutiles. Quelques instants après l'envoi de sa dernière lettre, l'audience commençait. Fou quier-Tin ville lut un acte d'accusation, où l'on représentait les quatre Troyens comme ayant fait massacrer le peuple en 1789, ayant agité le département, et cherché à y opérer la contre-révolution. Rien n'était plus vague que les faits allégués; mais ils étaient de peu d'importance pour des jurés habitués à condamner, non d'après les actes, mais d'après les opinions des accusés.
On le vit bien à l'appel des témoins ; ils étaient au nombre de huit. Deux habitaient Chaource; l'un était instituteur et officier municipal ; l'autre receveur de l'enregistrement. Un huissier, un bon-